XII—DÉPART DÉFINITIF DE M. PANNETON
Le treize juin, (jour néfaste penseraient les pe rsonnes superstitieuses qui croient à l’influen ce maligne du nombre treize.) fut bien en réalité un jour malheureux pour le Collève des Trois-Rivières. Ce jour-là, en effet, M. Panneton renonçant à son titre de supérieur, remettant à son collègue tous les papiers de la maison, brisant les derniers liens qui le retenaient encore, faisait ses adieux aux élèves et aux professeurs et quittait le Collège pour n’y plus revenir.
Après deux années de repos complet, 1l constatait qu'il n'avait pu reprendre assez de force pour y remplir jamais aucune occupation tant soit peu fatiguante. Cependant il espérait encore pouvoir être utile à l'Eglise, dans un ministère plus actif et moins pénible. Ce dont il avait besoin avant tout, c'était d'avoir un «es soi où il put, sans crainte de gêner personne, prendre les petits soins que requérait son état de santé.
La retraite de M. Panneton fut, sans contredit, l'épreuve la plus grande que le Collège ait jamais subi même dans ses plus mauvais jours. Comme il avait toujours été l'âme de l'institution, il semblait que son départ allait porter un coup fatal au Collège, et que celui-ci ayant perdu sa tête, il ne lui restait plus à exhaler que quelques souflies de vie, Ce fut
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