‹ Histoire du collège de QuimperChapitre 11 sur 21 · IV. REVENUS · texte numérisé non relu

IV. REVENUS

1* l^ente de 2,600 livres sur lei deniers d'octroi.

Pour que le collège pût subsister, il fallait lui assigner des revenus considérables, car ce n'était qu'à celte condition qu'avaient été accordées les Lettres patentes de 1621. La ville lui avait constitué une rente viagère de 1 ,500 livres à prendre sur les deniers d'octroi (délibération du 21

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mars 4603). Cette somme était évidemment însufïîsonte. Dans rassemblée du 29 août 1620, elle la porta à 2,000 livres, et le 24 juillet 1632 à 2,600 livres, avec Texemptîon des droits pour l'entrée de douze tonneaux de vin par an, destinés à leur usage particulier (1). Ce fut le, maximum des sacrifices qu'elle s'imposa, bien que la valeur toujours décroissante de l'argent eût semblé demander une'ïugmentation plus tard. Il n'en fut pas ainsi, au contraire; on trouve trop souvent des difficultés de paiement (2) et des retards qui auraient été une cause de ruine pour les jésuites, s'ils n'avaient eu quelques autres ressources. On voulut même en 1722 réduire cette pension, alors plus que modique, à 2,080 livres, d'après une lettre de l'intendant de Bretagne, .Feydeau (22 février). C'était une conséquence de la banqueroute de Law. Les jésuites réclamèrent vivement contre cette mesure. qui ne devait pas les atteindre; ils prouvèrent, pièces en main, que la ville était tenue» à • défaut des octrois, de fournir un autre fonds pour la sûreté du j[)aiement annuel de leur pension qui d'ailleurs n'était pas amortissable, puisque cela n'avait pas été stipulé, ils montrèrent que, dans les autres villes où les jésuites avaient de semblables pensions, on n'avait pas même agité la question. — Leur pension fut conservée intacte. Depuis, ils semblent en avoir joui paisiblement. Ils furent même en 1742 déchargés de la retenue du dixième, attendu qu'ils le payaient sur tous leurs biens avec le clergé de Quimper.

(1) Renouveirement de la ferme d'oc|roi du 21 août 16^.

(1) Délibération de la communauté du 6 Juillet 1644 : arrêt du conseil du 23 mars^688> etc.

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2* Prieuré de Logamand.

Les deux autres principales sources de revenus du collège étaient le prieuré de Logamand et le prieuré de la Brethounière.

Le prieuré de Logamand ou Logoman ou Locamand avait et? fondé en 1069, par le duc Hoël, en faveur de Tabbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, et se composait originairement de la trêve de Karantuc et de la trêve de Ridiern, avec leur juridiction ordinaire. Plus tard on y réunit le prieuré de saint Laurent et ses dépendances, la rue^ Neuve, Pratmaria (1), Lezinadou, etc., an Beuzec Cap-Caval, en tout sept fiets, avec droit de haute, moyenne et basse justice (2).

Le 31 mai 1622, par acte devant Simon MaufQe et Pierre Donjat, notaires royaux à Paris, monseigneur Dcnys - Simon do Marquemont , archevêque de Lyon , primat de France, eonseiller du roi en ses conseils d'Etat, prieur du prieuré de Logamand (diocèse de Gornoqailles), .constilua le supérieur des Jésuites de la résidence de Quîmper, tant présent qu'à venir, pour l'administration du spirituel et du temporel de Logamand.

(i) Les dépendances • de ce prieuré étaient, diaprés les lettres patentes de septembre 1681, le manoir de Chef-du-Bois, les villages de saint Angan-Guyodel, Goulanlolin, Kerdanioii, Keriroual^ Leufllly, Kernaflin, Kerougan, le manoir de Mcsmeur, le moulin et le bourg de Langous, le manoir de Slangmoulin, du Boueux, le village de Lezir nadou et le moulin de Kermalrix, avec alTranchissement de toute indemnité et droits féodaux. Aujourd'hui, Logamand est une trêve de Fouesnant, arrondissement de Quimper (Finistère).

(2) Ce prieuré de saint Laurent, près Quimper, comprenait une partie notable de Tancienne paroisse de la même ville, qui portait le nom de paroisse du Saint-Esprit, et qui est quelquerois appelée paroisse de la Rue-Neuve ou paroisse de Lanniron, avant qu'au \\\U ou X Ville siècle on en eut démembré diverses porilona rurales.

G*<élait ui> acheminement à la propriété de ce prieuré qui était fort à leur commodité. Peut-être le P. Guernizâc, dont la famille a possédé la seigneurie du Slang près de Logamand, n*avait-il pas été étranger aux négociations qui dureivt avoir lieu à ce sujet. U'année suivante, en effet, l'archevêque de Lyon résignait ce bénéfice en faveur des •jésuites de Quimper, et le pape Grégoire XIII l'annexait à leur collège par bulle (1) en date du 6 des calendes d'avril, et, le 14 novembre, le père Hayneufve, recteur du collège, présentait une requête à l'of&cial pour faire recevoir la bulle, et faire l'enquête de commodo et incom^ modo. •

Cette annexion froissait trop de prétentions pour s'ac^ complir sans difficulté. Pourtant l'officialité de Cornouailles rendit le 17 février 1624 » une sentence favorable au collège , malgré l'opposition du vicaire perpétuel de Lôgamand, messire Mathieu Philippe, dont toutefois les droits furent réservés.

