‹ Histoire du collège de QuimperChapitre 4 sur 21 · H. CONSTRUCTION DU COLLÈGE · texte numérisé non relu

H. CONSTRUCTION DU COLLÈGE

L'histoire de la construction des bâtiments ne nous offre guère qu'une suite interminable de démêlés et de procès au milieu desqu()ls on se perd. La ville qui avait voulu avoi r un collège, qui s'était prêtée avec tant d'empressement aux désirs, de son évêque, Charles du Liscoet, qui avait combattu l'opposition d'un autre évêque, Guillaume Leprestre de Lézonnet, semblait oublier qu'elle devait subvenir aux frais d'établissement et d'entretien des pères qu'elle avait appelés, et trop souvent elle résistait quand arrivaient les échéances. Il est vrai de dire qu'elle avait des charges bien lourdes pour ses modestes revenus, et peut-être n'avait elle pas entendu construire des édifices aussi considérables. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle comptait être délivrée plus tôt de ce fardeau supplémentaire qui pesa sur ses épaules presque aussi longtemps que les jésuites restèrent à Quimper. En effet, le collège commencé en 1621 ne fut terminé, si on y comprend l'église, qu'en 1748, et les jésuites partaient en 1762.

Il nous reste? dans les archives du département et dans celles de la ville les comptes des années 1622 à 1624, 1627 à 1632, 1635 àJ637, 1641 à 1642. On peut (1) y relever de curieuses indications sur le prix de la maind'œuvre et de certains objets à cette époque, et des détails intéressants sur la manière dont ont été poussés les travaux que le R. P. Provincial vint visiter en 1632.

Pour commencer les bâtiments, la communauté acheta

(1) P^oir, pièces justificatives, w> 9.

quelques maisons et des jardins dans la ville close (I). Mais elle eût aussitôt des démêlés avec Tévéque, seigneur féodal de Quîmper, à cause de son prochain fief des regaires. Un moment même les démolitions furent Interrompues. Une sentence du 29 août 1625, rendue par les juges de la juridiction des regaires, les juges de l'évéque, défendît aux jésuites de démolir ni de bâtir quelque édifice que ce fût dans le fief des regaires de Cornouailles, à peine de 500 livres d*amende pour tous les maçons et ouvriers qui *y contreviendraient. La pièce originale de cette sentence, que je dois à l'obligeante communication de M. du Chatellier, porte comme considérants que les habitants de Quimper avaieiït profité de Tabience de Tévêque, député près de S. M. par les États de la province, pour commettre des entreprises sur des bénéfices à sa collation.

Le chapitre eut aussi son tour. Il s'en prit non plus aux ouvriers, mais aux jésuites et aux habitants qui prenaient fait et cause pour les uns et pour les autres. Un arrêt du présidial du 7 juin interdit aux chanoines de poursuivre leur opposition et permît de reprendre les travaux, sur la promesse qu'on fit de payer une indemnité. Mais l'évéque ' ne se tînt pas pour battu et d'après un arrêt du conseil privé du roi, du 22 août 1623, il en appela au parlement, attendu que le présidial, formé de la meilleure partie des habitants de la ville, était inhabile à connaître de la question.

(I) Celaient les maisons d'IToratio Darii ; de Xean Pontjan ; d'Edonaril Tanguy; de Ueué Le Dinoye; de M. de Tré^^uin; de Jacques Lerèvre; de François Bougeant; la maison prébéndaie de Cornbril; les jardins de Ilamon Brignon; de Jean Cadiou; de Sébastien Piquet; de MHe de Kermaounec; de iVLiie La Nonsille; de Martin Moreau et de MH6 Jeanne Endroit.

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L'affaire ne s'arrangea pas de sitôt. Pourtant, au mois de mars 1626, il y eut transaction entre l'évêque et les habitants. Les arbitres étaient René Mocam, écuyer, sieur du Pérennou, sénéchal de Cornouailles, et François Le Fioc'h , écuyer , sieur de Kertanguy , sénéchal de Quimperlé. L'indemnité pour les droits seigneuriaux de l'évêque, y compris les devoirs de lods, rachats et ventes, fut fixée à 1600 livres; l'évêque se réservait la supériorité comme seigneur du fief, ses armes et écussons en l'église et autres lieux^ tant en pierre qu'en bosse et sur les vitres, etc. Il permettait à la ville de mettre ses armes sur le bâtiment si bon lui semblait, mais les jésuites ne pourraient, eux, ni la ville pour eux, acquérir rien autre chose que ce qui était sur le plan actuel des constructions, et, s'ils en avaient acquis, ils devraient en vider les mains.' A ces conditions seulement il consentait à l'établissement des jésuites (c'était cependant un fait accompli), parce que cela ne pourrait préjudicier en rien à ses autres droits, tant spirituels que temporels.

D'après le texte de la coutume, l'évêque avajt le droit pour lui, mais il en abusait. Summum ju$t summa injuria. Les bourgeois dûfent, malgré leur réoisjance, et un mémoire fort éloquent de leur procureur syndic, payer les 1600 livres demandées, mais 5ous cette clause « qu'on « ne mettrait pas que c'était le prix de l'indemnité ni « autrement. » Ils tinrent bon à propos des armoiries, disant que la supériorité appartenait au roi à cause de la concession de l'octroi faite aux habitants pour la construction et l'entretierf du collège ; les armes du roi devaient donc être seules posées. .

Une seconde transaction eut lieu le 2 mai suivant, avec

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