‹ Histoire du collège de QuimperChapitre 12 sur 21 · IIiSTOlRK DU COLLÈGE · texte numérisé non relu

IIiSTOlRK DU COLLÈGE

Nous ne pouvons entrer dans les détails de ces longs et trop longs débats. Ils se terminèrent le 15 juillet 1652 par un arrêt du parlement qui maintint les jésuites en possession du bénéfice en litige^ tant qu'ils tiendraient le collège de Quimper et enseigneraient en sept classes. .

Remarquons toutes fois que dom Roulleaux prétendait, dùns sa requête civile du 27 mai 1652, V qu'il y avait eu simonie dans la transaction faite entre Mgr de Marquemonl et les jésurtes ; 2® qu'on n'avait pas indiqué au pape la juste valeur du bénéfice en disant que son revenu était de vingtquatVe ducats; 3® que cette union n'était pas conforme au eoncile de Trente ni à l'ordonnance de Blois qui ne parlent que de séminaires pour le^ ecclésiastiques, tandis que dans les collèges des jésuites on n'enseigne que les sciences profanes; 4® qu*on avait passé un act^ simoniaque avec l'évêque de Cornouaîlles en lui donnant 900 livres et en lui cédant la nomination au vicariat du prieuré pour obtenir son consentement à l'union^ etc.

Les jésuites répondaient victorieusement à toutes ces objections et à beaucoup d'autres encore, et ife prouvaient que dans leur collège on enseignait tout ce qu'on devait ^nseJlgneV dans un séminaire et même bien davantage. Outre la philosophie, ils expliquaient les, cas de conscience tous les jours. Il y avait une congrégation, pour les ecclésiastiques, et tous les dimanches après vêpres on leur apprenait ce qui regarde leurs fonctions. Dix jours avant chaque ordination on faisait des conférences obligatoires pour les ordinands ; qu montrait à prêoher et à catéchiser aux jeunes ecclésiastiques, et même on les menait à une ou deux lieues-, dans les paroisses voisines^ pour instruire les peuples et les exercer, etc. Ils attaquaient surtout dom'

Roulieaux, ce dévot orateur qui pendant quatre ans avait circonvenu le saint siège pour obtenir la signature de son dévolu, et qui avait quitté lu vie étroite et la réforme de Redon et de Saint-Melaine pour en embrasser une beaucoup plus large 'à Quimperlé, dans un monastère non réformé, où les prêtres séculiers faisaient Tofiice, pendant, que les moines se promenaient, pour ne rien dire davantage, et où lui-même dans ses courses portait deux pistolets à Tarçon de sa selle et une épée au côté, allant où bon lui semblait, sans preudre'congé ni permission de personne. Et pour un pareil religieux le pape aurait eu Tintention de ruiner un collège de jésuites occupé depuis trente ans à Téducation de la jeunesse et à Tinstruction du peuple?

L*objeGtion la plus sérieuse faite par dom Rouileaux était que les jésuites ne montraient pas Toriginal de la transaction, faite entre eux et Tarchevêque de Lyon, sous prétexte qu'il 'était demeuré à Rome quand la bulle leur fut accordée. Dom Le Duc, dans son histoire de f Abbaye de Sainte^Croix (p. 467-469); insiste fortement sur ce sujet,il dît même hautement que le refus qu'on faisait de montrer cette pièce fait présumer quelque paction illicite. Nous ne savons trop comment les jésuites sortirent de cet embarras, toujoure est-il qu'ils furent victorieux.

Mais le parti vaincu ne leur épargna pas les injures : c'était au moins une consolation. « Quoique Ton en pense, « dit dom Le Duc (1), ces compagnons du seigneur appar- « tenant à un si bon maistre, doivent estre nourris sur les a biens de ses vrays sujets et serviteurs, car s'ils sont de

(l) Histoire de l'Abbaye de Sainte-Croix de QuimpcrU, par dora Le Duc,odil6e par M. K.-F. Le Men, archiviste du Fiûislôre, à Uuiniperlé. Th. Clairet, 1803, page 94.

« la compagnie de Jésus naissant, qui fut un bœuf et un

« asne, il faut vérifier la prophétie du psalmiste, animalia

« tua hahitabunt in ca^ nourrir les animaux qui élèvent

a tant de petits asnons dans leur collège et qui, rendant

a service aux asnes et appuyant féglise, à ce qu'ilsdiseut

« et écrivent, croient, comme sainte Hildegarde Ta pro-

« phétisé, qu'ils doivent estre payés de leurs, peines. Ou

«( bien, s*ils sont de la compagnie de Jésus mourant, qui

a furent les larrons, il faut que, comme le bon larron,

« ils prennent pairt aux fruits et aux biens de la Sainte-

« Croix ; si ce* n est que Ton ait assez de dureté, ou si peu

« dô respect pour leur vertu et Jour robbe, que de leur

« donner place avec le mauvais larron et avec Judas,

« comme le souhaite le fondateur, le duc Hoël ? »

Et ailleurs (1) :

« Les habitants de Quimper ont sans doute raison de <c fonder un collège au dépens d'une abbaye qui n'en « retire point de proffit : et je ne sçay si cet arrest (â) « sauvera les pères de la société de la malédiction que « leur donne, le duc Hoël, premier fondateur, dans l'acte « de fondation... Voilà la belle portion qu'auront avec « Achitopel, les faux conseillers des princes qui ont « diminué la portion de la Croix par un traité illicite « avec Tarchevesque de Lyon et par une bulle obtenue « sur un faux donné à entendre au saint Père... »

La communauté de Quimper, que dom Le Duc attaque aussi, avait pris fait et cause pour les jésuites dans cette affaire, et son intervention avait dû beaucoup leur servir ^

(1) Page 469.

(9) L'arrêt du 15 Juillet 1652.

