‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 47 sur 84 · APPRÉCIATION GÉNÉRALE DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION GÉNÉRALE DE L'ANNÉE

L'affaire capitale qui fut l'objet des constants efforts de TOUS les intéressés à l'œuvre du Collège, durant l'année qui venait de s'écouler, fut l'amélioration de la position financière par la pratique de la plus stricte économie. C'est ce but que visaient les directeurs et les professeurs quand ils consentirent à donner à la maison une plus grande somme de services, tout en réduisant le chiffre déjà si modique de leurs honoraires. C'est aussi la seule raison plausible qui puisse ex]3liquer le départ de M. Héroux. Quelques graves motifs qu'eut d'ailleurs ce digne prêtre de quitter le Collège, il n'y a pas de doute qu'il devait y être fortement attaché, après y avoir travaillé aussi longtemps et ce dut être pour lui un sacrifice pénible que de briser les liens qui l'y retenaient. On a vu, il est vrai, qu'il avait rencontré des épreuves et des déboires dans l'administration des finances de la maison, et quelquefois aussi dans ses rapports avec ses confrères ; mais il avait trop de vertu pour ne pas oublier bien vite ces désagréments ou pour ne pas supporter ceux qu'il pourrait rencontrer encore en restant au Collège. Ce ne fut donc que pour économiser la pension et les honoraires d'un prêtre que M. Panneton avait consenti au départ de M. Héroux.

Mais ce fut un acte de mauvaise politique pour M. Panneton, car le surcroît de travail qu'il dut s'imposer pour suppléer au défaut de son collègue, acheva de ruiner sa santé ; et quand arrivèrent les vacances, il fut obligé de prendre un

repos absolu et de remettre toute radmiuistratiou de la maison aux mains de son jeune confrère, M. Richard C'était une nouvelle épreuve que subissait le Collège des Trois-Rivières, et )a plus grande peut-être Cju'il ait jamais rencontrée dans tout le cours de son existence.

Cependant tant d'efforts et de sacrifices, faits pour améliorer les finances de la maison, méritaient d'être couronnés de succès. C'est en elFet ce que constate le rapport officiel de la corporation au Surintendant de l'Instruction Publique, juillet

" Nous ferons remarquer que. cette année, les finances de " notre institution ont repris une meilleure tournure, grâce " aux nombreux sacrifices que se sont imposés tous les supé- ^' rieurs et professeurs, ainsi Cjue bon nombre de citoyens de

" la cité et de la banlieue des Trois-Rivières"

(Signé) a. S. Badeaux, M. D. Président de la C. C. T.-R Sev. Dumoulin, Secrétaire.

Ls. Richard, Ptre., Directeur-

L' achat de la ferme" Baruard " était aussi un de ses actes importants qui devaient avant peu changer entièrement la position financière de l'institution. Sans doute que, tant que le prix d'achat n'aura pas été versé entre les mains des vendeurs, ce sera une nouvelle charge ajoutée à toutes celles c[ui pèsent déjà sur la maison ; mais au moins cette dernière dette est représentée par un équivalent qui devra nécessairement augmenter de valeur entre les mains de la corporation du Collège. En efî*et, l'on ne tarda pas à constater que cet achat avait été fait en temps opportun. Deux ans plus tard, et avant qu'il fût cj[uestion de bâtir le Collège à cet endroit, la propriété avait déjà doublée de valeur, et l'on offrait la somme de 15000.00 pour les trente acres situés au nord-est de la rue de.-^ Champs.

" Le Journal de l'Instruction Publique " mis eu demeure d'apprécier le Collège des Trois-Rivières avait, quelques mois auparavant, loué celui-ci en termes flatteurs de ses succès obtenus au concours du baccalauréat.

EgaL^ment un correspondant du " Journal de Québec ^"^ avait aussi donné une appréciation fort élogieuse de notre institution et des fruits qu'elle avait déjà produits, en constatant que la presque totalité des professeurs étaient maintenant des élèves de la maison. Mais ces fruits apparaissent avec plus d'évidence encore si l'on considère les diverses professions libérales auxquelles commencent à arriver avec les plus brillantes espérances, plusieurs anciens élèves.