Une opposition plus redojatable était celle de Tévéque de Cornouailles qui^ on l'a vu, n'était pas favorable aux jésuites. Il était intervenu dès le H décembre 1623 ; il soutenait que le P. Hayneufve, recteur du collège, n'était autorisé de ses supérieurs ni pour accepter ladite annexe, ni pour agir;, que la société n'avait qu'une simple résidence dans la ville et non un collège , comme le supposait la bulle, d'autant plus qu'on ne pouvait fonder de collège dans la ville de Quimper, qui était toute en son proche fief, que de son consentement exprès. Il main-

Ci ) L'original de cette magnifique bulle est aux Archives départementales du Finistère (Fonds des Jésuites).

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tenait qu'il avait plusieurs droits sur ce prieuré, tels que celui d'approbation de- la personne qui en était pourvue» de collation par dévolu, de visite, de nomination du vicaire perpétuel, de contraindre par amendes le prieur d'assister aux synodes, de se faire payer annuellement au terme de la saint Luc. la somme de 14 livres, 1 sol, 1 denier. On transigea le 2 septembre 1624, par devant notaires. Le P. Hayneufve produisit ses titres pour agir et promit de respecter les droits de Tévéque. Celui-ci de son côté consentit à l'annexion du prieuré et à établissement du collège, moyennant rindemnité Ijui lui serait due (1).

Alors, le 20 septembre, malgré l'opposition de l'abbé et * des religieux de Quimperlé (2), et celle de messire Mathieu . Philippe, vicaire dç la paroisse, la cour de l'ofiîcialité ordonna l'annexion et l'union perpétuelle du prieuré au

(1) Il y eut bien encore un autre procès pour la dclimitalion du fief de saint Laurent, dans la paroisse d'Ergué-Armel, dépendant de Logamand. Les Jésuites prétendaient contre Tévéque avoir droit de Juridiction sur les maisons de la rue Neuve, dans la ville de Quinnper, depuis la M(idelaine jusqu'à la croix du Vieux chêne, près de la Fontaine neuve, du côté du midi. Mais ce procès eut peu de retentissement el se termina de guerre lasse, le 12 juin 1644, par une transaction entre monseigneur du Louet et les jésuites. Les possessions de ces derniers furent limUées depuis la chapelle de la Madêlaino jusqu'à la Croix neuve, et de celle croix , vers rorient., jusqu'à une autre croix qui est près de la chapelle de saint Julien, au bout du chemin où on tourne pour aller de Quimper à Concarneau. Leur juridiction put s'étendre .aussi sur la rue du Stang, qui est en deux côtés au-dessus de la chapelle de la Madelaine, et sur tous les héritages qui sont vers le midi , au-dessus du chemin appelé vicinal qui mène de la rue du Stang sur la montagne du FrugV* jusqu'au vieux fossé qui est au-dessus de la chapelle du IMnity, lequvl vieux fossé sépare les flefs (Up Begaires et de Logamand de celui du prieuré de Locmaria. L'évéque abandonnait même sa juridiction sur la niaison qui fait fangle de la rue Neuve et de la rue du Stang. -— Ces détails sont extraits de la pièce originale, signée Jiené du Louet, qui nous a été communiquée par M. A. du ChaleUier. On peut encore, malgré les changements qui ont eu lieu^ reconnaître ces limites.

(2) Ils avaient été déclarés déchus de leur appel et condamnés à l'amende et aux dépens, par arrêt du parlement dti 7 mai 1624.

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collège, avec commission à chacun des notaires apostoliques du diocèse de mettre le père Recteur, au nom du collège, en possession perpétuelle, réelle et actuelle. Ce fut le notaire apostolique Bouëdec qui en fut chargé. Le 6 octobre le P. Léon Lefebvrô, vice-recteur délégué par le P. Hayneufve, alla célébrer la grand'messe dans l'église pproi^lale, et accomplit poncluellement toutes les formalités d'usage. Dès lors, et pendant vingt-sept ans, la jouissance des jésuites ne fut pas troublée. Elle semblait fermement établie, et pourtant peu s'en fallut qu'ils ne fussent déboutés.

Le 23 novembre 1651, dom Barnabe RouUeaux, prieur de Sainte-Croix de Quîmperlé, obtint une bulle de dévolution du prieuré de Logàmand, et nonobstant la protestation du P. du Marché, procureur du collège, il fut, le 6 janvier 1652, mis en possession solennelle du prieuré en entrant dans l'église paroissiale, en prenant de l'eau bénite, en faisant la génuflexion devant le crucifix du grand autel et en y faisant ses prières, au son des cloches, etc., et toutes les cérémonies qu'avait déjà faites le P. Léon Lefcbvre.

Condamné par sentence du présidial de Quîmper (19 janvier), il en appela au parlement de Rennes îe 31 du même mois par un acte quelle général et d'armes Farcy signifia aux jésuites, ^our comparaître le 4 mars 1652.

Ce procès était une question de vie ou de mort pour le collège. Il s'agissait de savoir si son revenu le plus net lui serait conservé ou "non. C'était aussi une question générale de principes, parce qu'on aurait pu de même attaquer les annexions faites aux autres collèges de la société. Aussi les jésuites de Quîmper le poursuivirent-ils avec une grande activité et ne négligèrent-ils aucun des moyens de réussir.

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