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pour le gain de leur procès. Elle représentait (I), par ses députés, qu*'elle avait depuis 3^ ans dépensé plus de 100,000 livres pour spn collège auquelle elle ne pouvait accorder qu*une pension insuffisante de 3,600 livres ; 'qu*ii . serait indigne qu*un prieuré si proche de la ville fût possédé par des étrangers et même par des séculiers comme cela s*était vu, puisque l*un des derniers prieurs était un cavalier, et Tautre un conseiller au. siège présidial de Gornouailles'(2). Ell,e disait que lorsque le collège fut fondé, toute la Basse-Bretagne, et notamment les trois évêchés de Gornouailles, de Léon et de Tréguier, étaient tellement désolés çt abandonnés de secours spirituels qu*à peine se .trouvait-il des prêtres pour dire la messe au peuple, que c'était une chose inouïe d'entendre un pi;étre prêcher ou faire une instruction populaire dans la langue du pays, au lieu qu'alors il s*en trouvait par centaines capables de cette fon(ftion, et un grand nombre qui s'en acquittaient avec zèle et édification. La dernière considération présentée par la ville mérite d'être remarquée, c'est que les bourgeois et les nobles qui voyaient, de leurs yeux, élever leurs enfants dans le collège et à peu de frais* seraient obligés de les envoyer aux collèges et universités éloignées avec de grands dangers et beaucoup de dépenses. Et en outre, les artisans, les pauvret ménages et le menu peuple de la ville ne vivaient que des denrées qu'ils débitaient aux écoliers et du commerce qu'ils avaient avec eux.

(1) L*avocat des bourgeois de Quimpcr, près le parlement, était messire Jacques de Monlalembert.

(2) Philippe du Ualnquicr, écuyer, sieur de Caudedugan, prieur de 1571 à 1041.

Pour soutenir celte longue lutte il avait (Mu aux jésuites bien des veilles ; il leur avait fallu fouiller et étudier une à une toutes les pièces des archives^ de Logamand. • Ils puisèrept dans cette étude forcée, mais salutaire, une connaissance plus parfaite de leurs droits, et par suite la volonté ferme de les faire valoir. Réconnus prieurs incontestables de Logamand, ils voulurent jouir de toutes les prérogatives y attachées.

Par suite, nouveaux procès à propos -d'arrérages , de cbefrentes, de lods et ventes, etc., sur divers ^ets dont , auparavant ils ne se croyaient pas seigneurs. Ils ne furent vaincus qu une fois, mais cette défaite leur fut très pénible. Il s'agissait de droits seigneuriaux sur 'le manoir dé Trévidiern et le manoir de Kersimouon, vendus en 1655, par le marquis de Molac, seigneur de Treanna, au sieur de Kergoadeles. Le sieur Paluelle et le sieur de Lohéac de Trévoazec, conseiller du roi en la chambre des comptes de Nantes, substitués aux droits de Tacquéreur, firent perdreaux jésuites leur cause (1676) en parlement, et les firent condamner à payer 6,250 livres et les frais.

C'était un véritable désastre, et le collège n'y était pas habitué. Aussi le P. Jégou, alors recteur, dit-il quelque part dans une lettre « qu'il aura de la peine à oublier « l'animosité que M. le premier président témoigna en flc cette rencontre contre la compagnie, le peu de cas a qu'il fit du R. P. Provincial, et la façon dont il le « traita en sa préseoce. Mais Dieu l'a voulu, conlinue-t-il, « il faut le vouloir ; nos seigneurs du parlement ont bien « pâli sur ce chapitre. »

Ce qui dut un peu consoler les jésuites et leur montrer qu'ils avaient encore des protecteurs ea haut lieu, cô fut

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robtention de Lettres du roi (septembre 1681) portant confirmation de Tunion du prieuré de Logamand au collège et de Lettres patentes pour le même effet du 14 juin 1683. Le 29 janvier 168i; un arrêt de la chambre des comptes de Bretagne, h Nantes, ordonna les bannies qui furent faites le 30 avril, le 7 et le44 mai i 684 par Louis Tanguy, huissier à Logamand, et par Nicolas Herbert, général et d'armes à Fouesnanl, à Tissue de la grand* messe, en français et eh breton. On y déclarait que les jésuites ne relevaient que du roi, à seule foi et hommage, à cause de son fief de Quimper-Corenlin et Concarneau, sans être tenus de vider les mains, de bailler homme vivant et mourant, etc....

Sur leur requête (16 août 1703), ils obtinrent le rétablissement des fourches patibulaires de Saint-Laurent en Logamand. Ils s'appuyaient sur le témoignage de gens dignes de fbi qui en 1655 avaient attesté les avoir vues à deux piliers sur la montagne nommée pour cela Menez an JustissoUj au-dessus de la fontaine de Kerbirien, entre les villages de Kerustun, Keradenec et Kerbirien, au territoire de Saint-Laurent,

Ils avaient présenté une autre requête en 1696 (18 décembre) aux juges royaux de Conq, Fouesnant et Rosporden, pour empêcher leurs vassaux de se soustraire à leur juridiction; et en même temps ils obtinrent un arrêt du parlement (5 octobre 1703) qui condamnait les officiers de la juridiction prieuraJe à reprendre leur ancien jour d'audience, le jeudi, qu'ils avaient chargé pour le mardi^ (1 ).

Evidemment il y avait eu usui^palion de tous les côtés, mais les jésuites y mirent bon ordre et contraignirent même

(t) C'était le mardi qu'avait lieu l'audience à Concarneau, el H y a\ail inconvénient pour les plaideurs.

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les juges« greffiers, procureurs, sergents, notaires, etc., du prieuré de leur présenter leurs mandats, à peine d*ètre déclarés intrus, privés de leurs fonctions, et, s'ils passaient outre, passibles d*une amende de 300 écus (i).

