DES PRIX
Lss épreuves de l'examen du baccalauréat eurent lieu le trois, le quatre et le cinq de juillet et furent présidés par Monsieur l'abbé A. Thérieu, professeur du Séminaire de Ste- Thérèse. L?s devoirs furent corrigés à Québec le douze, treiz3 et quatorze juillet suivant. L3 résultat de cette grandejout ' littéraire toujours si impatiemm3nt attendu, fut communiqué aux collèges affiliés le dix-sept. Hélas ! il ne fut pas encore de nature à encourager bien fort Mr Panneton qui se donnait une peine extrême pour préparer ses élèves. Cette fois, il avait compté bien sûrement que Mr Baril arriverait au baccalauréat, et la preuve qu'il ne se faisait pas tout à fait illusion sur la capacité de son élève, c'est que le verdict des divers jurys le j^laçait au deuxième rang sur le tableau général du concours. Mais Mr Baril n'avait conservé que 89,9, tandis que le prem ier concurrents, qui était un élève de Québec, en avait gardé 100,4. Quand donc Mr le directeur vit qu'un travail aussi conscientieux, aussi persévérant et aussi intelligent que l'avait été celui de Mr Baril, ne pouvait être couronné de succès, il perdit à jamais tout espoir de faire constater le mérite et la capacité de ses élèves par l'obtention des titres universitaires.
Cependant il se consola encore de ce revers, en voyant que le petit Collège des Trois-Eivières tenait un rang honorable sur le tableau général. S'il eut examiné avec plus de soin les succès moyens des différentes institutions, il aurait été fier de son Collège et il aurait constaté que Québec, tout en x:)laçant un de ses nombrevix candidats au premier rang, passait au troisième, pour la moyenne générale des suc-
ces. Sous ce rapport, les institutions se classaient dans Tordre suivant :
Au 1er rang, Ste-Anne, avec huit concurrents, moyenne de 70,7. Au 2e rang. Les Trois-Eivières avec quatre candidats " 69,4, Au 3e rang, Québec avec vingt-deux " " 65,8,
Au 4e rang, Ste-Thérèse avec douze " " 61,8-
Au 5e rang, Nicolet avec cinq " " 53,0,
Au 6e rang un individu de Sorel.
La moyenne générale sur 52 concurrents se trouvait être de 64,1. C'était 5.3 au-dessous de la moyenne des Trois-Eivières et 11 1 au-dessus de celle de Nicolet. Or, comme la rivalité entre ces deux maisons ramenait naturellement entre elles des termes de comparaison, ce résultat tout à fait satisfaisait étant de nature à énorg'ueillir un peu les directeurs du Collège des Trois-Rivières, bien qu'ils eussent désiré l'avoir encore meilleur.
Pendant que les rhétoriciens subissaient les épreuves du baccalauréat, les élèves des autres classes passaient leurs examens du second semestre et M. le directeur, prenant pour Toccasion le titre ou plutôt la charge de préfet des études, se faisait rendre un compte très exact des connaissances de chacun, et il s" assurait si chaque élève avait acquis le niveau suffisant pour passer à la classe supérieure.
Le 10 juillet, tous les travaux scolaires étaient terminésc'était le jour des récomi>enses, c'était le temps du repos légitimement mérité, c'était l'ouverture des vacances. Comme les années précédentes, l'année académique fut close par une séance littéraire, dramatique et musicale qui fut donnée à la salle de récréation du Collège, et à laquelle un nombre restreint et privilégié d'auditeurs furent seul» admis, à causede l'exiguité du local.
Pour faire connaître le programme de cette séance, je laisse la parole au " Journal de» Trois- Itivières. ''
" Lundi dernier, avait lieu la distribution solennelle des- ' prix décernés aux élèves du Collège des Trois-llivières. Lit
"' seAU \^ (louué.^ à ct'tt.», occasion et à laqucllo une bieuveil- " lanto iiivitatiou nous pormv'ttait d'assister, a été des plus " maguiiiques. L) discours d'ouverture fut prononcé par M. " Em. Gruilbert. Quatre élevées de Rhétorique s« disputèrent " ensuite vivement la palme de l'éloquence que remporta M. " H. Baril. Une petite pièce tragique, Raymond revient an '' chridiankine quitavait abandonné^ fut bien joué. Los deux " acteurs principaux étaient MM. J. Cooke et Elp. Godin.
" Le discours prononcé par M. E. Dupont, élève en philo- " Sophie sur " L'accord de la Philowphieavec la Religion " a été très " bien senti. Pour notre part, nous avons admiré la manière '' habile avec laquelle cet élève a développé un sujet aussi " sérieux. Nous avons été frappé des connaissances philoso- " phiques dont ce jeune élève nous a donné alors une preuve " éclatante. La solidité des pensées, la vigueur du raisoune- " meut, la beauté de la diction se trouvaient à un haut degré " dans ce discours qui fut fortement applaudi.
" On joua ensuite le premier acte de la " Comédie de Pour- " ceauignac. " Les acteurs de cette pièce firent passer de joyeux " moments à l'auditoire dont les éclats de rire furent souvent " répétés.
" La musique et le chant ont aussi eu une large part dans " la séance. Plusieurs morceaux montagnards très bien exécu- " tés, ont ravi l'admiration des amateurs. "
N. B. — La société de musique instrumentale se composait d'un petit orchestre qui exécuta, entr'autres morceaux, Voaverture de Tancrède par Rossini. Les chants montagnards auxquels on vient de faire allusion étaient : "La citasse aux Isards'" et ''Le camd du midi. " Le premier morceau fut si heureusement rendu qu'il mérita les honneurs du rappel !
" On remarquait parmi les assistants Sa G-raudeur Mgr " Cooke, Mess, les grands vicaires C. O. Carou et L. Laflèche *' et plusieurs autres membres du clergé venus des paroisses " environnantes.
" Nous ne saurions trop louer le zèle et l'activité que
" déployent les directeurs de cette institutiou daus la noble " mais rude tâche cjui leur est confiée. Les succès nombreux " et brillants de cette maison d'éducation fondée, il n'y a " encore que quelques années, témoignent hautement de leur " dévouement ainsi c[ue des sacrifices Cju'ils s'imposent, pour " procurer le pain de la science et de la vertu, à la jeunesse " qui fréquente cette institution. ''
Lorsque fut an*ivé le temps de la distribution des couronnes, les principaux lauréats appelés furent : en Philosophie MM. E. Dupont, Em. Gruilbert et U. Tessier, en Mathématiques MM. Em. Guilbert et E. Godin, en Rhétorique MM. H. Baril et F. X. Gauthier, en Belles-Lettres MM. 01. Nault et Joseph Hamel, en Troisième F. X. Cloutier et Gr. Pager, en Méthode, Edm. Grenier et P. McLeod, en Syntaxe Léopold St- Arnaud et Ph. Cormier, en Eléments Kichard Cooke et Nap. H. Beaulieu.
A cette liste de noms, il faudrait encore ajouter ceux de A'ingt-sept autres élèves qui avaient mérité diiférents prix et dix-sept qui avaient obtenu des mentions honorables seulement. Ce qui portait à soixante le nombre des élèves dont les journaux allaient faire connaître le succès à toutes les familles intéressées.
La séance fut close par le chant patriotique " Canadiens ^mitons nos pères, " et ce fut sur cet air-là que les élèves entrèrent en vacance.