Le nombre de ces derniers avant l'année scolaire courante avait été porté de 1*78 à 212, c'est-à-dire que durant le cours de l'année 66-67 trente-quatre élèves étaient allés grossir les rangs des anciens : comme aspirants au sacerdoce MM. PI. Baril et Aug. Duval, à la médecine MM. Adolphe Lemire, Georges Jacques Duhault et Oliva Camirand, au droit MM. Pli. Gruillet, Jos. Hamel et Narc. Martel, au notariat M. Oct. Gruillet.

Les autres pour la plupart sortis des basses classes cherchaient à f^e faire une position soit dans l'agriculture, soit dans l'industrie, soit dans le commerce.

Cent treize élèves s'étaient fait inscrire au livre d'entrée du Collège pour l'année 1867-68. Soixante et onze anciens et quarante-deux nouveaux. Ils étaient répartis dans les classes comme suit : finissants 5, commençants 6, rhétoriciens 7, humanistes 11, étudiants en Versification, 12, eu Méthode 9, en Syntaxe 16, en Eléments 15, au Cours Commercial 32.

Il n'y eut que 15 pensionnaires et 17 externes ; les 81 autres étaient quart-pensionnaires.

Quarante-trois avaient leurs parents résidant en ville, soixante et sept demeuraient ailleurs dans la Province de Québec. Il n'y en eut qu'un seul du Haut-Canada et deux des Etats-Unis. • Tous ces jeunes gens professaient la religion catholique.

L'état financier de la maison est signalé dans le rapport au Surintendant par les chiffres suivants : dépenses $4000.00.

recettes ^4.500.00, dettes passives |1.300.00. Par où l'on voit qu'il s'était produit une amélioration considérable dans cette branche d'administration. Pour la première fois, on exprime dans ce rapport, l'avis qu'il est opportun et que l'on projette de bâtir une maison capable de recevoir 250 à 300 élèves. A cet effet, l'on demande d'avoir une plus large part dans les octrois accordés pour l'encouragement de l'éducation classique et commerciale.

Cependant malgré toutes les légitimes espérances que commençait à nourrir le Collège des Trois-Rivières, il regardait encore l'avenir avec des craintes sérieuses que justifiait, jusqu'à un certain point, l'attitude toujours pleine de réserve de Mgr d'Anthédon à son égard. Toutefois, jusc[u'à la fin de l'année scolaire 1868, Mgr Laflèclie n'avait absolument rien fait qui pût froisser nos amis ; quand alors, il s'engagea, sans arrière-pensée bien assurément, dans une démarche qui devait extraordinairement contrister tous les membres de la communauté trifiuvienne, surtout les directeurs et les membres de la corporation. Sans prévoir les consécjuences que pourrait avoir son absence de la ville épiscopale le jour de la distribution des prix au Collège, il s'était engagé à aller confirmer, ce jour-là même, quelques jeunes élèves du Séminaire de Nicolet. Ensuite, ne voulant plus manquer à la parole donnée, il partit pour Nicolet la veille même de notre séance, malgré les instances de M. Panneton et des prêtres de l'évèché qui x^oulaient le retenir, malgré le désir de Mgr Cooke auquel l'âge et les infirmités ne permettaient plus guère d'assister à de longues séances et qui aurait voulu se faire remplacer par son coadjuteur à celle qui devait avoir lieu le lendemain.

Malheureusement l'absence de Mgr Laflèche de la séance du Collège des Trois-llivières fut aussitôt remarquée et commentée d'une manière tout à fait défavorable à l'institution. Beaucoup de personnes, ignorant les raisons qu'avait eu Sa Grrandei^r d'en agir ainsi et ne considérant que le fait matériel de son absence, en cette solennelle circonstance, regardèrent son abstention comme un acte assez significatif d'hosti-

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lité, et lo sentiment public des citoyens des Trois- Ri aM ères en l'ut grandement froissé Le chagrin qu'en éprouva M. Panneton lui porta au cœur une blessure qui n'a pas peu contribu»' à augmenter le mal physique dont il soutirait déjà depuis longtemi)s ; ce qui le détermina à aller chercher loin des Ïrois-Kivières un peu de calme et de repos.

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