IV—FÊTE DE MONSEIGNEUR
Le dix-huit décembre, avec un empressement qui prévenait de deux jours la fête de NS. Thomas, la communauté trimvienne allait solliciter une audience solennelle de Mgr Cooke et était admise à lui présenter ses hommages. Trois adresses de circonstance lui furent présentées ; une en français par Magloire McLeod, une en anglais par Lucien Turcotte, une en latin par Franck Turcotte. Cette dernière seule à pu être conservée et gardée dans les archives.
Le chœur des élèves, organisé par M. Panneton lui-même, chanta ensuite, avec un entrain et un ensemble admirabk, un petit morceau de circonstance, Vivat pater tam venerandus Dans cette petite pièce musicale, un élève des éléments Xavier Blondin, se distingua particulièrement dans un solo difficile qu’il sut rendre parfaitement.
Après avoir répondu avec beaucoup d'’à-propos et une affectueuse bienveillance aux différentes adresses des élèves Monseigneur, voulut s'amuser à les taquiner un peu et tout d’abord, il leur dit qu’il était absolument décidé dé n’accorder un congé qu'à la condition formelle qu’on lui en ferait h demande en latin... Grand embarras pour de jeunes éco liers auxquels l'improvisation, même en français, était un: tâche presqu'impossible ! Cpendant lorsqu'il s’agit d’avoir un congé, c’est une affaire capitale! Ils sont alors fort ingénieur pour trouver les moyens de se le procurer et ils deviennent capables des plus héroïques efforts ! Cette fois, pris à l’improviste et conduits sur un terrain qui leur était peu familier.
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ils hésitèrent un instant et se regar&aient tout interdits... Mais l'enjeu était de nature à stimuler les volontés. Un jeune élève de Belles-Lettres crut bientôt avoir trouvé le mot mystérieux et tout-puissant. L. Turcotte s’avançant donc brave: ment vers Monseigneur, lui dit: ‘“ Pater, da nobis magnam recrealionem ‘’….… et tous les yeux d'interroger la figure de Na Grandeur, pour y découvrir l'impression produite par la requête. Un «sourire plein de douceur et d'amabilité, laissant assez voir que la demande était agréée au moins pour le fond, sinon pour la forme, fut aussitôt instinctivement salué par un tonnerre d'applaudissements. La grande récréation fut accordée ; mais pour un jour seulement, conformément au règlement.
Le jour où les élèves du Collège des Trois-Rivières chomaient, avec le cortége des réjouissances ordinaires, la fête de Mgr Cooke, ce jour-là mème, le cri sinistre de ‘“ guerre ! guerre ! ! retentissait soudain le long des rives, depuis si longtemps paisibles du St-Laurent. Depuis plusieurs mois déjà, nos voisins, les Américains étaient en guerre civile et un incident de cette guerre faillit amener une rupture entre les Etats du Nord et l’Angleterre.
Durant tout la seconde moitié du mois de décembre, le Canada se vit continuellement menacé d’une invasion américaine. Or, au malaise général causé par l’appréhension d'une vuerre imminente, se joignait pour les autorités collégiales, la crainte de se voir dépouillées de la possession des casernes et A: Platon. Car, si là guerre éclatait, il n’y avait pas de doute que le Gouvernement reprendreit ses propriétés pour les besoins de la situation, et le Collèse redeviendrait tout simplement des casernes ou un magasin militaire.
Nos collégiens suivirent donc avec un vif intérêt la série des événements qui se déroulèrent durant cette quinzaine, et quelques-uns d'entre eux n'auraient peut-être pas été fâchés de prendre une vacance illimitée, et d'échanger le costume de l'écolier contre la capote du soldat. Mais les supérieurs n'en
jugeaient pas de même et ce fut pour eux un immense soula-
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germent quand ils apprirent, le 30 décembre, que Ie casus bell avait été levé.