QUEL EST “LE FONDATEUR
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Un jour, je conduisais des visiteurs à notre salon où nous wardons les deux tableaux de Monseigneur Cooke et de M. Turcotte :
——* Vous avez devant vous,” leur dis-je, ‘“ les portraits de nos deux fondateurs, ”
Lequel des deux a fait davantage pour le Collège, me demanda alors un de nos visiteurs.
—** M. Turcotte en a formé les organes ou le corps; Mer Cooke lui a donné l’âme et la vie ;”’ telle fut ma réponse.
Mais de même que l’homme est, à la fois, composé d'un corps et d’une âme; et que le corps sans l’âme ou l’âme sans le corps n’est pas l’homme ; de même, le Collège des Trois- Rivières n'existe que par le concours sim 1ltané de ces deux hommes. Ni l'on essaye de séparer leur action, nous nous trouvons en face de deux abstractions qui, ni l’une ni l’autre. n'aurait pu amener le Collège à l’existence. ”
— Vous me demandez cependant, lequel des deux a pris une plus large part à la fondation du Collège : je vais tâcher de vous répondre.
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Si l’on envisage les choses au seul point de vue de la nécessité, on dira que le concours de l'un vaut celui de l'autre ; que l’action de M. Turcotte est toute aussi essentielle que l'action de Mgr Cooke, Mais, si en dehors de la nécessité, on vonsidère de plus l'excellence et la valeur intrinsèque de leur auction ; alors il sera vrai de dire que l'action de Mgr Cooke, comparée à celle de M. Turcotte, l'emporte, en quelque façon, autant que l'âme l'emporte sur le corps.
Ainsi, appuyé sur ces motifs, je dis: contrairement aux trois ou quatre premiers rapports de la corporation au Surintendant de l'Instruction Publique, où le nom de Mgr Cooke n'est pas même mentionné parmi ceux des fondateurs: contrairement aux rapports subséquents et autres documents officiels de la corporation où le rôle principal dans la fondu-
tion du Collège est attribué à M. Turcotte et le rôle secon-
daire à Mgr Cooke; je dis que ‘“ Le Fondateur du Collège des Trois-Rivières est Sa Grandeur Mgr Thomas Cooke, premier évêque des Trois-Rivières, aidé du concours de l'Honorable Joseph Edouard Turcotte, C. R. Ex Orateur du Parlement Provincial et alors Maire de la Cité des Trois-Rivières.”
Cette vérité, ce me semble, ressort assez évidemment de tout ce que nous avons déjà dit touchant la fondation du Collège et touchant la part d'action que l’évèque s'était réservée dans cette œuvre et qu’il a si dignement remplie. Cependant, pour jeter encore plus de jour sur cette question, il sera bon de faire connaître ici certains détails très-intimes qui ont pu échapper à l'attention de ceux qui ont ew à s'occuper du fait de la fondation de notre maison. [L'ignorance ou l'oubli de ces petits détails, s'ajoutant à une appréciation fausse de la portée de l’action épiscopale, a pu aisément causer l'erreur dans laquelle ils sont tombés.
D'abord, il faut constater ici que M. Turcotte lui-même. malgré sa grande influence, malgré la bonne volonté de tous les citoyens des Trois-Rivières, malgré le concours empressé et actif que lui offraient les principaux d’entre eux; M. Tur-
cotte, dis-je, sentait si bien son impuissance à réaliser, avec
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ces seuls moyens-là, une entreprise aussi importante et aussi difficile, qu'il ne voulut pas agir avant d'avoir l'approbation de Monseigneur, et la promesse formelle que Na Grandeur pourvoirait Elle-même au personnel de la direction et de l’enselonement.
Il comprenait qu'une institution classique catholique n'était possible, et n'avait de garanties de prospérité et de succès que par l'action et le contrôle de l’évèque.
Il comprenait aussi que sa qualité de premier magistrat de la cité et de député du peuple au Parlement Canadien, lui imposait l'obligation de ne pas rester indifférent à une entreprise aussi populaire. Il lui voua donc son énergie et son influence; mais il mit tout cela au service de son évêque. Ceux qui ont vécu dans l'intimité de Mer Cooke, rendent ce témoignage que, du moment que s’est soulevée la question de la fondation du Collège, M. Turcotte eut avec Na Grandeur. de longues et fréquentes entrevues C’est là que furent concertés, préparés et muüris, tous les plans qui devaient être réalisés plus tard.
Muis Mer Cooke fit comprendre à M. Turcotte toute la délicatesse de sa position et la nécessité où il se trouvait de rester absolument étranger à la gestion des affaires temporelles de la nouvelle institution. Voilà pourquoi il fut décidé que la corporation serait exclusivement laïque et qu’elle pourvoirait seule à tous les besoins matériels de l’établissement. Cependant, il fut entendu entre eux que, du moment que les circonstances le permettraient, les membres laïques céderaient leur place à des ecclésiastiques.
[ fut aussi réglé, dans ces entrevues de nos deux fondateurs, que la direction des études serait contrôlée uniquement par l'autorité épiscopale.
li ne sera pas sans intérêt de citer ici, en entier, la lettre que Mgr Cooke adressait à M. Turcotte, à la date du 6 août 1860, touchant le sujet qui nous occupe. Monseigneur y résume en quelque sorte, le programme de l’action épiscopale aussi bien que celui de la corporation. Voici cette lettre :
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FROIS-RIVIÈRES, le 6 août 1860.
Monsieur le Maire,
“Je suis heureux de pouvoir répondre d’une manière satisfaisante pour vous, à votre lettre du 25 ultimo, dans laquelle vous dites que la corporation du Collège des Trois- Rivières désire des Ecclésiastiques pour ouvrir des classes au commencement de l’année scolaire. Il est difficile pour moi H de me rendre à votre désir. Cependant, j'ai le plaisir de vous \#, annoncer aujourd'hui qu'il sera en mon pouvoir de vous satis- “3j faire cet automne. Je pourrai disposer en faveur de votre dr établissement de trois ecclésiastiques que je mettrai, ainsi que | les élèves, sous les soins d’un prêtre qui aura la surveillance
sur toute la maison pour le spirituei et ce qui concerne l’édu- ; 8 cation sé ge:
“ Jl n’est pas nécessaire, je pense, de rappeler aux messieurs de la corporation qu'ils se sont chargés du temporel de l'établissement, de pourvoir à tout ce qui sera nécessaire. entr'autres choses, aux honoraires, au logement et à la pension du Directeur et des Régents.
“Je ne vous adresse qu’un aperçu des arrangements qu'il +4 faudra faire par écrit qu''ad le temps le permettra. «7 3 à
“ Que Dien béxsse votre entreprise et la conduise à
bonne fin. ts |
; , ‘ J'ai l'honneur d’être, ; ‘ Monsieur le Maire, ‘ Votre très humble servt,. tu ge) il + THOMAS | Ev. des Trois-Riv. ” | Al “Jos. E. TurcortE, Ecr., Maire” y À H Monseigneur fait, dans cette iettre, une allusion très- us 1} délicate aux difficultés qu'il reAcontre dans ce projet; mais il est heureux de donner enfii ue r:ponse favorable et 1] 14 PEL détermine officiellement la art dont 1l prétend se charger: ses