‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières [microforme]Chapitre 71 sur 217 · MO · texte numérisé non relu

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je dois noter, à notre grand désavantage, qu'il ne fallut rien moins que la vigoureuse santé de Madune Bergeron pour suflire à la tâche de nous donner à diner. Heureusement pour elle que, sur l'avis de M. Achille, chacun de nous voulut réserver un petit coin dans son laboratoire de digestion, pour v mettre un peu de trempette, de tire, de gratin ete. enfin de toutes les bonnes choses que l'on trouve à une cehune à

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“ L'après-midi fut bien vite écoulé, au milieu de ces plaisirs sucrés et de Ju poésie de ces érables, et nous avions entierement oublié de faire de Ja trigonométrie. Napoléon, non pas le grand Empereur, mais cependant notre général en mathé-

matiques, avait bien mesuré la hauteur de plusieurs arbres

muis personne nu, uit songé à vérilier ses problèmes. ?

* Cependant chacun de nous voulut payer une visite à mon oncle Charles qui avait sa cabane à une toute petite distance. [va sans dire que c'était Edouard qui avait découvert notre parenté avec M. Charles Bergeron! Navez-vous comment ? De temps à autre, ce nom revenait dans la bouche de M. Achille Bergeron et de son frère... et c'était là ce qui établissait notre parenté avec leur oncle. Donc Edouard avait été le premier à aller rendre visite à mon oncle Charles, et il en avait agréé, sans cérémonie, les libéralités et les politesses. 11 trouvait même au sucre de son oncle une douceur et un fumet particulier qu'il goûtait davantage. Après lui, William et moi voulûmes, à notre tour, nous assurer de la chose, et sur notre témoignage, tout le reste de la caravane aurait accepté sans respect humain les offres généreuses de loacle Chartes; mais M. Richard crut devoir intervenir et le remercier bien cordialement au nom de tous, de toutes ses prévenances et le prier d'excuser en même temps le laisser-aller de ses écoliers. I dut répéter la même antienne à son beau-fière ; mais là du moins, nou: eùûmes le bon esprit de nous unir à notre professeur pour témoigner de notre gratitude et de notre extrême satisfaction pour la réception si magnifique qu'on nous avait faite. ”

A quatre heures, nous étions en route pour le retour. du mais force nous fut de passer la nuit ehez les parents de Mr Richard ; d'abord parce que Mr Onésime étant dans un état très critique, ne put consentir à laisser partir son frère, ct ensuite, parce que celui-ci ne voulut pas nous laisser revenir seuls, car il craignait que les canotiers ne fissent difficulté de nous traverser sur la brune. Après une veillée assez prolonwée, nous primes quelques heures de repos sur des lits a plupart improvisés, mais dont nous nous accommodâmes volontiers, après toute: lo: imairches et contremarches de la

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‘# Le lendemain matin. 1?! fallait revenir de bonne heure en ville pour calmer les inquiétud?s de Mr le Directeur et celles de nos parents, puis reprendre nos travaux. Îl faisait un fort vent de sud-est quand nous nous mîmes en route et notre professeur n'était pas sans quelqu'appréhension sur les difficultés de traverser par un temps semblable. Cependant Mr Richard dissimula ses craintes et hâta notre départ. Mais le vent augmentuit toujours de violences, et quand nous fümes arrivés à l’'embarcadère, il souflait avec la fureur de la tempète. Les canotiers, plus conscients du danger que nous ne l'étions nous-mêmes, refusèrent de nous traverser et déclarerent qu'il fallait nécessairement attendre que le vent fut calmé. Ce nouvel incident fut fort ennuyeux pour notre maitre qui avait hâte de nous remettre entre les mains de M. le Directeur pour retourner auprès de son cher malade; mais au contraire pour nous, cet incident ajoutait un nouveau charme à notre excursion et nous fûmes bien vite résignés à prendre un nouveau congé pour attendre un temps plus favorable. Cependant, il nous fallut trouver à dîner chez les bons habitants du sud. Grédéon qui, dans ces circonstances, avait toujours de bonnes vieilles amitiés à exploiter, alla dîner avec Napoléon ehez un M. Bellefeuille. Edouard dut se chercher un nouvel oncle Charles. William et John avaient quelques sous qu'ils partagèrent fraternellement avec moi pour défrayer les dépenses de la journée.”

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“ Enfin, vers trois heures de l'après-midi, nous nous ren- nl

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dimes chez M. Norbert Doucet qui consentit volontiers à nous traverser, bien que le vent fut encore très fort. La traversée n'en fut que plus rapide et plus heureuse. À quatre heures, nous rentrions au Collèwe et, après les explications convenables données à M. Panneton par notre professeur, nous nous remettions à l'étude avec un courage entitrement renouvelé par le repos et les incidents variés de ces deux jours de promenade dont nous garderons toujours le plus cher souvenir.”

Quelqu'agrément que vous trouviez, chers lecteurs, avec le compagnon de voyag: que je vous ai donné pour aller faire une visite au lac Ni-Paul, voici qu'il a accompli sa tâche, et je dois reprendre la mienne, en continuant le récit des événements de l’année 1864.

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