HON. J. ED. TURCOTTE
1er Président de la C. C. T. R, et 2nd Fondateur du Collège des Trois Rivières
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voquer, pour justifier tout ce que je viens de dire, sur les sentiments et l'attitude des autorités collégiales à l'égard de Mgr Cooke. Ce fait, c'est la perte du régistre des procédés et des délibérations de la corporation pour les premières années du Collège.
Dans le régistre actuellement existant où l'on fait un résumé des principaux événements des quatre premières années, on constate simplement la perte du régistre antérieur, sans en rechercher la cause, sans en donner aucune explication. Or, cette cause, il faut la trouver dans la désapprobation formelle, par la mujorité des membres de la corporation, des procès-verbaux du secrétaire.
La corporation ne voulut pas approuver M. P. Hubert dans sa manière d'écrire l’histoire des commencements du Collège et d'apprécier les hommes et les événements. Elle ne voulut pas endosser la responsabilité de ce silence absolu sur Mgr Cooke, pendant qu'on donnait les plus grands éloges à M. Turcotte. Ce dernier, en particulier, s° montra très-offensé et fort mécontent. Il blâma ouvertement le secrétaire et déclara catégoriquement qu'il ne permettrait jamais qu'on laissât subsister les compliments dont son nom était chargé; parce que, ajoutait-1l, sous cette forme exagérée, ces éloges prenaient plutot le caractère d’injures grossières et intolérables.
Cet incident, dont je ne veux pas exagérer l'importance, eut pour résultat la perte ou la suppression du régistre où étaient consignés les premiers documents de la corporation. Or ce fait montre assez clairement ; ou que le secrétaire, dans ses rapports, n'avait pas interprêté l'opinion générale de ses confrères ; ou bien que cette opinion, après quelques années d'expérience, s'était déjà considérablement modifiée dans un sens plus conforme au droit et à la vérité.
À l’époque où M. P. Hubert soumettait ses notes historiques et ses rapports à l'approbation de ses collègues, (c'était en 1863), on n'était déjà plus au temps où l’on faisait remonter l'origine du Collège des Trois-Rivières à l’école de M. Bayard :
où l’on fixait la date du 15 septembre 1859 comme celle de la
fondation ; où enfin on donnait à tous les membres de la corporation le mérite et le titre de fondateurs du Collège. La vérité historique, il est vrai, restait encore enveloppée d'ombres et de nuages; mais le jour commençait à se faire. Les préjugés les plus grossiers avaient été heureusement dissipés. On affirmait franchement que l’évèque avait sa part large et importante dans la fondation et ie maintien de l'institution.
I ne restait plus qu’à faire la comparaison entre le mérite de Mgr Cooke et celui de M. Turcotte. Par délicatesse, on s’est abstenu de le faire du vivant de ces deux hommes. D'ailleurs, cette comparaison n'était possible que dans un travail historique proprement dit, et après une étude très-attentive et bien raisonnée des effets particuliers de l’action de chacun de ces deux hommes.
Pour nous, nous croyons sincèrement avoir donné à ce problème sa veritable solution, en disant et en démontant que Monseigneur Cooke a créé l’âme du Collège des Trois-Rivières et que M. Turcotte en a fait le corps. |
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