‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 20 sur 84 · V. — VARIÉTÉ · texte numérisé non relu

V. — VARIÉTÉ

La récréation finit à huit heures, moment précis où doit se faire la prière du soir. Celle-ci est ordinairement faite par un élève de haute classe et comme celle du matin, elle était alors dans la formule usitée encore aujourd'hui.

A la prière du soir commence ce que le règlement appelle

. le p-and silence ou le silence de nuit. Il est plus rigoureux

(jue durant le jour et, toutes choses égales d'ailleurs, les fautes

commises contre ce point de la règle méritent un châtiment

plus grand qu'en tout autre temps.

Après la prière, les plus jeunes élèves vont se coucher immédiatement, tandis que les autres se rendent à la salle d'étude pour y consacrer une demi-heure à la lecture exclusive de l'histoire. Ainsi, à tette étude, il est défendu de travailler ses devoirs de classe, ses leçons, ses compositions et même de se livrer à la lecture des ouvrages exclusivement

littéraires. C'est l'histoire seule qu'il y i'aut étudier. Les directeurs eu agisseut aiusi, pour faire comprendre aux élèves que, bien que' l'histoire générale développée ne rentre pas comme matière nécessaire du cours classique, cependant on y attache une telle importance, qu'on exige que chaque élève y consacre au moins une demi-heure par jour.

A huit heures et trois quarts, c'est le moment du coucher pour les grands élèves ; et l'un d'eux fait la lecture de la vie d'un saint pendant c[ue les autres se déshabillent et se mettent au lit. A neuf heures tout le monde doit être couché.

Le silence du dortoir n'est pas seulement de règle, il est encore de rigoureuse justice. Chaque élève a un droit strict à n'être pas dérangé dans sou sommeil. Il n'y a donc que dans les cas les plus graves qu'il soit permis de le rompre ; ces cas sont prévus par la règle. Mais cela n'empêche pas les rêveurs et les somnambules (a) de créer parfois des alertes, et de donner des inquiétudes de conscience aux surveillants cjui croient toujours plus aisément, non sans raisons, aux espiègleries d'un indiscipliné cju'aux cauchemars d'un rêveur.

Les surveillants eux-mêmes entraient dans leurs chambrettes à neuf heures et demie et se couchaient vers dix heures.

Voilà que nous avons parcouru le cercle entier des actions d'un jour ordinaire ou de classe. Nous allons noter maintenant les particularités qu'apportaient, dans le règlement, les jo'urs de congés et les dimanches.

Les jours de grands congés qui se donnaient depuis le commencement de l'année jusqu'à la St-Michel et depuis Pâques jusqu'à la fin de l'année, on avait une demi-heure de plain-chant après la messe ou après le déjeuner. Le plain-chant rentrait dans le programme de l'enseignement du Collège :

(a) Vers la lin de décembre de la première année, il s'est produit un cas .le somnambulisme extraordinaire et qui a pu être étudié à tix)is ou quatre reprises ditt'érentes. Le sujet, Louis D. était un jeune élève d'une douzaine d'années, timide et bon, et qui était absolument incapable de toute supercherie. 11 tombait dans cet état dans son premier sommeil et jamais on ne ])ut parvenii» à 1 en tirer ou à le réveiller, quelques moj'ens qu'on put imaginer pour cela.

— semais le défaut de capacité chez certains professeurs, et aussi .e défaut de méthode dans l'enseignement rendaient presque nuls les succès dans cette branche. Il n'j^ eut jamais qu'un • p>^tit nombre d'élèves qui y prirent goût et qui y réussirent.

Dj huit heures et demie à neuf et demie, il y avait une heure d'étude libre. C 'tte étude pouvait devenir obligatoire et forcée pour les élèves à qui leur dissipation ou leur paresse avait attiré punition. Comme son nom l'indique, cette étude restait <à la libre disposition des élèves, et ils pouvaient l'employer soit pour écrire des lettres, soit pour faire des travaux particuliers, n'importe en quel genre, pourvu toujours qu'ils ne fussent pas mauvais en soi. On y était tenu au travail et au silence, cependant, après une demi-heure, on était libre d'aller rejoindre les autres élèves en récréation. A part les exercices religieux qui se faisaient comme aux jours de classe, les congés étaient entièrement consacrés aux amusements et aux jeux.

Dans l'après-midi, il y avait promenade obligatoire et collation à la campagne dans la belle saison. On a df'jà vu où se sont faites les premières campagnes. ]\Iais, quand vinrent les beaux jours du mois de mai, le lieu le plus ordinairement choisi pour la promenade fut un endroit situé près de la rivière Milette à ISte-Marguerite, propriété de M. Théodore Panneton, grand-père de M. Théode de Lottinville, premier maître de salle. On s'y rendait par un sentier qui courait sur le bord du coteau, au milieu de petits arbustes sous lesquels les élèves cueillaient les grenades Le lieu de sta+ion garni de petits arbres, était des plus convenables pour y prendre la <H>llation. On avait l'eau à une petite distance, et l'on pouvait se procurer, avec la plus grande facilité, chez les braves citoyens de Ste-Marguerite, le lait, la crème, le sucre, les œufs. etc., et(^, etc.

Moiisii'ur Th. l'anneton ne mancjuait jamais de venir faire visite à la communauté, et il priait souvent messieurs les ecclésiastiques de descendre prendre la collation chez lui. Ceuxci se rendaient quelquefois à ses pressantes sollicitations pour

lui laiiv' plaisir. Eu rereuaut de la cauipag-u •, ou commeuçait par réciter le chapelet ; puis quelques houues voix eutounaient VAve Maris Ste/la que contiuuaieut tous les élèves en chœur. Après l'hymne à la Sainte Vierge, l'on chantait quelques vieux refrains du pays, et le retour s'effectuait ainsi dans la gaieté et l'agrément.

Les jours de petits congés, les exercices de l'avaut-midi étaient les mêmes que ceux des jours de classes jusqu'à neuf heures et demie. Alors il y avait une demi-heure de chant, puis une heure d'étude libre jusqu'cà onze heures. Dans l'aprèsmidi, récréation et promenade libre jusqu'à cinq heures; alors il y avait étude régulière jusqu'à six. Après la récréation du soir, il n'y avait pas dî lecture de l'histoire, et tout le mond^ allait se coucher immédiatement après la prière.

Les jours de dimanches et de fêtes, les élèves assistaient à une messe basse dite à six heures et demie pour la commodité de ceux qui désiraient faire la communion. Après la messe, ils allaient déjeuner. De sept heures et trois quarts à huit et quart, il y avait récréation ; puis trois quarts d'heure d'étude avant la grand'messe.

A l'exception du premier dimanche où les élèves assistèrent à la grand'messe et aux vêpres à l'ancienne église paroissiale, et où ils furent placés, tant bien que mal, partie au chœur, partie eu avant de la nef; ils assistèrent ensuite aux offices de la cathédrale et eurent leur place, partie au chœur, partie sur la tribune du côté de TEpitre. Plus tard, ils occupèrent aussi la tribune du côté de l'Evangile, jusqu'à l'époque où la desserte de l'église paroissiale fut transférée à la cathédrale. Alors comme il fallut mettre ces deux tribunes à l'usage des paroissiens, les élèves furent placés en avant de la grande nef et dans l'allée centrale.

Quand la grand'messe finissait à onze heures et demie ou plus tard, les élèves allaient dîner immédiatement après. Mais si elle finissait plus tôt, ils revenaient au Collège, avaient de la récréation juscju'à onze heures et quart, puis les autres exercices comme les jours ordinaires. Dans l'après-midi, il )'

avait catéchisme depuis une heure jusqu'à deux ; aîoïs les élèves allaient aux vêpres

La collation se prenait ordinairement à l'issue des vêpres et les élèves restaient en récréation jusqu'à cinq heures. Il v avait étude de cinc| heures à six et quart, puis lecture spirituelle seulement, le chapelet avait dû être dit dans le cours des exercices de la journée. Le reste du jour se passait abso-lumeut comme aux jours de classe.

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