I. Le DiRECTErR est enfin nommé
Mgr Cooke, fatigué de l'inutilité de ses eftorts dans la recherche d'un directeur pour son collège, et voyant la nécessité de ne plus difi'érer, avait, à la fin, jeté les yeux sur un des prêtres de sa maison, Messire J. E. Panneton, vicaire à la cathédrale depuis près de deux ans. Se rappelant que ce Monsieur avait été employé comme premier régent au Séminaire de Nicolet, à l'entière satisfaction de ses supérieurs, connaissant du reste parfaitement sa science et sa vertu, et en particulier sa prudence et son zèle, Monseigneur crut que ce prêtre, c^uoique jeune encore, (M. Panneton avait alors 25 ans), pourrait remplir d'une manière convenable le poste important c^u'il voulait lui confier. Dès lors. Sa Grandeur eut le pressentiment que c'était l'homme c[ue la Divine Providence lui donnait pour asseoir le Collège des Trois-Kivières sur des bases solides.
Mais, pour ne pas effrayer trop M. Panneton, et pour ne pas imposer à son courage une épreuve trop subite et trop forte, Mgr Cooke dissimula ses i)rojets ; et l'avant-veille de l'entrée des élèves, ayant fait venir M. Panneton chez lui, il lui tint à peu près ce langage : — "Je n'ai pas encore trouvé de directeur pour le Collège, mais j'espère être assez heureux pour en trouver un, d'ici à quelciues jours. En attendant, vous allez y exercer temporairement cette fonction. "
M. Panneton fit observer à son supérieur qu'il ne voulait point se mêler dans cette affaire, ne fût-ce même que pour quelques semaines, et qu'il préférait rester dans le ministère.