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V—LA FETE DE MGR COOKE ET LES VACANCES DU PREMIER DE L’'AN

La fête de Mgr Cooke fut chômée le jeudi, 17 décembre. avec beducoup de pompe et d'éclat par le clergé et par les communautés de la ville. On remarquait, cette année, un concours de prêtres beaucoup plus considérable que d'ordinaire, Dans la petite séance donnée au Collège, il y eut adresses dans les trois principales langues étudiées par les élèves,

chant de circonstance, ‘ Salut pasteur infatigable ”, sur un air de

pee)

Sabatier, petite pièce et chanson comique et chant montagnard ‘* Le Canal du Midi.” Monseigneur, ainsi que le nombreux clergé qui l’accompagnait, parut fort satisfait de la démonstration de nos élèves.

J'ai souligné, nombreux clergé, pour faire remarquer

“ qu'enfin, après neuf ans d'existence, le Collège voyait venir

[N à ses fêtes un nombre plus considérable de prêtres qui commençaient à partager leur affection et leurs sympathies entre le Collège des Trois-Rivières et le Séminaire de Nicolet. M.

Une Panneton apprenant cette bonne nsuvelle écrivait à son confrère: ‘Je suis heureux de voir que le clergé se rapproche de * plus en plus du Collège. Efforçons-nous, de toutes manières, “ de cultiver ces bonnes dispositions de nos confrères ; leurs “ sympathies dans le moment nous sont aussi nécessaires ‘ pour le moins que l'argent.”

Le jour de l’an approchait. La communauté le voyait

He venir non sans éprouver de mortelles inquiétudes et de légitimes craintes... Elle sentait qu’elle ne s'était pas conduite

de manière à mériter la faveur extraordinaire d’une vacance

de quelques jours, comme elle l'avait eue, les années précé-

dentes, et elle paraissait en éprouver un bien sincère regret.

Au reste, on n'avait pas oublié les graves inconvénients qui

s'étaient déjà produits, et certaines rumeurs allaient à dire

que le congé allait être supprimé. Cependant M. Richard

sur l’avis de M. Baïllargeon, ne crut pas devoir refuser cette

faveur, à cause du besoin qu'avaient les professeurs de pren

dre quelques jours de repos et aussi, à cause du danger que

le public ne vint mal interpréter cet acte de simple bonne 1 discipline, et regarder faussement le suppression du congé comme un indice des souffrances qu'avait éprouvées la com-

munauté durant l’absence de ses directeurs ordinaires. Toute-

fois le directeur déclara aux élèves que, pour l’avenir, il n'en

serait que plus exigeant et plus inflexible dans l'exécution du

| ferme propos qu'ils montraient de vouloir mieux travailler et LU être plus dociles. Le congé d’ailleurs se présentait dans les meilleures conditions possibles, il devait commencer le jeudi

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midi, veille du premier de l'an, pour ne se terminer que ie lundi midi suivant.

L'histoire n’a pas conservé les noms des élèves qui furent infidèles au retour. Faudrait-il conclure de là que personne ne fit défaut au quatre janvier à midi ? Ce ne serait peut-être pas là l’exacte vérité. Mais du moins faut-il avouer que les exceptions furent si peu importantes, qu’il n’a pas été nécessaire d'en tenir compte. Ceci faisait beaucoup d'honneur aux élèves, et témoignait hautement de la sincérité de leurs bonnes dispositions. Aussi, pendant que tous les professeurs s'efforçaient de mettre à profit cette admirable ardeur de leurs élèves, M. Richard travaillait à assurer la bonne administration de la maison, en tâchant de persuader à M. Smith de passer le reste de l’année au Collège. Depuis quelque temps cependant celui-ci désirait retourner à son vicariat de la Rivière-du-Loup, et M. Boucher de son côté, réclamait à grands cris son vicaire, se plaignant amèrement de ce que l'évêque se jouait de la bonté d’un vieux curé, à qui il avait promis de rendre son vicaire aussitôt après le rétablissement de M. Richard. Ce dernier, ayant à lutter contre deux forces aussi puissantes et qui s’entr'aidaient l’une et l’autre, devait nécessairement être vaincu. bien qu'il se sentit appuyé dans sa résistance par Mgr Cooke. M. Smith quitta le Collège le 12 janvier, enlevé en quelque sorte par son curé, mais content de reprendre la vie du ministère.

Mr Richard dut en prendre son parti et recevoir sur ses seules épaules, le lourd fardeau de toute l’administration collégiale, à partir de l’enseignement de la Théologie, jusqu’à la surveillance de la cuisine !!! Qu'on ne s'étonne donc pas que certains détails restent négligés ! et qu'on veuille bien ne pas oublier ces circonstances, quand il faudra apprécier cette époque si tourmentée de l’histoire du Collège.

Mr Panneton informé des circonstances du départ de Mr Smith, écrivait à Mr Richard: ‘Je ne finirai pas sans vous “adresser à vous-même un mot d'encouragement. Acceptez “avec calme et résignation toutes ces situations pénibles que

M . ** vous fait la Providence. A tous égards, ce sera le moyen

“ d’en tirer le meilleur parti possible, soit pour vous soit pour

|| LL ‘la communauté. Espérons que si le Bon Dieu aime notre A | ‘‘ œuvre, il fera succéder à ces temps d'épreuves, des jours

“ plus consolants. ”......

VI—QUESTION DU TRANSFERT DU NÉMINAIRE DE NICOLET. NOUSCRIPTION POUR PAYER LA FERME BARNARD.

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