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MGR. L. F. LAFLECHE, EV. DES TROIS-RIVIERES

Fondateur du Grand Sémirnaire,.3me Président de la C. O. T. k.

dait peut-être encore mieux les impressions de ce dernier quand il bénissait avec une émotion profonde la même com munauté qu'avait béni autrefois si affectueusement Mgr Cooke.

Mais le lecteur doit être impatient de faire connaissance avec le document épiscopal créant le séminaire diocésain, et i, est temps de satisfaire sa légitime curiosité.

DÉCRET DE MONSEIGNEUR L'ÉVÈQUE DES TROIS-RIVIÈRES POUR L'INSTITUTION DU SÉMINAIRE DES TROIS-RIVIÈRES.

LOUIS-FRANCÇOIS LAFLÈCHE

Par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du St-Siège Apostolique, Evéque des Trois-Rivières, elc., elc., etc.

À tous ceux qui les présentes verront, Salut en Notre- Seigneur Jésus-Christ.

Comme la paix et la prospérité de la société humaine, et l'accroissement de notre sainte Religion dépendent principalement de la bonne éducation de la jeunesse, et particulièrement des soins donnés à la formation du Clergé, le Pasteur chargé de conduire sûrement son troupeau dans la voie du salut ne peut avoir rien de plus à cœur que de procurer à la jeunesse de bons établissements, où les enfants, retirés à l’abri des séductions du jeune âge, puissent recevoir une éducation solide et chrétienne, et où tous ceux que leur vocation appelle au service du Seigneur soient solidement formés à la piété et à toutes les vertus, et imbus des lettres et des sciences, principalement des sciences sacrées ; en sorte que par la gravité de leurs mœurs et l'excellence de leur sagesse ils brillent d’une vive splendeur, comme des flambeaux ardents dans la maison du Seigneur, et servent amplement à l'utilité de l'Eglise, à l’ornement et au salut de la société.

Or, si l’où a dû employer la plus grande vigilance et une sollicitude toute particulière pour que tous ceux qui veulent entrer dans la milice du Seigneur reçoivent une éducation pieuse et sainte, et une instruction solide, il n’est personne qui ne sache combien il importe aux intérêts de l'Eglise et de

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la société civile, surtout an ces temps difficiles, que s'accroisse de plus en plus le nombre des bons prêtres qui, brillant de toutes les vertus et armés d’une doctrine suine et solide, sachent s'acquitter avec piété et capacité des fonctions de leur ministère, instruire soigneusement le peuple chrétien, veiller attentivement au salut des âmes, ramener ceux qui s'égarent vers les sentiers de la vérité et de la justice, défendre courageusement et savamment la cause de Dieu et de la sainte Eglise, dévoiler les embüches des hommes perlides, combattre leurs erreurs, réfuter leur démence et leur témérité, et repousser leurs attaques.

Aussi, dans le commencement de Notre Episcopat, entrant pleinement dans les vues et les desseins de Notre Vénérable prédécesseur, et désirant Nous conformer aux recommaudations que le St-Siège lui avait faites à ce sujet, Nous avons souhaité ardemment de voir arriver le jour où Nous pourrions ériger, posséder et maintenir dans Notre ville épiscopale un Séminaire diocésain où les jeunes clercs pussent être instruits avec soin dans la piété et l'esprit ecclésiastique, dans les lettres et surtout les sciences théologiques, la connaissance des Saints Pères, de l’histoire ecclésiastique et du droit sacré, et apprendre tout ce qui se rattache au graves fonctions du St-ministère.

Nos espérances se sont fortifiées en voyant surgir et progresser rapidement auprès de Nous le Collège des Trois-Rivieres, et aujourd'hui Nos vœux vont se réaliser, puisque la corporation de ce Collège, comprenant bien l'intérêt de la religion, de la société et du Collège lui-même, Nous a, par une requête en date du 15 novembre dernier, spontanément offert le dit Collège avec toutes ses propriétés, Nous priant de vouloir bien l’accepter et lui donner telle organisation que Nous jugerions convenable pour en faire un Séminaire diocésain, conformément aux règles de l'Eglise, tout en coutinuant d'y donner l’enseignement collégial, et Nous déclarant que telle avait été l'intention des Fondateurs du dit Collège et de tous leurs successeurs jusqu’à ce jour. Après avoir exposé la chose à Notre Conseil diocésain, et de son avis una-

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nime, Nous avons été heureux d'accueillir favorablement cette demande, et d'accepter cette offre généreuse. Aujourd'hui les mesures exigées par la loi civile ayant été prises, Nous avons décrété et décrétons de douner régulièrement à ce Séminaire l'existence canpnique.

C'est pourquoi, pour mieux profiter de ces faveurs signalées de la Divine Providence, et Nous acquitter plus parfaitement de Notre charge pastorale, pour la plus grande gloire de Dieu, pour le bien de la religion et le salut des âmes, et aussi dans l'intérêt temporel de la société, Nous érigeons à perpétuité par les présentes, ordonnons et constituons le dit Collège des Trois-Rivières en Séminaire diocésain, sous le nom de Séminaire des Trois-Rivières, destiné à l'éducation collégiale et ecclésiastique de la jeunesse et des clercs ; Nous lui donnons pour Patron et principal Protecteur, le glorieux Saint Joseph, Patron de l'Eglise Universelle ; et Nous voulons qu'il soit entièrement soumis à Nous et à Nos Nuccesseurs, conformément aux prescriptions et aux règles du Naint Concile de Trente et des conc'les provinciaux de Québec sur les Grands et Petits Séminaires.

Le $S. Concile de Trente (Sess. XXIIT, cap. 18. Ce Refor.) ordonne la formation de deux Conseils pour aider l'Evêque dans l'administration du Séminaire, l’un pour le spirituel et l'autre pour le temporel. En attendant qu'il nous soit possible de former ces conseils en la manière prescrite, Nous pourvoirons à la conduite et à l’administration de ce Séminaire à l’aide de Nos Conseillers ordinaires pour le spirituel, et avec le concours des membres de la Corporation légale pour le temporel, et Nous lui donnerons en temps opportun un règlement spécial pour en assurer la bonne administration, la régularité et la prospérité. |

Donné aux Trois-Rivières sous Notre seing, le sceau du diocèse et le contre-seing de Notre secrétaire en la Fête de S. Joseph, le dix-neuvième jour de mars mil huit cent soixante et quatorze.

(Signé,) f L. F. Ev. DES TRoIs-RIVIÈRES.

(L. S.) Par Monseigneur,

Ep. LiN&, Ptre, Secrétaire.

Ce décret fut signifié à tous les fidèles du diocèse pur une lettre pastorale qui fut lue dans les églises, le dimanche 29 mars. Cette lettre donnant un exposé succinct des événements qui avaient préparé et amené l'érection du Séminaire, ce serait s'exposer à d'ennuyeuses répétitions que de la citer ici en entier. Je ne puis cependant résister à Ja tentation d'en faire un court extrait pour justilier, par cet important document, l'appréciation que nous avons faite de l'action et du concours de Mgr Cooke dans l'œuvre de la fondation du Collège.

“Il (Mgr Cooke) vit cependant avec plaisir se former ‘“ dans la ville des Trois-Rivières, par les soins et la bonne vo- ‘“ Jonté des citoyens, sous sa direction et avec son concours, ‘ un Collège pour l’enseignement classique de la jeunesse, à ‘“J'instar de celui de Nicolet. Malgré l'impossibilité où se ‘‘ trouvait le digne évêque d'aider matériellement cet établis ‘* sement naissant, malgré les craintes de plusieurs sur l'utili- “té d'une fondation qu'ils trouvaient prématurée dans jes ‘ circonstances difliciles où se trouvait le diocèse, le Vénéra- # ble Prélat, dans sa foi vire et sa confiance sans bornes en la ‘* Providence, aimait à y voir le germe d'où pourrait sortir plus tard son Néminaire diocésain. Aussi voulut-il prendre ‘* part à sa fondation, en 1e prenant sous sa haute protection ‘et lui donner l'appui de son influence en lui fournissant le ‘ personnel de l’enseignement. Il voulut en présider lui- ‘ même l'ouverture par la célébration des saints mystères et ‘par unc bénédiction toute spéciale qu'il lui donna en sa “quaiiié d'évèque diocèsain. Ce fut dans cette inauguration “ qu'il mit cette institution sous le patronage et la protection ‘“ spéciale de St-Joseph, Protecteur et Père nourricier de la ‘ Ste-Famille. ”

L'érection du Collège des Trois-Rivières en Séminaire diocésain fournit au ‘“ Journal des Trois-Rivières ”’ l’occasion de publier un article extrêmement remarquable sur l’action sociale des Séminaires, et sur les bienfaits moraux et matériels que de telles institutions apportent à l'Eglise et à la société. Pour le Collège des Trois-Rivières, les résultats qu'il a déjà

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donnés, ont été en raison des épreuves qu'il a subies; mais s'il a pu résister aux plus violentes tempêtes, c'est qu'il a toujours su s'appuyer sur l'autorité épiscopale. C'est que ses fondateurs et ses directeurs toujours entièrement soumis à la volonté de l'évêque puisaient une force irrésistible dans leur obéissance et dans la confiance qu'ils reposaient en la sagesse de leur chef et de leur Pasteur

Il terminait ainsi: ‘ En résumé, l'érection du Séminaire “ des Trois-Rivières est un événement des plus heureux pour “Ja ville et le diocèse. Et cet acte important deneurera dans “la carrière de notre digne évêque comme l'un des monu- “ ments les plus achevés de sa sagesse et de sa sollicitude “ pour le bien spirituel et temporel de ses diocésains.

V—FORMES DIVERSES DE LA CHARITÉ POUR VENIR EN AIDE AU COLLÈGE DES TROIS-RIVIÈRES.

Pour ne pas interrompre le récit des faits se rapportant à l'érection du Séminaire, nous avons été obligé d'en omettre d'autres d'une importance moindre, mais qui cependant ont leur place marquée dans ce travail. Maintenant donc nous allons retourner quelque peu en arrière, et cueillir dans le champs de l’année scolaire 1873-74 quelques-unes des fleurs que nous avons remarquées sur notre passage. Nous allons, si c’est possible, recomposer le magnifique bouquet que nos bienfaiteurs offrirent à NS. Joseph ou, pour parler sans figures, nous allons rappeler les souvenirs gracieux des actes de dévouement et des sacrifices de toutes sortes que s’imposèrent nos amis pour nous aider à bâtir.

Nous avons déjà dit que le nombre de nos bienfaiteurs était trop considérable, pour qu'il nous fut possible de donner même leurs noms.

Nous avons cependant la confiance que l'ange gardien de notre institution et notre puissant protecteur S. Joseph, qui connaissent toutes ces mains généreuses qui se sont ouvertes pour venir en aide au Collèse des Trois-Rivières, ont tenu un compte bien exact de tout ce qui a été fait pour nous,

et que déjà, ils ont acquitté en grâces spirituelles et même en biens temporels, une bonne partie de la dette de reconnaissance que nous avons contractée à l'égard de toutes ces âmes charitabies.

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Mais si les noms de nos bienfaiteurs ne doivent être écrits qu'aux archives du Ciel, leurs œuvres du moins doivent être consignées soigneusement dans l'histoire, pour l'édification de leurs enfants et des générations futures, et surtout pour la glorification de NS. Joseph qui sut en faire les instruments de sa vigilante protection à l'égard du Collège.

Nous avons déjà vu avec quelle générosité et quel empressement les citoyens des Trois-Rivières avaient, dans les quelques mois d'un hiver extrèmement rigoureux, remis entre les mains de M. Buillargeon de quoi payer la ferme dite ‘ La Longeham;: ” Depuis qu'il fût question de bâtir le nouveau Collège, les aumônes, par mille canaux divers, n’ont cessé de couler entre les mains de celui qui s'était fait l’âme de cette gigantesque entreprise. D'abord ce furent les anciens élèves qui apportèrent à leur ‘* Alma Mater ” les premices de leurs

travaux et le fruit de leurs premières économies Entrainés $ par ce noble exempnle, tous les chefs de famille vinrent à leur L tour apposer leurs noms sur les listes de souscriptions ouver- li l tes par M. Baillargeon, et tous acceptèrent d'assez bonne grâce Î

la quotité que d'avance il avait déterminée pour chacun de ses paroissiens ! Ensuite ce fut le tour des dames trifluviennes qui, en outre du bazar annuel des Sœurs de la Providence, s’'imposèrent la pénible tâche d’en organiser un second 4 pour le Collège qu’elles donnèrent au mois de novembre 1872. 4 Puis s'étaient les élèves du Collège eux-mêmes qui fournissaient leur quote-part, en donnant à la fin de l’année scolaire t

73, une grande séance dramatique et musicale. < Dans le cours de l'été et de l’automne 1873, ce furent {

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du clergé diocésain qui continuèrent à verser dans la bourse

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élèves, aidés de leurs amis, donnèrent à l’hôtel-de-ville une soirée dramatique qui rapportait encore la jolie somme de $125.00,

Au commencement de janvier 1874, chose plus admirable encore et digne d’être écrite en lettres d’or, ce sont les tout petits enfants de l'école de Mademoiselle Jeffrard qui, désirant eux aussi, apporter leur petit sou à leur bon curé pour l'œuvre du Collèg », donnent sous forme d’étrennes à S. Joseph une petite séance payante qui rapporte cent beaux écus.

Mais ces recettes, malgré leur grande valeur extrinsèque, étaient bien minimes à côté des dépenses énormes déjà faites sur la nouvelle bâtisse et de celles plus grandes encore qui restaient à faire. Les dames charitables des Trois-Rivières ont compris cela et elles se sont mises à l’œuvre pour préparer un nouveau bazar qu'elles donneront au commencement de février. Pour assurer plus efficacement le succès de leur entreprise, elles feront en sorte que tous les effets du bazar leur soient fournis en pur don et qu’il ne soit fait aucune dépense. Puis elles seront si bien secondées dans leur zèle et leurs efforts par toutes les âmes charitables, que ce bazar sera le plus grand succès du genre jusqu'alors obtenu aux Trois- Rivières. Il rapportera une recette jusqu'alors inouie dans les fastes de la charité trifluvienne ! Il donnera la magnifique somme de $1800.00 ! ! Aussi M. le curé en témoignera chaleueusaent sa satisfaction et sa reconnaissance aux citoyens 188 Trois-Rivières, et c'est pour les bénir et les remercier encore que je rappelle ici ces faits admirables.

La ferveur du zèle et s'araeur de la charité publique à ‘égard du Collège reçurent un nouveau stimulant dans l'institution canonique qui lui fut conférée le 19 mars 1884 et dans cette bénédiction spéciale que Mgr Laflèche avait daigné lui accorder à cette occasion. À partir de ce jour, il sembla à tous nos #mi: que Jus dons qu’ils faisaient au Séminaire prenaient pius partisxuèrement le caractère d'œuvres pies.

Les Dame Lrsurliues furent les premières à apprécier la grandeur ét li tan: de l’œuvre que Mgr avait accomplie

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