{i) Mais sans contredit la plus curieux consét[uence du procès suscité par dom Roulleéux fut la longue suite de quei*elles avec le vicaire-recteur perpétuel de Logamand. D*après les renseignements qu'ils avaient trouvés dans leurs archives, les jésuites prétendirent (6 août 16o9) que toutes les dîmes leur appartenaient dans la paroisse àb Logamand, comme seigneurs de fief, et aussi comme rec* teurs primitifs. Ils ajoutèrent qu'en cette dernière qualité ils avaient tous les droits honorifiques dans cette paroisse, aux églises et chapelles qui en dépendaient, comme de dire la grand' messe et de percevoir les oblations qui se portent à Tautel le jour du pardon et les autres fêtes solennelles, de voir les comptes de la paroisse avant qu'ils fussent présentés à la fabrique, etc.. Ils annoncèrent qu ils voulaient user de tous leurs droits, en abandonnant au vicaire perpé*^ tuel le tiers des oblations, ainsi qu'il est réglé par les arrêts et autres manuels de l'église.

Messire Guillaume Le Gac, vicaire, protesta vivement contre ces prétentions, il dit que de tous temps le vicaire avait reçu le tiers dès gros fruits et participé au tiers des frais, etc.

Sans doute, reprenaient les jésuites, de 1624 à 1651

(1) Arrêt du parlement du 7 décembre 1703.

(2) Il y eut aussi un procès avec Mme Marguerite do Briliault, prieure de Locmaria. assislée de messire Sébaslien Le Bègue, sieur de KerangofT, chanoine de Cornouailles, à propos dos Umites des tiefs sur le mont Frugy (1655.)

QB QUIMPER, G3

nous avons laissé le vicaire perpëluel agir h sa guise» car nous ignoriçns nos droits. Il a perçu les oblations, baise-mains, offrandes, etc., il a célébré TofTice divin tous les jours solennels, et, ce qui est le plus Important, il a perçu entièrement le tiers de. tous les gros fruits. Nous consentîmes , n*ayanl pas de preuves en main , à ce que le vicaire fut maintenu en jouissance de ce dont il était fondé à jouir par une possession immémoriale. Sur quoi il y eut la sentence de rofBcialité du 17 février 1624. Mais quelques années après on retrouva les baux et les fermes de Pierre du Rainquier (prieur de 1571 à 1611) ; il affermait en son nom tous les droits, oblations, dîmes, prémices, etc., à charge à son fermier de payer au vicaire sa pension de quartier en quartier (12 juillet 1660).

Ce procès, devait durer longtemps, ce n*était pas tant une question locale qu une question de principes (1). Il fut continué, à partir de 1662, contre messire Daniel Lemasson, successeur de messire Guillaume Le Gac. Le nouveau vicaire fut à ee qu'il paraît d'une si grande violence contre les pères que non-seulement ceux-ci insistèrent fortement pour qu'il fût condamné à se contenter des 300 livres de portion congrue qu'ils lui offraient, parce que selon les édits du roi il entretiendrait un curé (vicaire) , mais encore pour qu'il filt contraint de faire réparation de ses paroles offensantes et de ses calomnies. De plus, ils mirent

(f ) Voir la collection des procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France, depuis Tannée 1560. In-folio, tome 2. Paris, de rimprinierie Me Gu\llaume Desprez, 1768, page 509 et 510, une aiïaire analogue entre les Jésuites de Rennes et le recteur de Boussac, diocèse de Dol. On y lit ces mots : « L'assemblée considère « que tout le clergé est grandement intéressé à cotte question, et «, ordonne à ses agens d'intervenir et de prendre fait et cause aux « dépens du clei>gé. »»

6i HISTOIRE DU COLLEGE

résoIAmeat en avant,, ce qu*ils n'avaient pas encore fait avec autant d*énergie, leur droit de chanter la messe les jours des principales fêtes, et du pardon.

On était trop engagé : il fallait continuer. Du présidial de Gornouailles, le débat fut porté au parlement (8 mars 1664). Le présidial avait condamné les jésuites sur tous les points (29 août 1663) ; ils demandèrent un mat jugé. Ils mirent en avant la sentence du présidial de Rennes du "0 janvier 1627, contre messire Gaudîn, vicaire perpétuel de Noyai en faveur des jésuites de Rennes, prieurs du prieuré de Noyai sur Yillaine, sentence confirmée par un commissaire de la cour le 30 octobre 1634.

Toutefois, bien que les jésuites se crûssent bien fondés dans toutes leurs réclamations et au point de vue du droit et au point de vue de la pratique ordinaire, préférant la paix à toute cho$e, ijs consentirent que le vicaire levât le tiers^des dimes, dans sa paroisseseulement, et non dans les paroisses voisines dépendantes du prieuré. Mais, et c* était un point d'honneur, ce qui leur tenait le plus au cœur, ce qui les fâchait le plus contre le présidial de Gornouailles, « c'était d'avoir été renvoyés hors procès en leur requête c( ès-lettres de commission du 27 mai 1662, tendant à ce « qu'ils fassent maintenus dans leurs droits de. recteurs « primitifs : ce qui était d'autant plus étrange que le vicaire « ne leur avait pas ouvertement contesté cette prérogaa tive (I)... » Enfin ils se plaignaient quon ne leur eût

(1) Ils produisaient à l'appui de leur cause un arrêt du parlement de Paris du 14 septembre 1634; deux arrêts du parlement de Bretagne, Tun du 18 Juillet 1629 et Tautre du 30 octobre 1634. Us prouvaient encore qu'un arrêt solennel du parlement de Paris avait Jugé entre les deux, curés de St-Médéric qui préleQdaient à égalité de , puissance et qui se partageaient Torflce et le service par semaine, que le plus ancien, par prérogaUve, dirait la grand'messe les quatre fêtes solennelles de Tannée.

