‹ Histoire du Collège de FranceChapitre 52 sur 96 · Dl Bûllay, VI. p. 4S · texte numérisé non relu

Dl Bûllay, VI. p. 4S

d'un récit impartial dos événements, il prescrivit de surseoir à rexécution des étudiants condamnés, leva la suspension des cours royaux et rapporta l'ordre de bannissement prononcé contre les étudiants étrangers ^ Grande fut la joie de l'Université à la suite d'un pareil succès. Elle reconnut publiquement le noble rôle joué par Ramus dans toute cette affaire et ses efforts généreux pour amener la conciliation générale. Des remerciements furent adressés au roi, en môme temps que des vœux pour la réformation définitive de l'Université. Cette même année, Ramus fit partie, avec Danès et Galland, les anciens champions d'Aristote, de la commission chargée de préparer la réforme générale des études dans les collèges de l'Université. C'est de l'enquête officielle à laquelle il se livra, que sortit le mémoire publié en 1562 : Avertissements sur la r^é formation de l'Université de Paris, an Roy, véritable chef-d'œuvre de finesse et d'ironie, d'un tour d'esprit tout à fait moderne, dans lequel il groupa, avec une éloquence vraiment saisissante, en multipliant les preuves et les chiffres à l'appui, les griefs qu'il formulait, depuis le début de sa carrière, contre les méthodes surannées et les abus innombrables de l'enseignement public. Il demandait une refonte complète : la suppression de ces parasites et de ces maîtres inutiles en nombre infini, la gratuité absolue au lieu de ces perceptions de droits vexatoires, dont la seule énumération suffisait à montrer l'inanité du système. On se contenterait d'établir un petit nombre de professeurs ordinaires rétribués par l'Etat, qui seraient tenus d'enseigner toutes les parties de la philosophie, du droit, de la médecine et de la théologie, en mettant de côté les cris, les disputes et les stériles argumentations de l'école. Les leçons de gram-

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