‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 26 sur 84 · CHAPITRE QUINZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIEME

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I — Travaux des vacances.

Le premier soin de la corporatiou, aussitôt après l'ouverture des vacances, fut de s'occuper de pourvoir aux besoins toujours croissants de la communauté, et de régler tout d'abord ce cjui regardait le logement. En effet, durant l'année qui venait de s'écouler, on avait été obligé de loger quelques élèves en ville, faute de places dans les dortoirs, et ce n'avait pas été sans de graves inconvénients auxquels il était important de remédier. Du reste, la corporatiou ayant, dès l'origine, décidé de faire continuer les études aux élèves qui étaient rentrés dans la classe la plus avancée, il fallait, chaque année, disposer de nouveaux appartements pour les classes nouvelles et pour le logement des nouveaux professeurs.

D'un autre côté, il n'y avait pas que les dortoirs qui fussent devenus trop étroits, la salle d'étude elle-même avait besoin d'être agrandie et elle ne pouvait l'être qu'au détriment d'un petit dortoir.

Mais le grand obstacle que rencontrait la corporatiou à ses travaux d'amélioration et d'agrandissement, c'était que le " Platon " demeurait toujours la propriété du gouvernement militaire de la Métropole, en dépit des démarches déjà assez nombreuses qui avaient été faites pour l'acheter. Avant de commencer cette bâtisse nouvelle que l'on projetait, on résolut

de tenter de nouveaux efforts pour faire l'acquisition du " Platon " et une nouvelle correspondance s'échangea à ce sujet entre les autorités civiles et le président de la corporation du Collège. Le crédit de M. Turcotte auprès du Grouvernement était grand sans doute, mais il venait se heurter contre des influences occultes plus grandes encore. On lui fit, de nouveau, les plus belles promesses, tout en lui demandant d'attendre un temps plus favorable pour les voir s'accomplir ; et le Gouvernement, pour montrer une bonne volonté plus évidente, parut vouloir prendre connaissance de la valeur de la propriété. A cet effet, il envoya aux Trois-Rivières un officier qui avait ordre de faire un relevé exact du terrain, d'en tracer le plan et de faire rapport. Mais cet officier qui avait des instructions bien plus amples que ne l'avait demandé M. Turcotte, ne se contenta pas de prendre les mesures exactes du " Platon, " il le divisa encore en lots à bâtir, sur la rue Notre-Dame et sur le Boulevard, et il informa la corporation c^ue c'était rintentiou du Gouvernement de vendre à l'enchère chacun des lots ainsi divisés. 11 n'y avait que le lot central sur lequel se trouvaient les Casernes que le Gouvernement voulait vendre de gré à gré. C'était poser des conditions tout à fait inacceptables, et M. Turcotte vit s'évanouir à jamais son rêve favori : celui d'acheter le " Platon " à un prix nominal et d'en faire don au Collège. Il fut excessivement mortifié du mauvais tour qu'on venait de lui jouer, et il comprit à n'en plus douter, c[ue le Gouvenement était la dupe des ennemis du Collège, et que lui et ses collègues de la corporation en étaient les victimes. Il protesta eu vain contre les procédés dont on usait à son égard, et désormais toute son influence auprès du Gouvernement ne put obtenir d'autre résultat que celui de faire remettre à phis tard la vente du '' Platon. "

En présence de cette attitude du gouvernement et des besoins absolus de l'institution, la corporation décida d'éle^ ver, à peu de frais, un bâtiment de quarante-huit jiieds de loug sur vingt-quatre de large, pour servir de dortoir. Elle vota, à cette fin, les crédits nécessaires et l'entreprise fut con-

fiée à M. Pierre Lacroix, charpentier-menuisier qui, moyennant la somme de $300.00, fit exécuter ces travaux avec une diligence telle, qu'à l'ouverture des classes, tout était prêt.

Cette construction qui n'avait rien que de très simple, consistait eu un bas côté haut d'une douzaine de pieds du côté nord et d'une vingtaine de pieds du côté sud. Il joignait par une de ses faces le côté sud-est des Casernes, en sorte qu'on y avait accès par la salle de récréation.

Pour agrandir la salle d'étude, l'on prit la moitié du petit dortoir qui lui était contigue, l'autre moitié donnait une chambre assez grande pour servir de classe.

M. Panneton ayant aussi décidé de prendre son logement dans la petite chambre de l'angle est de la maison, à côté de la bibliothèque, y fit faire les réparations nécessaires ; entre autres choses, il la fit plafonner, peinturer et garnir de contrechâssis.

Telles furent les principales dispositions matérielles prises dans le cours des vacances de 1862.

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