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pas fait raison des paroles injurieuses et outrageantes prononcées par le vicaire de Logamand dans ses écrits contre leur honneur; mais imitant la doctrine du maître dont leur compagnie porte le nom , ils voulaient bien les oublier et les lui pardonner.

Le parlement donna tort au vicaire perpétuel de Logamand, comme il avait condamné les recteufô de la Boussac et de Noyai. Il déclara qu il maintenait les jésuites ^ prieurs de Logamand, comme recteurs primitifs de cette paroisse , dans le droit de pouvoir aux quatre fêtes annuelles de Pâques, la Pentecôte, la Toussaint et Noël et à la fête du patron, célébrer la messe et faire l'office, sans néanmoins participer aux oblations. De plus les frai, du procès devaient être supportés pour un tiers par le vicaire de Logamand, et les juges présidiaux de Quimper furent condamnés à rendre da moitié* des épices quils acaicnt prises pour leur sentence du 29 août 1663, avec ordre d'être modérés à ^avenir dans leurs salaires.

La querelle sembla assoupie pendant quelque temps, et quand elle recommença ce fut encore pour les mêmes droits honorifiques (1).

Le 17 septembre 1724, le P. de Montigny, député par le P. de Coëtlogon," recteur du collège, se présenta à 9 heures du malin, en compagnie d'un général ^et d'ar-

(1) Dans rintervalle \\y avait eu deux procès de peu d'importance. Le P. BacheUer avait attaqué messire Jean Cornée, vicaire perpétuel, pour un presbytère qu'il avait fait bâtir sûr les terres du prieuré. Par transaction, le vicaire s'obligea à payer pour décimes 23 livres 10 sols, par an, non compris le droit de visite et de censure- -^ Une autre transaction eut lieu avec les habitants de la paroisse, et les Jésuites purent faire apposer leurs armoiries en dedans et en dehors de la chapelle du Pinity, en qualité de seigneurs de fl«f de toute la paroisse de Logamand, ou est située cette chapelle, et parceque, par acte en forme, ils déclarèrent ne rien préteudre $ur le fonds de cette chapelle et de ses dépendances.

H.STOÏRE DU COLLEGE

mes (i), pour signifier à messire Yves Le Michen, vicaire perpétuel, qu'il enteadait célébrer la grand* messe, parce que c'était le jour du pardon. Après quelques pourparlers, le :iieur Le Michen, ne voulant avoir aucune discussion avec les RR. PP. Jésuites^ coiisentit, sans déroger à ses droits, aux prétentions du P. de Montigny, à condition qu'on lui justifierait de l'arrêt du 15 juillet i G64.

li parait qu'on ne le fit pas, et deu^ ans après, le 15 septembre 1726, encore le jour du pardon, médire Le Michen résista 'aux PP. Raphard et Mancel, recteur et procureur du collège, accompagnés d'un huissier (2). Troul)lé dans l'exercice de ses fonctions, il cria à la violence et demanda le secours de ses paroissiens. M' Gouy verbalisa sur le tout et le P. Mancel chanta la messe.

Mais avant que la victoire restât au collège , il devait 3^ avoir un engagement décisif. Les vicaires perpétuels semblent avoir -été poussés en avant par une main puissante pour avoir lutté si longtemps. Les derniers événements sont de la fin de 17 H et du commencement de 1748. Le âO octobre 1747, le P. Etienne Joublet, recteur du collège , se rendit à Logamand pour y célébrer la grand' messe le jour de la Toussaint. Il voulut faire signifier le matin, à 9 heurps, à messire Xeroy, recteur-vicaire perpétuel, l'arrêt du 15 juillet 1664, mais les notaires royaux M. M®* Le Gorgeu et François Férec) trou vèrent la porte de l'église fermée. Le sieur Hamon, prêtre, qu'ils rencontrèrent au presbytère, dit que le recteur était parti

fl) M« Pierre Chalion, propriétaire du manoir de Mesmeur, en Logamand.

{2) M« Gouy, huissier audicncicr de la sénéctiaussée de Concn.i'.cau.

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faire roflîcs au bourg de la Foresl, d'autres dirent à la chapelle du Pinîty. On demanda les clefs de Téglise au sieur Hamon; il ne les avait pas. Et quand, à 9 heures et demie, le P. recteur du collège revînt à l'église toujours fermée, accompagné du P. de saint Estevan, des notaires, et des sieurs Ansquei^, Kermao et Omnès, avocats, il put voir par la vitre du sud, où il y avait un carreau de rompu» le vicaire qui était au pied de T^utel et en habits sacerdotaux. Les portes s'ouvrirent aussitôt, on sonna le troisième son, et le sieur Ilamon , saisissant un surplis qui était sur un confessîqnal, entonna l'Introït.

Que pouvaient faire les PP. du collège? — Ils se retirèrent après avoir verbalisé. Ils en référèrent au parloiment, firent valoir leur possession tranquille depuis rarrét' du 15 juillet 1664 et doux déclarations du roi, l'une donnée à Fontainebleau, le 5 octobre 1726, après leur contestation avec messire Le Micheu, et l'autre donnée à Marly le 15 février 1731. Ils firent voir que la conduite du sieur Le Roy, le l^' novembre 1747, avait été telle qu'on pouvait dire, sans unire à sa' réputation (qu'ils voulaient la ménager par esprit de charité), qu'il avait employé des procédés pleins de violence, et d'indécence.

Par suite, nouvel ^rrêt du parlement (14 décembre 1747), qui 'vint confirmer celui de 1664. Messire Le Roy était condamné à fournir aux PP. du collège les ornements, livres, linges et vases sacrés nécessaires pour te célébration de Tofiice divin, à y assister lui et ses prêtres avec déférence, et à chanter au lutrin. Cet arrêt lui fut signifié le 23 décembre avec ordre de le publier à l'issue de la grand'messe, le lendemain dimanche, parce

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que le recteur du collège devait se présenter le jour de Noël.

