VI. — Janvier
Pour des raisons qui regardaient plus particulièrement les professeurs, les élèves trifiuviens obtinrent, cette année encore, le privilège d'aller passer le jour du nouvel an au foyer paternel. Le congé s'ouvrit le vendredi midi et devait finir le lundi soir; mais les obstacles ou les inconvénients que nous avons déjà signalés et qui entravaient souvent le retour se répétèrent cette fois avec une telle force que près de la
moitié des élèves manquait à l'heure marquée pour la rentrée. Ce no fut que sept ou huit jours plus tard que les classes entièremeiit recomposées ]ourent se remettre sérieusement à l'ouvrage. M. Richard, en sa qualité de préfet, dut prendre de nouvelles et sérieuses résolutions pour l'avenir. Cependant les effets de ces dérangements sur les examens du premier semestre, ne furent pas aussi désastreux qu'il l'avait craint d'abord. Voici la moyenne donnée pour chacune des classes : les deux divisions de la Philosophie très-bien ; la Rhétorique bien, les Belles-Lettres très-bien, la Yersilication, très-bien, la Méthode bien, la Syntaxe très-bien, les Eléments bien, les trois divisions du Cours commercial bien. Somme toute, l'examen se trouvait " BON. "
La Provid^mce Cjui protégeait toujours si visiblement le Collège des Trois-Rivières ne laissait pas de lui envoyer des épreuves assez fréquentes. Ainsi le 7 janvier, un incendie dont on ne put découvrir la cause, consuma entièrement notre maison de la ferme, alors occupée par M. le Rrgistrateur L. Gr. Duval. Cette propriété valait plus d'un millier de piastres. Elle avait même été assuré*' pour $1,300.00 ; mais une informalité dans le règlement de la police priva la corporation de son droit de recours contre la compagnie d'assurance, malgré les efforts Cjuc fit pour cela M. T. E. Normand, membre de la corporation. Cet accident et la perte sèche qui s'en suivit pour le Collège, furent particulièrement sensibles à M. Baillargeon et à M. Richard et ils en éprouvèrent beaucoup de chagrin.
Les exercices du grand jubilé accordé ii raison du Concile du Vatican eurent lieu aux Trois-Rivières, au commencement de janvier, du 9 au 18. Ils furent prêches par le Rev. P. Braun de la Compagnie de Jésus, lec[uel fit d'^ fort remarquables sermons sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat, sur les droits et sur les devoirs des deux sociétés.
Les élèves du Collège suivirent ces exercices avec beaucoup d'intérêt et avec grand profit pour leur instruction reli- U'ieuse.
YTT" Ordinations de MM. Dupont .v Tessier.
L.^ mois cil? mars out, à son tour, ses grands et petits évén^'m^^nts. Ceux que doit consigner l'histoire du Collège sont les ordinations de MM. P. E. Dupont, Uld. Tessier et J. l'ooke, faites à S( -Hyacinthe, par Sa Grandeur Monseigneur Joseph L'iroeque qui, à cause de ses infirmités, n'avait pu se rendre au Concile, mais qui pouvait encore servir rKglis;.' du Canada, en lui donnant de nouveaux prêtres. M. Dupont reçut successivement les trois ordres sacrés du sous-diaconat, du diaconat et de la prêtrise. M. Tessier fut fait prêtre et M. Cooke sous-diacre d'abord, puis diacre.
L'ordination des d mx prêtres eut lieu le 20 mars, dans la petite chapelle du monastère du Précieux Sang. Le jour, le lieu, l'évêque célébrant, les lévites s'ofFrant à l'immolation ; <|ue de circonstances mystérieuses s'unissaient ensemble, pour donner à cette cérémonie un cachet particulier d'imposante grandeur et de touchant souvenir. C'était le jour de la solennité de la fête de St-Joseph, ce glorieux patron de l'Eglise du Canada et de notre humble institution, avant même qu'il fut donné pour protecteur à l'EglisQ universelle. C'était dans une humble chapelle dédiée au Précieux Sang que ces deux nouveaux lévites allaient recevoir le pouvoir divin de changer le vin au Précieux Sang de Jésus-Christ. C'était un vénérable prélat portant le nom de S. Joseph • mais dont les vertus humbles et cachées rappelaient encore mieux celles de son Saint Patron. Enfin c'étaient deux enfants du Collège St- Joseph qui allaient être ordonnés par Joseph, en la solennité de St-Joseph ! !
L'évêque, assisté de M. le grand vicaire Moreau et de M. Richard, accomplit avec une angélique piété tous les rites de la Sainte Eglise, et l'assistance, composée de quelcjues personnes privilégiées et des saintes filles de la sœur Caouette, semblables dans leur blanc costume, à des anges prosternés en adoration au pied de l'autel, fut fort édifiée de toutes ces cérémonies de l'ordination des prêtres.
VIII — Fête de M. Paxxetox.
A raison de ces ordinations qui avaient né:essité l'absence de M. Richard et de ses denx nouveaux confrères, la fête patronale de M. Panneton avait été remise an mercredi suivant. Elle fut donc chômée le 2'6, par une séance dramatique et musicale à laquelle assistèrent M. FAdministrateur, les prêtres de l'évêché, plusieurs curés voisins, quelcjues-uns des principaux citoj^ens de la ville et grand nombre d'anciens élèves qui étaient venus présenter leurs hommages à leur ancien directeur.
M. Ulric Barthe vint, tout d'abord, dans un discours d'ouverture exprimer à M. Panneton, au nom de toute la communauté, ses sentiments d'affection, de reconnaissance et de vénération, et les vœux qu'il formait pour le rétablissement de sa santé, etc. Cette adresse fut aussitôt suivie d'une cantate de circonstance pendant l'exécution de laquelle un élève vint présenter à M. le Supérieur un magnique bouquet d'immortelles. Mais la pièce de résistance de cette soirée était le drame de " r Expiation " qui fut fort bien exécuté. Les acteurs en o'énéral furent heureux dans la rej)résentation de leurs personnages. Robert par F. Valentine, Lorédan par P. McLeod, Flavy par Richard Cooke, Rinaldi par A. Olivier, Gérard par L St-Arnaud, Beppo par 01. Savoie.
Après l'exé -ution de ce drame qui intéressa beaucoup l'auditoire, on joua une petite comédie qui dérida tou.tes les fio-urcs. MM. Allard et Jacques s'acquittèrent de leurs rôles à merveille. Le chant pendant les cntr'actes a été superbe et bien goûté.
Le lendemain, pendant que les élèves prenaient leurs ébats dans un joyeux congé, les prêtres présents eu ville étaient conviés à un grand dîner, donné au Collège en l'honneur de M. le Supérieur. Tous se firent un devoir d'y assister, voulant par là donner à M. Panneton un nouveau témoignage de sympathie et de fraternelle amitié.
Nous avons déjà dit que la vie des sociétés comme cell<
tles individus n'est qu'une alternative de beaux et de mauvais jours, de grandes joies toujours voisines de profondes tristesses, de brillants succès bien souvent suivis d'aflreux revers. Le récit des événemc^its qui vont suivre, va nous offrir de nouveau ces contrastes frappants et subits qui laissent dans rame les impressions les plus opposées.
IX — Grand incendie du moulin des américains.
Le premier jour du mois d'avril, vers dix heures du soir, au moment où la communauté entrait dans ce calme et ce silence profond de la nuit, tout à coup, le son du tocsin et en même temps une lueur sinistre s'élevaut du côté est de la ville, annonçait à tous les citoyens un épouvantable malheur. En un clin cl'œil, les cris : ''aufev, au feu " avaient mis toute la ville en émoi et l'on ne tarda pas à apprendre que l'incendie s'était déclaré dans une des bâtisses attenantes aux immenses scieries de la compagnie américaine, que déjà l'un des moulins était tout eu feu et que l'élément destructeur, poussé par un fort vent du nord-est, menaçait toute la ville. Au premier signal, les trois compagnies de pompiers s'étaient rendues sur le théâtre du sinistre ; mais les flammes et la fumée poussées violemment du côté où les pompiers pouvaient agir, rendaient leur action impuissante. Bientôt le feu se communiqua aux grandes piles de bois scié Cjiii couvraient plus de vingt arpents en superficie, et il s'y propagea avec une effrayante rapidité. Alors les flammes acquirent une telle intensité et s'élevèrent à une si grande hauteur, qu'elles furent vues à plus de quinze lieues à la ronde. De cet immense brasier, montaient en tourbillonnant de véritables nuages de tisons ardents qui s'abattaient sur la ville en véritable pluie de feu, menaçant de tout détruire. Le feu fut porté à plus d'un mille de distance sur la rue St-Philipi^e et sur la rue Notre-Dame où des commencements d'incendie furent heureusement arrêtés. Chaque propriétaire dut veiller à la protection de sa maison. Mais ce fut surtout au couvent des Dames Ursulines que le danger fut plus considérable et
les coinmencenieuts d'incendie plus souvent répétés. Ce ue fut que grâce à l'opportunité des secours, s'il a pu être sauvé.
Mr Richard, comme tous les professeurs du Collège, libres de la surveillance des élères, était accouru au lieu du sinistre, pour se rendre compte par lui-même de ses effets destructeurs et pour porter secours aux malheureuses victimes de l'incendie. Mais bientôt, craignant pour le Collège lui-même, il revint en toute hâte aposter des gardiens pour veiller sur cette pluie de feu qui tombait sur la maison et bien lui en prit de cette mesure de précaution, car ses sentinelles eurent plusieurs fois à éteindre des tisons c[ui auraient pu mettre le feu.
Pendant six heures durant, cet immense brasier éclaira la ville et les environs et tint sous le coup d'alarmes continuelles tous les citoyens de la ville et la plupart des écoliers qui n'avaient pu fermer l'œil de la nuit. Ce ne fut que vers le matin que l'on cessa de craindre, au moins pour les édifices un peu éloignés. Jamais les témoins de cet épouvantable incendie n'oublieront les teiTeurs cju'il leur a causées durant toute cette longue nuit.
X — Akiiivée des zouaves.
Six jours plus tard, un événement d'un autre genre devait causer en ville un émoi aussi considérable et mettre de nouveau sur pied toute la population. C'était l'arrivée de nos zouaves, de ces généreux défenseurs du trône pontifical, qui provocjuait cet enthousiasme, ces transports et cet émoi. La ])lume est impuissante à redire la grandeur et la variété des émotions occasionnées par cette démonstration vraiment grandiose. Essayons cependant d'en noter les traits les plus saillants.
Dès neuf heures du matin, un grand nombre de citoyens s'étaient rendus sur les quais, attendant le départ du " Ste- Anne " et du " Doré" qui devaient les conduire à la station Doucet au devant des braves voyageurs. A dix heures, ces deux bateaux, décorés de drapeaux laissaient la ville, ayant à leur bord la fanfare du Collège et une compagnie de volon-
taires sous h'S ordres du capitaine Ikireaii. D'jux ou trois airs de musique, exécutés avec eutraiu, augrneutèreut eucore l'euihousiasiTK? général. Arrivé de l'autre coté, on se rendit immédiateniLUit à la gare où de cordiales poignées de mains lurent échangées avec ces bous zouaves que les volontaires saluaient par la décharge de leurs armes. Au retour des bateaux en ville, il y avait une foule extraordinaire sur les quais, sur le boulevivrd et dans la rue du Platon. Un enthousiasme général régnait dans cette foule qui se pressait aux abords des A^aisseaux. La fanfare faisait retentir l'air de ses joyeux pan redonblés, l'association militaire du Collège répondait aux décharges de la compagnie des volontaires, toutes les cloches de la ville envoyaient au loin leurs joyeuses volées. Dans la foule, sur les balcons, aux fenêtres des maisons, les dames agitaient leurs mouchoirs, de chaleureux vivats sortaient de toutes les poitrines.
Ce fut au milieu de ces acclamations triomphales que les zouaves furent conduits à la cathédrale où des adresses leur furent présentées par le maire de la ville et les élèves du Collège. M. Ls. Grarceau, un des zouaves, répondit à ces deux adresses avec beaucoup d'émotion. Les sympathies qui leur étaient manifestées, produisaient sur eux une impression profonde cju'il était facile de lire sur leurs figures. La cathédrale était parée comme en ses plus brillants jours de fête. Des inscriptions appropriées à la circonstance, ajoutaient encore à la beauté des lignes, à la majesté de l'édifice, à la richesse de la décoration. Un chant, composé pour la circonstance fut alors exécuté par le chœur des élèves avec un entrain et une harmonie parfaitement en ra^^port avec les émotions de ce jour.
Mais la partie la plus importante de cette démonstration fut sans contredit, l'allocution prononcée à la cathédrale par M. l'administrateur du diocèse, le grand vicaire C. 0. Caron. Il nous est donné bien rarement d'entendre plus beau morceau d'éloquence. Le tout fut couronné par le chant sublime du " Te Deum " qui, dans ces circonstances de grande allé-
gresse, semble être encore plus divin dans son inspiration, plus ravissant dans sa relig-ieuse mélodie.
Dix jours après cette triomphale réception, le jour de Pâques même, Epi]3 liane Dussault, l'nn de ces vaillants soldats du pape, entrait dans un autre corps de milice qui, celui-là, reste toujours au service de F Eglise. Il échangeait le costume du zouave contre l'habit ecclésiastique et retournait à son cher Collège des Trois-Ri vières, en qualité de second régent.
XI — Mort de Mgr Cooke. — Sa biographie.
Enfin le mois d'avril commencé dans les épouvantes d'un effroyable incendie, devait se terminer dans le deuil et les tristesses de la mort. Li samedi, 30 avril, à 5 heures du soir, le diocèse des Trois-Rivières perdait son premier pasteur ; la ville son guide et son père depuis trente-cinq ans, le Collège son fondateur et son bienfaiteur. Mgr Cooke, courbé sous le poids des années et épuisé par les innombrables travaux d'un long et laborieux apostolat, voyant sa forte santé décliner rapidement avait, dès le mois d'avril de l'année précédente, remis l'administration du diocèse à son coadjuteur, Mgr d'Anthédon. Les amis de Sa G-randeur avaient espéré que cette démarche, en lui enlevant tous les soucis de la direction pastorale, prolongerait sa précieuse existence et lui assurerait une heureuse vieillesse. Mais la Divine Providence, dans sa Souveraine Sagesse, jugea l'heure du repos arrivé pour ce vaillant soldat, ce bon pasteur, ce prince estimé et honoré de l'Eglise du Canada.
La mort de Mgr Cooke fut un deuil général jwur la ville, pour le diocèse, pour toute la province de Québec. On eu vit la preuve dans les démonstrations auxquelles ses funérailles donnèrent lieu. La foule immenst\ les décorations des rues, la musique funèbre, le chant lugubre, le deuil de la cathédrale, tout prenait une voix pour exprimer les regrets du troupeau fidèle, et pleurer la mort d'un père bien-aimé. Ce fut au milievi de cette pompe funèbre, comme il ne fut
jamais doniié à la ville d'en conteinpler de semblables, que se firent la translation des restes mortels de Mgr Cooke, de révôclié à la eathédrale. mercredi après-midi, quatre mai, et ses obsèques, le lendemain matin.
Il est vrai que l'absence des évoques qui se trouvaient tous alors au concile du Vatican, créait un grand vide, dans cette démonstration laite à la mémoire d'un illustre prince de l'Eglise ; mais le clergé inférieur avait voulu suppléer par le nombre à l'absence des chefs.
Tous les administrateurs des divers diocèses de la Province de Québec assistaient avec plus de 50 prêtres appartenant aux diocèses étrangers et 80 au moins du diocèse des Trois-Rivières. Le service fut chanté par Mr le Gd Vie. Cazeau, administrateur de l'archidiocèse, assisté du Supérieur du Collège de l'Assomption, Mr Dorval, et du Sup. du Sém. de Nicolet, Mr Beilemare. L'oraison funèbre devait être faite par Mgr de Birtlia ; mais ses infirmités ne lui permirent pas de venir. Force fut à Mr l'administrateur du diocèse'le Très- .Rév. C. 0. Caron, d'adresser lui-même la parole à cette foule immense qui encombrait les trois nefs de la cathédrale.
Les cinq absoutes furent chantées respectivement par Mess, les administrateurs des diocèses de Rimouski, de St- Hyacinthe, de Montréal, des Trois-Rivières et de Québec.
Mgr Cooke ayant joué, dans l'œuvre de la fondation et de l'existence du Collège des Trois-Rivières, un rôle excessivement important, il n'est que juste de consacrer ici une page à sa mémoire.
J'emprunte au "Journal des Trois-Rivières, " en T abrégeant un peu, la biographie qu'il a publiée sur la torab^ entr'ouverte de ce digne prélat.
Sa G-randeur est née à la Pointe-du-Lac le 9 février 1792 de Jean Thomas Cooke et d'Isabelle Guay. Ses parents vivaient assez modestement. Cependant, Mgr avait à peine atteint l'âge de douze ans que la maison d'école fondée à Nicolet par Mr Brassard se transformait eu 1804 en une haute
maison d'éducation. Le jeune Thomas Cooke y fut aussitôt envoyé. On sait qu'à la fête du 24 mai 1866, Sa G-randeur était le seul survivant du premier cours qui comptait aussi Sa Grandeur Mgr N. Provancher. Ce fut sous la direction de Mess. Eoupe et Raimbault que Mgr Cooke fit ses études classiques qui ne durèrent pas plus de cinq années. Immédiatement après, il embrassait l'état ecclésiastique. Il fut ordonné prêtre le 11 septembre 1814.
11 fut d'abord vicaire à St-Hyaciuthe, sous le Rév. Mr Grirouard. Ainsi on peut dire que Mgr Cooke a été le témoin oculaire des commencements de deux de nos maisons d'éducation, sans parler du Collège des Trois-Rivières.
Mgr Panet, alors évêque de Québec le prit pour son secrétaire et le fit ensuite son vicaire. Il l'envoya en 1815, à la Rivière Quelle où il demeura deux ans. En 1817, il lui confiait la lourde et laborieuse charge de desservir les missions du G-olfe et de la Baie des Chaleurs. Il résida alors à Caraquette. * Pendant six longues années il supporta gaiement toutes les fatigues que lui imposait la desserte de onze postes disséminés sur une étendue de soixante et dix lieues de côtes. Ce fut pendant son séjour dans ses missions qu'il contracta une sérieuse maladie, ayant pris par erreur une potion médicale qui faillit l'enlever. Mais les services qu'il avait déjà rendus à la Religion et à la Patrie lui méritèrent auprès de Dieu une destinée plus grande.
En 1824, il prenait la cure de St-Ambroise qu'il conserva pendant douze ans. Il desservait en même temps le village de Lorette et les missions de Valcartier. Là, comme ailleurs, il fit preuve d'une énergie, d'une activité, d'un dévouement et d'une sollicitude toute paternelle qui lui gagnèrent r affection de ses paroissiens.
Pendant ces douze années chaque dimanche il disait deux messes et faisait deux sermons. Mais ces rudes travaux ne suffisaient pas à son zèle. Il se fit le précepteur des enfants de sa paroisse, qu'il réunissait deux fois par jour au presbytère pour leur enseigner le français et le latin. Quel
bel exemple de dévouement pastoral! ComiiiMl portait intérêt au troupeau qui lui était confié ! Aussi il y fut universellement regretté, quand en» 1835, il fut obligé d'abandonner cette paroisse pour prendre la cure des Trois-Rivières avec le titre de Vicaire-Gréuéral. Ici, pendant plusieurs années, il eut à desservir, avec l'aide d'un seul assistant, outre la villi', les paroisses du Cap de la Magdeleiue, de St-Maurice et des Forges.
De 1835 à 1852, on sait le bien qu'il a opéré au milieu d<i nous. Il a été constamment le type du bon pasteur. Il avait le sentiment d'un père affectueux pour toutes ses ouailles. Son âme était sensible à toutes les misères, à toutes les infortunes. Aussi il ne tarda pas à gagner la profonde affection de ses paroissiens qui l'ont toujours grandement estimé et qui ont appris la nouvelle de sa mort avec L^ plus grand regret.
Sa Grrandeur était profondément respe.;tée par la population protestante de la ville qui lui a donné plus d'une fois des marques de grande estime et de vives sympathies.
Mgr Cooke a encore le mérite d'avoir grandement contribué à l'avancement de la cause de l'éducation en cette ville, cause à laquelle il a toujours porté le plus grand intérêt. D'abord, on doit le considérer comme le principal fondateur de l'établissement des Frères de la Doctrine Chrétienne, qui ont rendu et rendent encore de si grands services à la ville, en se dévouant à l'instruction de la jeunesse. C'est Mgr Cooke, alors grand-vicaire qui, en 1844, date de la fondation de cet établissement, se mit en communication avec le frère Aidant, provincial de l'ordre à Montréal, et fit toutes les démarches nécessaires pour obtenir des Frères aux Trois-Eivières. Il était et a toujours été président de la société d'éducation de cette ville. Pendant de longues années, il soutint cet établissement naissant de ses propres deniers, auxquels il joignait l'aumône des fidèles qu'il recueillait tous les mois, dans l'église paroissiale. Aussi les Frères lui ont-ils gardé une vive reconnaissance. Son nom est inscrit dans les annales de cette maison, comme son premier et principal bienfaiteur.
Le Collège des Trois-Rivières lui doit aussi en grande partie sou existence. C'est grâce à ses efforts, réunis à ceux de feu Thon. Jos. Ed. Turcotte, si aujourd'hui nous possédons une maison d'éducation supérieure où la jeunesse reçoit une solide, forte et brillante instruction.
En 1852, il devint nécessaire d'ériger un nouveau diocèse en Bas-Canada. Le « juin de cette année, des bulles d'érection panaient en efiet de Rome, nommant M. le Gr. V. Tlis. Cooke, évècjue des Trois-Rivières. Le 18 octobre suivant, il était sa;Té évèque par Sa Gr. l'Archevêque Turgeon c[ui était assisté des évêques de Montréal et de Tloa. Ce fut un jour de grandes rejouissances pour la ville des Trois-Rivières. Eu mai 1854, il commençait, avec le concours des citoyens et du clergé de ce diocèse, la construction de la cathédrale qui fut consacrée et livrée au culte le 29 septembre 1858. C'est un splendide monument qui perpétuera sa mémoire au milieu de nous et c[ui attestera sa grande foi et son amour de la religion.
Le 18 octobre 1864 fut encore un jour de bonheur et d'allégresse pour nous. Celui c[ui était notre pasteur depuis 29 ans, avait atteint sa cinquantième année de prêtrise, et sa douzième d'épiscopat. La célébration de cette fête attira un grand concours. li y avait sept évêques présents et au delà de 90 prêtres. Ainsi cjue le fit remarcjuer alors Mgr Baillargeou, prédicateur du jour, l'église trifluvienne était heureuse de célébrer le 50e anniversaire du sacerdoce de son premier pasteur, privilège qu'avait eu l'église de Québec, dans la personne de Mgr de Laval.
Le poids des années et des infirmités ne permettant plus à Mgr Cooke de supporter seul la lourde charge de l'épiscopat, Mgr Laflèche fut nommé son coadjuteur le 23 octobre 1866, (■uni futur â succes^ione, et consacré le 25 février 186*7. Le 12 avril 1869, il prenait en main l'administration du diocèse, la carrière de Mgr Cooke ayant été assez laborieuse et assez méritoire.
L? diocèse des Trois-Rivières a fait de grands progrès sous la sage, prudente et habile administration de Mgr Cooke.
Eu 1852, on no comptait dans le diocèse qua 5 2 prôtrcs, aujourd'hui il y on a au dolà do 120 ; Mgr Coo ke en ayant ordonné 70.
Eu 1852, le diocèse ne renfermait que 37 paroisses. Depuis cette époque 44 nouvelles ont été érigées. On voit par ces quelques chiilVes les immenses progrès qu'a faits le diocèse. Le regretté et vénérable prélat dont nous pleurons aujourd'hui la mort y a grandement contribué par sou énergie, sou activité et sou dévouement.
Telle a été, en résumé, la vie de ce vétéran du sanctuaire qui jouit maintenant au sein de Dieu de la récompense due à ses travaux si nombreux. Il emporte avec lui dans la tombe les vifs regrets de tout son troupeau qui l'aimait tant et qui était si heureux de vivre sous sa bienfaisante houlette.
Mgr Cooke possédait un caractère plein de grandeur, de dignité et de fermeté, qui convenait bien à la majesté pontificale dont il était revêtu. Son attitude noble, imposante commandait le respect et la vénération. Sou âme élevée se reflétait dans sa belle et mâle figure, couronnée depuis plusieurs années, de cheveux blancs. Ce caractère déjà si grand était encore enrichi d'une exquise sensibilité de cœur. Mgr Cooke s'impressionnait avec une facilité étonnante, l'émotion souvent le suftbquait dans ses sermons, toujours si pratiques et si pleins d'onction.
Il était x>our lui-même d'une rigidité vraiment admirable et d'une régularité exemplaire. En dehors des rudes travaux de sou ministère, ses occupations journalières étaient la prière et la lecture de l'Evangile et de la vie des Saints.
Il avait de plus une affection toute paternelle pour les jeunes enfants. Souvent, en se promenant dans les rues de cette ville, il se plaisait à les arrêter, à les questionner, à s'informer de leurs parents et jamais il ne les quittait sans leur donner une caresse amicale. Q u'il avait bien compris et qu'il mettait bien eu pratique ces paroles du Divin Maître : " Laissez venir à moi les petits enfants "!,..
Uu autre trait distinctif de Sa Grandeur dans ses momeuts de loisir, était la jovialité. Il aimait à raconter daus les récréations une foule d'anecdotes qui provoquaient toujours un rire général. Il possédait à un haut degré le talent de narrer
Ah ! le souvenir de toutes ses aimables qualités, de son dévouement, d,^ son zèle, de ses travaux, vivra longtemps dans la mémoire de son peuple qui le regrette T>rofondément.
La mort de MgT Cooke remettait entièrement aux mains de Mgr Laflèche, les destinées du Collège des Trois-Eivieres ; mais les événements de la dernière année avaient dissipé toutes les craintes, et les nombreuses marques de bienveillance que Sa Grrandeur avait montrées envers l'institution ne permettaient plus de douter de ses bonnes dispositions : l'avenir du Collège était désormais assuré. A Rome même, au milieu des graves travaux du Concile, Mgr Lalièche s'intéressait à son Collège des Trois- Rivières. Ses lettres à M. Richard en font foi.
Le mois de mai avait commencé avec le deuil de l'église triiluvienne ; il s'écoula au milieu d'une agitation continuelle et un grand malaise national, par suite des troubles du Nord- Ouest et des menaces des féniens, de vouloir envahir de nouveau le territoire canadien. A la lin, nos volontaires durent quitter la charrue et le toit paternel, pour courir à la frontière et protéger la patrie menacée. Or, ces appels " aux armei^ '' ne se iont jamais sans inquiétudes pour les familles ; et pour un pays, c'est toujours une bien cruelle nécessité que celle de s'armer pour la guerre.
Le Canada fut sauf de l'invasion fénienne ; mais il eut à subir un fléau terrible dans les intuendies qui dévastèrent d'abord la ville de Québec, puis tout le Haut-Sagaenay, à partir de St-Alphonse jusqu'à la Pointe-bleue, sur le lac St-Jean. L'incendie du faubourg St-Roch avait jeté sur le pavé douze cents familles ; les feux da Saguenay en avaient ruiné presqu'autant. Ces désastres prenaient donc les proportions de véritables calamités publiques, et les charités privées deve-
naieiit tout à iaii iiapuissaiitos pour répoudre à tant de hesoius. Illallut l'iulerveutiou du g-ouverueincut de Québec pour fouruir aux inceudiés duSagueuay les choses absolumeut nécessaires à leur subsistance.
Le trois juin, la communauté assista à une cérémoni • rare et imposante, celle de la pris^ dà possassion du siège épiscopal des Trois-Rivières, par le nouveau titulaire, Mgr Laflèche qui ne sachant pas à quelL^ épo que il pourrait revenir au Canada, avait délégué spécialement, M. le grand vicaire C. O. Caron, pour accomplir en son nom cet acte important du pasteur, prenant, de la partdj l'autorité apostoli([U3, possession de son troupeau.
XII — DÉPART DÉFINITIF DE M. PaNNETON.
Le treize juin, (jour néfaste penseraient les personnes superstitieuses qui (croient à l'influen ce maligne du nombre treize,) fut bien en réalité un jour malheureux pour le Collège des Trois-Rivières. Ce jour-là, eu eliet, M. