‹ Histoire du Collège de FranceChapitre 64 sur 96 · Voy. chap. vui · texte numérisé non relu

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pouvait lui demeurer exclusivement, et qu'il négligea systématiquement tous ceux dont il lui aurait fallu partager la gloire avec quelques-uns de ses prédécesseurs. Il faut reconnaître cependant que ce roi créa deux nouvelles chaires. Tune de droit canon, dont il n'y a pas lieu de lui tenir grand compte puisque cet enseignement était déjà fort suffisamment représenté', l'autre de syriaque, instituée pour Barthélémy d'Herbelot en 1692. Il faut signaler comme le changement le plus important accompli sous son règne le passage de la direction du Collège dans les attributions du secrétaire d'État ayant la maison du roi dans son département. Cette modification se produisit après la mort du cardinal Barberini, grand aumônier de France, arrivée le 3 août 1671. La seule prérogative conservée par le successeur de ce dernier fut la réception du serment prêté par les professeurs lors de leur entrée en fonctions. Il s'était, du reste, déjà produit des conflits assez délicats, même avant 1671. au sujet de la haute surveillance du Collège royal, entre le grand aumônier et le roi. En 1661, le premier ayant nommé Pierre de Lenglet professeur d'éloquence latine, le roi nomma de son côté M' Sébastien Daubus et annula la nomination du grand aumônier, en faisant injonction aux professeurs du Collège de reconnaître immédiatement Daubus comme leur collègue ". Le monarque avait, un peu auparavant, par des lettres données le 2S novembre 1663, en faveur do TAcadémie de peinture et de sculpture, créée de-

1 . Cet enseignement, à vrai dire, appartenait plutôt à l'Université quau Collège, où il n'était guère à sa place. D'autre part, l'abbé Goujet \Miinoire, 1. 1, p. SSG) fait remarquer que, « quoique François de Launay, alors célèbre avocat au Parlement de Paris, nommé professeur en droit frinçais par l'arrêt du IG novembre 168(>, ait prononcé un discours français à l'ouverture de ses leçons, le 28 décembre de la même année, dms la salle du même Collège royal, cette chaire n'est censée être que de l'Université et appartenir à laFacultéde droit ». Voy. l'Appendice H.

2. .Vrchives nationales, E, 1713, f" 217. Lenglet fut nonimj plus tard.

puis qiiel(iues mois, « destine et aiïeclé la galerie du Collège royal en l'Université de Paris, pour le logement de ladite Académie royale, jusqu'à ce que ledit collège soit entièrement bàli ' ». Cette combinaison n'était assurément pas faite pour favoriser le développement de rétablissement et rendre son autonomie plus marquée. Mais l'inconvénient le plus sérieux dont le Collège eut à souffrir durant le grand siècle fut, comme on peut s'y attendre, l'irrégularité du payement des gages. 11 parait que, sous ce rapport, le sans-gêne des trésoriers royaux fut poussé aussi loin que possible. Plus d'une plainte, timide et respectueuse, comme il convenait alors, fut formulée. Jean Dartis, professeur de droit canon, se lit le porte-parole de ses collègues dès 1643, mais, semble-t-il, avec peu de succès. Les démarches tentées en 1647 et en 1660 auprès de Mazarin ne furent pas plus heureuses'^. En revanche, l'entretien des bâtiments paraît avoir été l'objet d'une sollicitude particulière. A diverses reprises, des crédits relativement importants, puisqu'ils s'élevèrent, en 1667, à près de 8000 livres, furent consacrés à l'édifice inachevé de la place de Cambrai. Les réparations fréquentes mentionnées par les Comptes des bâtiments témoignent d'une surveillance attentive ^

C'est au début de ce règne que fut tenté le premier essai d'une Histoire du CoUhje roijal [W\h). 11 fut dû.

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