Mais ce jour là se passa une scène des plus étranges et que nous avons peine à comprendre aujourd'hui. Les jésuiies s'attendaient à quelque chose de nouveau : ils avaient pris toutes leurs précautions. Les PP. Joublet et de Martinière s'étaient fait- accompagner de deux notaires royaux et apostoliques. Ceux-ci se rendirent au presbytère le 24 vers 4 heures du soir et n'y trouvèrent d'abord personne ; trois quarts d'heure après ils y rencontrèrent la servante qui dit que son maitre était allé se promener^ et pourtant on entendait plusieurs voix dans la maison. A 9 heures, les cloches sonnaient pour l'office de la nuit qui devait commencer une heure après. Cependant le sieur Hamon, curé (vicaire), ne se présenta à la sacristie que vers 11 heures et demie. Il y trouva les jésuites et les notaires qui attendaient. Il né répondit rien quand on lui demanda si le vicaire (curé) ne dirait pas l'office, il secoua la tète, s'agenouilla sur un prie-Dieu et prit un tableau intitulé Préparation à la Messe. Puis il se leva et se prépara à officier, malgré les observations: qu'on lui faisait. Le peuple s'était amassé à la porte de la sacristie, un des notaires se mit à lire l'arrêt du 14 décembre en français pour le curé, en breton pour la foule. Le P. Joublet intima de nouveau au sieur Hamon qu'il eût à lui laisser célébrer la grand'messe et à chanter lui-même ' Toffice, d'autant plus que les fidèles étaient depuis longtemps à attendre. .^ •

Alors commença une sorte de comédie. Le curé présenta Tétole et la chape au P. recteur et le pria de vouloir bien commencer l'office. Le P. recteur de refuser en le remer-

DR QUIMPEn.

ciaiU de la politesse qu*il lui faisait, disant qu'il se bornerait, aux termes de l'arrêt, à célébrer la graud'mcssc, et le priant de lui répondre au lutrin. . «

Après plusieurs instances inutiles près des deux Pères, le sieur Hamon se décida à aller chanter Toilice. Il était une heure après minuit quand il eut fini ; il revint à la sacristie, et âe revêtit d'ornements sacerdotaux, bien qu'on lui enjoignit de retourner au lutrin.

Le P. recteur du collège, voyant qu'il était tard et croyant gagner quelque chose , alla au maitre autel , remontra au peuple les dispositions de l'arrêt, et témoigna le regret qu'il éprouvait d'être obligé en un jour si solennel de dire une n^esse basse, puisque le vicaire était absent et que le curé refusait de lui répondre. Celui-ci revêtu de la chasuble sortit de la sacristie et une discussion assez vive s'engagea entre lui, les jésuites et les notaires. Le désordre était à son comble et la sainte nuit de Noël était bien irrévérencieusement célébrée. Les personnes placées prés de la sacristie se mirent à crier en breton : « Allons nous en, » dcom quit, et tous sortirent en^sé poussant et en hurlant. Il ne resta qu'une femme, une ouvrière. Maïs quand ^on s'aperçut qu'enfin le curé allait commencer la messe, tout le peuple rentra en murmurant et en riant.

Ces scènes nocturnes eurent. leur complément le lendemain matin. Forcé par les circonstances^ le P. Joublet avait dit une messe basse. A peine avait-il fini, il était environ lOlieures, le sieur Hamon qui s'était furtivement présenté au chœur, revêtu d'un surplis, entonna les vêpres au milieu des rires d'nne partie de l'assemblée et des bravos du reste des paysans qui lui criaient d'aller vile. Force fut aux notaires d'attendre qu'il eût fini, et quand

ensuite ils voulurent publier Tarrct, les paysans se mirent encore à crier « Sortons vite » : Deom hoas qiùt, et ils se précipitèrent dehors, \es uns en riant à gorge. déployée, les autres en murmurant.

Pendant ce temps, messire Leroy, vicaire perpétuel, après avoir été célébrer l'ofTice à la chapelle du Piiiity, était parti faire une promenade à cheval.

À la suite de ce déplorable conflit, n'ayant pu ramener le sieur Le Roy à de meilleurs sentiments, malgré fiutervention de Tabbé Goujon, vicaire général du diocèse, les jésuites présentèrent une nouvelle requête au parlement qui, par arrêt du 5 mars 1748, condamna le Vieur liCroy aux frais de tout le procès et mit les jésuites sous la sauve garde du roi et deja justice. Dès loi*s le vicaire de Logamand se soumit.

Quelque mesquines que puissent paraître ces querelles de sacristie, on comprend très bien la persistance mise par les jésuites du collège à maintenir dans leur enrier les droits de leur prieuré. Aucun seigneur féodal ne voulait abandonner ce qui lui était dû par son vassal, et de plus il s'agissait ici d'une résidence de vacances, résidence d'autant plus agréable qu'on en retirait un revenu de 1361 livres, 3 sols, 4 deniers. Les Pères avaient singulièrement amélioré ce bénéfice :. quand ils Pavaient obtenu en 1623, il valait à peine 400 livres de renie (I).

(I) Par? suite d'achats, de transactions, elc , ils possédaient à Locamund : !« La métairie de Kerampicard, évaluée i4 mars 1793), distraction faite du 1/4 de ia valeur des maisons et du revenu pour les réparations et les contributions, 3,510 livres; 2o le moulin du prieuré évalué, distraction faite du 1/4, 1,378 livres, 15 sols ; 3o le moulin Coz, évalué, distraction faite du 1/4, 1,103 livres, 5 sols; 4o le lieu du Stivel, roélairie, dislractioa faite du 1/4, 3.928 livres ; 5o la métairie de Kernaulay, 5,G00 fiyres ; 6» la métairie du Boden,

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3® Prieuré de la Brcthonnière.

Le second prieuré annexé au collège de Quimper était celui de la Brcthonnière, paroisse de THermilàge, diocèse de Rennes, dépendant autrefois de Tabbiiye saint Jacques de Monlfort, ordre de saint Augustin. Il dvait été résigné, dans une procuration en blanc du 2 mars 1624, par messire Jean Charpentier, chanoine doyen de Saint-Brieuc, qui. l'avait en'commende. Toutefois il y avait mis cette réserve qu'on lui paierait jusqu'à sa mort une pension de 3r80 liVres chaque année, à la Toussaint. Cette clause* ne fut guère onéreuse au collège; Jean Charpentier mourut dans le courant de mai 1626. Le'pape Urbain Vlil, du consentement de Jean Ranoan, abbé, et des religieux de Monlfort, confirma cette résignation par une bulle de réunion, du 14 juillet 1623. On y accusait un revenu do vingt quatre ducat$ d'or. C'était une somme convenue pour tous les prieurés qu'on annexait. Il y était spécifié que si jamais le collège venait à être quitté par les jésuites, le prieuré revîeîidrait à son ancien état (2). Cependant nous ne voyons pas qu'après 1762 le collège ait été

à la Forél, succursale de Fouesnant, 2,560 Uvres ; 7o le prieupé y compris les bois, 8,41.1 livres, 2 sols, 9 deniers; 8o la métairie de Kerampennec, y compris les bois, 6,008 livres, 3 sols, 4 deniers : 9o la chapelle du IMnily, ôPJivres; lOo la métairie dos Calerons 1,697 livres, 10 sols; llo le Parc de Poul-ar- Slang, 381 livres; 120 le Parc de Saint-Amand, 238 Uvres. 10 sols; 13» réalise paroissiale de Logamand, ayant de longueur 74 pieds, de largeur 40 pieds, de bauleur compensée, 10 pieds, prisée pour les malériaux, y compris la chapelle orientale et le reliquaire, 675 livres. .Total 36,464 livres moins le quart pour la contribution Toncière. {Estimation en capKal faite par ordre du directoire du district de Quimper).

(2) Et si allquando forsam ipsum coUegium ccssare omnino et a clericis socielatis h\ijus modi relinqui contigerit, et eo casu duntaxat, prioratus ipse ad pristinam naturam redeat, el ab abbate, pro tempère existenle dicti monasterii, seu ipso monasterio dependeat) cum annexls..., etc..

72 HISTOIRE Di: COLLEGE

inquiété dans sa possession. Le roi accorda dos Lettres patentes en confirmation de la bulle en novembre 1G91 et elles furent enregistrées au parlement de Bretagne, le 14 janvier 1692(1).

Messirc Georges Le Bel, officiai de Rennes, après une enquête de commodo et incommôtb, rendit la sentence d* union le 19 janvier 1626, à condition que les jésuites présenteraient au seigneur évéque de Rennes un prêtre capable pour célébrer les messes dues chaque semaine à la chapelle du prieuré le dimanche, le lundi et le vendredi, et qu*ils assureraient son traitement. Ils auraient aus^ à entretenir la chapelle et les maisons du prieuré, à payer les décimes au roi, les droits de procure et de visite, et à assister aux synodes.

Trois jours après le P. Guillaume Thomas, procureur, muni des pouvoirs du P. Hayneufve, alla prendre possession avec toutes les cérémonies requises en pareil cas (2).

(1) A propos de celle annexion le P; Borie (un bénédictin?) écrivit de Rome au P. Hayneurve une lettre fort curieuse qui nous apprend que cette manière de se procurer des revenus était assez mal vue en cour de Home, et que les Jésuites avaient été sur le point d'obtenir aussi le prieuré de Pont-Brianl. — On Ut d'ailleurs dans les comptes de 16*23-24 : « Pour le parpayé des bulles du « prieuré de Locamand et du Pont-Briant et le port d'icelles, « payèrent lesdits Pères de cette recelte outre la somme de miUe <« deux cents livres, qui furent payées par les nobles bourgeois, la (« somme de il c. xlii livres, viii sols. » Quoiqu'il en soit, quand même il y aurait en un commencement d'exécution, cette annexion n'a pas eu de suite. — Foir, pièces justificatives, no 14.

(2) Primo per liberum ingressum sacelli dicti prioralus, aqusEr lustralis aspersionem, Wationem deo genibus flexis fusam, altaris osculum, companœ pulsum, atque alias solemni lûtes in talibus (leri S£flilas, atque modo et forma quibus optimo de jure lieri potuit ac defuit, corporalem, realem et actualem possessiouem dicti prioi^lus sancti Stephani de la Bretbonnière Juriumque universorum et pertincniiarum, nomine dicti Hdi Rectoris cepit , apprehendit alque adeptus est, exinde, sine divertendo ad alios actus pcr accessun^d domum dicli prioralus, longam deambulationem in dicta domo, hortulo, on^nique agro et fbndo vicino, buic dependentje..., etc.

(Procès verbal d'installat. du P, G. Thomas.)

ll^thit accompagné du P. Salomon Le Maigncn, jésuite, de raesslre Pierre Even, recteur de la paroisse de i'Hermitage, de M® Jean Guillot, sieur de la Metterie, procureur du siège présidial de Rennes et fermier du prieuré et enfin de Julien Boullé notaire royal et apostolique à Rennes.

