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dence, et de compromettre les intérêts de la religion dans le
diocèse...
Sans doute, Mgr Cooke rencontra des contradicteurs loyaux et de bonne foi qui lui firent part de leur manière de voir avec beaucoup de modération, et qui combattirent son projet avec la dignité, le respect et la charité convenable, De ee nombre fut Mgr Laflèche, alors Grand Vicaire et Supérieur du Séminaire de Nicolet. Pour lui, c'était une conviction bien arrêtée qu'une seule maison de haute éducation était suffisante pour les besoins du diocèse... Mais si l'évêque persistait à vouloir son Séminaire près de lui, comme c'était son droit, il devenait de l'intérêt de la maison de Nicolet de transférer son domicile aux Trois-Rivières, pour n'avoir pas à subir la concurrence d’une maison rivale, ayant pour elle l'avantage de la position, et de plus, le patronage épiscopal.
C'est en ce sens qu'il prépara et soumit à la corporation du Séminaire de Nicolet un mémoire où étai:nt exposés les raisons et les avantages du transfert de l'Institution aux Trois- Rivières, Réunir ainsi, dans un milieu convenable, toutes les forces intellectuelles et les moyens matériels, c'était, selon M. le G, Vic. Laflèche, le moven d’avoir une institution vraiment erande, vraiment prospère et capable de lutter avantageuse-
ment avec les meilleurs collèges du pays. Toutefois, voyant que les conclusions de son mémoire ne réunissait pas la majorité de ses collègues du Séminaire de Nicolet, et que, du reste, il fallait vaincre des diflicultés et des obstacles presque insurmontables, pour réaliser un tel projet, il crut qu'il valait mieux s'opposer, autant que possible, à la fondation du nouveau collège et il se dévoua à la défense de cette cause, avec
toute l'intelligence et l'énergie qu'on lui connait.
Nous verrons plus tard comment ses idées se sont modiliées petit à petit, à mesure que les circonstances le mirent en rapports plus fréquents et plus intimes avec le Collège des Trois-Rivières, et qu'il eut à porter une plus grande part de l'administration du diocèse.
Quant aux autres opposants de Mgr Cooke, quoiqu'il
en soit de leur efforts et des procédés qu'ils ont employés pour enlever au collège le patronage de l'évêque, déjà le temps et la réflexion ont fait justice de la plupart des préjugés qu'ils cherchaient à soulever; et la lumière s’est faite sur plus d'un point, auprès de ceux que n'aveuglait aucune passion. Il appartient à l'histoire de compléter l'œuvre de réhabilitation et d'achever de venger la mémoire de Mgr ('ooke en rétablissant, par une analyse raisonnée des faits, l'exacte vérité sur toute cette question.
On a déjà dit-ailleurs que Mgr Cooke, en concourant à la fondation du Collège des Trois-Rivières, entrait pleinement dans les vues du St Niège, et qu’en outre, il avait pris l’assentiment de ses collègues avant d'agir. Ces graves autorités appuyant la décision de l’évêque devraient, ce nous semble, le justifier entièrement et nous épargner le travail d'une défense plus motivée. Ajoutons cependant, pour répondre à l'accusation d'imprudence et d'intervention inopportune dans cette affaire, que Mgr Cooke connaissait mieux que personne les besoins de son troupeau. Plus que tout autre, il avait pu constater la
nécessité d’une grande institution catholique, dans sa ville épiscopale. ù
En effet, il avait vu, au milieu d'une population presqu'exclusivement catholique, des institutions protestantes naître, grandir et, fières du patronage des catholiques, jeter un orgueilleux défi à l'institution des Frères des Ecoles Chrétiennes et aux autres écoles catholiques. Plusieurs des bonnes familles de la ville, prétextant la nécessité et entraînées par un courant d'idées fausses, ne se faisaient nul scrupule d’envoyer leurs enfants à ces écoles protestantes où la foi et les mœæurs couraient les plus grands dangers. L'évèque était justement alarmé de cet état de choses; son cœur s'était ému à la vue des dangers que courait la jeunesse et des conséquences fâcheuses qu'entraînerait cette éducation anti-catholique. Il avait cherché les moyens d'y apporter remêde, en encouruageant le plus possible l'école des Frères; ses efforts n'avaient pas été sans quelques succès, mais les bons Frères n'avaient pu répondre à tous les besoins.
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