APPRÉCIATION GÊNÉE AI/E DE L'ANNÉE
Au point de vue moral et intellecttiel, il n'y a rien à ajouter aux commentaires que nous ayons déjà faits sur l'exa^^ men du baccalauréat, ni aux paroles de M. le supérieur à la lin de la séance de distribution des prix.
Les élèves sortis dans le cotirs et à la fiïi de l'année IBôô" 6Q avaient été très nombreux ; car le chiffre des anciens avait été porté de 126 à 178, c'est-à-dire, que cinquante-deux élèves avaient quitté la maison pour vingt ou trente raisons diffé-' rentes. Les uns, par manque de moyens matériels, d'autres, par défaut de moyens intellectuels, quelques-uns par manque de confiance en l'avenir de la maison, deux ou trois pour n'avoir plus à subir la règle du Collège, celui-ci par inconstance, celui-là par découragement, plusieurs pour commencer l'étude d'une profession, et parmi ces derniers les uns étudient la Théologie, ce sont MM. Dupont, Uld. Tessier, E. Grodin et .T. Cooke ; les autres passent brevet pour la médecine, ce sont A. Dame, Jules Hardy et Gr. Turcotte ; pour le droit, C. Dumoulin, F. X. Gauthier et A. Dessaint ; pour le notériat, N. Gélinas et Em. Duval. D'autres enfin pour se livrer au commerce, à l'agriculture, à l'industrie, etc., etc.
Les 52 élèves sortis avaient réduit à 75 le nombre des anciens auxquels vinrent s'adjoindre 30 nouveaux, ce qui porta à 105 le nombre des enfants qui fréquentèrent le Collège *;ette année. Ils étaient répartis dans les classes comm*^ suit :
ini Philosophie 13, on Khétorique 8, en Belles-Lettres «, aW Versification 9, en Méthode 11, en Syntaxe 14, en Eléments 16, au Cours commercial 26.
Il y avait 12 pensionnaires, *7'5 quart-pensionnaires et 18 externes. De la ville 47, du Bas-Canada 55, des Etats-Unis 3. Les recettes de l'année s'élèvent à la somme de ^4.266.00 dont $0<jO par l'allocation du gouvernement ; les dépenses à 14.950.00, laissant un déficit de $684, qui cependant fut couvert par les $667.67 payées au mois de mars par la Corporation de la ville. Eu sorte que la dette passive demeura à peu près dans la même état que l'année précédente, c'est-à-dire, au montant de $2.900.00.
Ce résultat acheva de déconcerter M. Héroux qui s'était attendu à quelc[ue chose de mieux. Plein de dégoût et d'ennui en face d'une situation financière que les plus grands sacrifices ne pouvaient améliorer, il rrsolut de quitter le Collège, craignant sans doute que l'opinion publique ne finit par le rendre responsable d'une administration à laquelle il apportait tous les soins possibles, sans pouvoir contrôler l'excès des dépenses sur le revenu. Il demanda donc de l'emploi dans le ministère, et Mgr Cooke lui ayant offert la nouvelle cure de Ste-Victoire, il l'accepta avec plaisir et il en ï)rit possession un mois après la rentrée des classes.
Bien qu'on ait eu à enregistrer plusieurs faits malheureux dans le cours de cette année, comme la mort prématurée de plusieurs élèves, les maladies successives de M. Panneton et de M. Héroux, les embarras et les inquiétudes du commeu' cément de l'année et le départ final de M. Héroux ; malgré tout, cette année avait été favorable, car elle avait vu s'accomplir deux graves événements dont les conséquences de* valent être de la plus haute importance pour le Collège des Trois-Rivières. Le premier de ces événements fut la fameuse résolution du Conseil de ville accordant un octroi de deux mille piastres à l'institution, le second fut l'élévation de M. le grand vicaire LaFlèche à la dignité épiscopale, avec droit de succession sur le siège des Trois-Rivières. Ces deux faits
mis en regai-d l'un de l'autre, nous dévoilent les plans de la Divine Providence dans le soin qu'elle prenait du Collège. En effet, l'élévation prochaine de Mgr LaFlèche sur le siège épiscopal des Trois-Rivières allait remettre entre ses mains, les destinées d'une institution à laquelle il était loin d'être sympathique, et quelle serait l'attitude que prendrait à l'égard du Collège le successeur de Mgr Cooke ? c'était encore le secret de l'avenir. Mais, après la manifestation si éclatante des sentiments de la population trifluvienne qui ne reculait devant aucun sacrifice pour assurer l'existence de son collège, le futur titulaire du diocèse dut comprendre qu'il lui faudrait compter avec cette force de l'opinion publique de la portion la plus importante de son troupeau, de celle à laquelle il devait ses soins immédiats.