Malheureusement Tétat des b&timents ne répondait pas à cette belle cérémonie. La couverture de la chapelle était en mauvais état et menaçait ruine si on n'y remédi^ait bientôt, les mure étaient fendus en plusieurs endroits ; sur l'autel il n'y avait que de vieux ornements, entre autres un calice d'étain, une chasuble de futaine, une aube, une étcle et un fanon de même ëtofiFe de couleur fanée, avec quelques vieilles nappes. La maison priorale était en ruines complètent il était impossible de la réparer.

A de pareilles dégradations si on ajoute l'éloignemcnt. et la négligence des procureurs fiscaux, on comprendra quelle différence il y avait pour les jésuites entre^ ce prieuré et celui de Logamand. Pour remettre la chapelle en état il eû^ fallu de très grands frais. Aussi songèrent-ils à la supprimer, d'autant plus qu'ils y voyaient l'avantage d'être dispensés de payer le recteur de l'IIermitage auquel on donnai! par an 68 livres, 8 sols , et qui souvent même se payait par ses mains. A ce sujet ils s'adressèrent à M. l'abbé de Gersans, grand officiai de Rennes, vers 1751 . La chapelle, disaient-ils, est bâtie en pleine campagne, loin de toute habitation, et, malgré les dépenses qu'ils y font, ils n'ont pu réussir à la mettre à l'abri des vagabonds et des autres gens qui mènent paître leurs bestiaux aux environs e.t ne craignent pas d'en briser les fenêtres et même d*en enfoncer les portes, pour s'en servir comme de retraites. Ils demandaient donc : 1*" de démolira leurs

7i msTOIRE DU COLLEGR

frais la chapelle de Saint-Etienne et d*en transporter ati collège les meubles, les ornements et les matériaux en ne laissant sur remplacement qu'une croix qu'ils entretiendraient dans la suite ; 2* de faire desservir dans l'église de leur collège les messes dues au prieuré, à moins qu'on ne voulât les en dispenser, vu la modicité du bénéfice et de revenus. — Nous ne savons si leur requête fut exaucée (I).

4** Autres Revenus.

Les jésuites du collège de Quîmper possédaient encore :

4** Une rangée de maisons sur la place du Collège, près de l'église. Elles avaient été construites sur le ^nds de la ville par les jésuites avec des matériaux qui restaient du collège et de réglise(â). Achevées en 4709, elles avaient été louées aussitôt 232 livres aux demoiselles de la Roche, Kerandraon, Marchand et Guillermi. En 1728 elles étaient aflTermèes pour 310 livres.

2* l.a maison dits de lEm, au haut de la rue Obscure (rue Royale), affermée en 1728 à dame Anne,Crct, pour 300 livres.

Elle avait été achetée le 2t février 1674 de Jacques l'Espagiiol et de Guîllemette Guené sa femme pour 3,250 livres , pour laquelle on paya C50 livres d'amortissement au denier cinq.

3* Une maison située place Maubert, acquise le 3 septembre 1718 pour 1,500 livres avec 300 livres d'amôr-

(1) F^'oir^ pièces justificatives, no 15, \in dénombrement très complet des revenus du pricurjé et de la sei$;neuric de la nreUionnière, pour la rérormation du domaine du ressort de Hennés (23 mars 1679).

(2) roiff pièces justificatives, »o 10.

DR QH^l'CR. 7S

ilssement, affermée en 1728 au sieùr Alexandre Ganchy, pour 275 livres. Sur cette maison ils payaient 13 livres de rente à M. d*Ernothon^ baron du Pont.

i"* Les boutiques situées près de cette maison et louées en 1728 au sieur Le Tréguez pour 168 livres.

5^ La ^maison du Pavillon, sise place du Beurre de Pot., louée en 1728 à mademoiselle Toisy pour 130 livres. En 1758 elle n'était louée que 60 livres. Elle avait élé acquise 4,000 livres du sieur de Esbiguet, Guillaume Kerguelen, et ou avait payé 666 livres 13 sols 4 deniers d'amortissement (I).

6** Les maisons et boutiques situées au devant du Pavillon, louées 54 livres en 1728.

En dehors Je Quimper^ le collège possédait :

7" La tenue de Trébannec, en la paroisse de Plovan, qui avait été donnée par messiçe Jean Briand, abbé de Landevennec (contrat du 8 juillet 1627), pour fonder au collège une chaire de philosophie. Elle fut estimée à 1,200 livres et taxée au denier cinq à 240 livres d'amortissement. Jean Briand l'avait acquise 1,200 livres le 13 janvier 1618 de Jacques du Faou", seigneur de Logaii , et quand il en fit don au collège, le seigneur de Mollac, dans le fief duquel elle était, remit aux jésuites les droits de lods et ventes. En 1761, elle fut donnée à bail à Michel Le Berre , pour payer de rente foncière et domaniale 16 boisseaux de froment, 15 boisseaux d'orge, mesure du roi, et de commission 850 livres.

8' Une rente de 200 livres, au capital 4,000 livres, constituée le 18 janvier 1662 par mcssire Pierre Tanguy,

(IJ roifj pièces justificatives, no il.

76 insToinE du collège

docteur pux droits, conseiller dû roi, aumônier de la ^eine mère et abbé de Landevennec, pour l'établissement d*une seconde année de philosophie nécessaire à l'entier achèvement des études. Elle était à prendre pour 60 livres sur le village de Kervintel, dépendant du fief de Daoulas.

9" Une rente de 90 livres sur Denis de Guîscrift, sieur du Cosqner, une autre de 120 livres sur les (1) héritiers de l'abbé de Guer, et une autre de 200 livres sur des maisons à Quimper, donnée par Anne de Kernafflen par acte du 26 juin 1680. Ces deux dernières afiectées aux missions ne sont pas restées au collège après 1762.

10" Une rerite foncière de 60 livres à prendre sur le manoir de Keroulas en Léon , censive du seigneur de Keroulas, évaluée à 1 ,200 livres, donnée par Mariette du Ghastel, par acte du 7 août 1727. Droit d'amortissement 200 livres.

1 1" Le fief de Landégarou, en Léon, paroisse de Plou-dalmézeau, donné par dame Marie Guescot, par acte du 3 décembre 1726, estimé à 2,000 livres. Il pouvait valoir de ferme 40 livres, et on paya pour droit d'amortissement 666 livres, 13 sols, 4 deniers.

12* Le fief de Lézidec en Léon, paroisse de Guftalmézeau, à présent Ploudalmézeau, relevant du roi, donné par dame Marie Dresnée, paracte du 7 octobre 1649, estimé à 5,575 livres, dont on paya, comme droit d'amortissc-

(1) Le 24 décembre 1721 messire François-Joseph de Co&tlogon, < chanoine de Quimper, prieur de Locronan, de Saint-Miciiel, de Monlcontour et de Sainl-Cado, donne au H. P. Georges Savaletle, Jésuite, directeur de la retraite établie au coliége de Quimper, et autorisée par ie K. P. fiodin, provincial de France, 6,000 livres, constituant 120 livres de rente, contenues au contrat consenti le 23 août 17*20 par messire Joseph de Guer, prêtre, seigneur dudit lieu pour rétablissement d'une mission alternativement dans les paroisses de Plouzévct et Locronan, tous les cinq ans.

ment 1,858 Livres, 6 sols, 8 deniers (I). Ce fief, qui était sous le domaine et la recette de Brest, renfermait vingt journaux de terre chaude et environ huit de terre froide. Il pouvait valoir 100 liv. de ferme, et, en rentes et hommages féodaux, 20 boisseaux de froment et 48 sols, 9 deniers de chefrente.

13* Une rente de 5 livres, 5 sols, constituée sur le manoir de la Tourelle près Quimper (i mai 1643) par René de Penancoët (2) chevalier, et dame Françoise Loranze, sa ôompagne, seigneur et dame de Keroualze, de Coatsaliou, de Trohanet, etc., résidaqt à Trohanet (3).

14® Le tiers du lieu et dépendances de Greacharguen, situé en la paroisse de Lanniron, acquis du sieur Huelman, recteur de Briec, en 1713, pour 1,200 livres, rapportant 45 livres.

4o® Enfin une rente de 150 livres léguée le 26 avril 1709 par demoiselle Louise-Alexandrine de Canaber de la -Haye Saint-Hilaire, hypothéquée sur une maison du bourg de Plévin, taxée en 1738 à 600 livres d'amortissement.

Malgré ces revenus qui s'élevaient à près de 7,000

(1) Ihjns une lettre du 4 octobre 1688 le P. Rossignon, procureur du collège, écrit à M. Ollivier, procureur au siège royal de firest : « Je vous donne la commission de toucher pour môy Udû dfi mes « ifassaux.., » (Il Vagit ici des vassaux de Lézidec).

(2) René de Penancoët parait avoir été Tun des ascendants d^Louise- Renée de Penancoët, dame du palais de la reine d'Angleterre, plus connue sous le nom de duchesse de Porsmouth, que lui valut la faveur du roi Charles II.

(3) Le 29 mal 1749' les jésuites acquirent le manoir et la metterie noble de la Tourelle et dépendances, sis en la paroisse d'Ërgué- Armel, au flef de Saint-Laurent, annexe de Lognmand, de Vincent- Thomas-Corenlin de la Boixière , écuyer. Le prix d'achat était de 3,341 livres et pour droits d'amortissement 468 livres, 4 sols par modéralion.

livres, les jésuites étaient loia d'être dans l'aisance (I). Leui*s possessions ne s'étaient accrues que lentement, et il^ avaient été obligés de faire des emprunts soit pour leur subsistance, soit pour payer les amortissements et, autres cliarges du collège. Par suite des intérêts qu'ils avaient à servir, à peine leur restait-il 4,500 livres, et ils n'avaient pas l'espoir de soulager leur misère par quelques fondations qu'ils pusseat acquitter eux-mêmes (2), Ils supplièrent donc en 1702 qu'on réduisit leurs impôts. Ils avaient été taxés pour la subvention ecclésiastique par le bureau du diocèse k 60 livres par quartier. On leur en remît la moitié (3).

Ils réclamèrent aussi en 1721 pour la capîtation excessive de leurs domestiques que depuis quelques annéeâ (disaient-ils) la communauté de Quimper affectait de surcharger,, en les taxant plus que la plupart des gens de métier (4). Leur demande fut ajournée à l'époque où l'on ferait la révision des rôles.

Maigre ces plaintes et d'autres encore, à l'époque de la suppression on ne leur trouve que peu de dettes et encore n'avaient-ils pas eu le temps de les payer (5).

(1) Kn 1702, ils se plaigaaient d'être dans une grande pénurie.

Ci) Ils avaient (28 novembre^lGTS) conlracté un emprunt de 6,65a livres près du sémijiaire de Joyeuse à Rouen ; ils payaient 275 livres d'intécôls. Ils remboursèrent le capital le 17 février 172U et les arré-. rages de 5,050 livres 13 sols 4 deniers le 6 décembre 172;i.

(3' Chaque ecclésiastique était taxé & 3 Uvres. Cela suppose à colle époque vingt pères au collège.

(4) On les avait imposés à 5 livres par léte, tandis que les domestiques des genUlshommes et des premiers bourgeois de la ville payaient tout au plus 40 ou 60 sols.

(5) Ils devaient 6,967 livres 18 sols au slcur Barbe négociant place Terre-au-Duc à Quimper, pour des fournitures de vins lis devaient payer le 9 octobre 1762 et le 9 avril 1763. Une ordonnance de M. de la Chalolais ill décembre 1762) ordonna qu'on paierait le sieur J.-B. Barbe àur le prix de la vente des meubles.

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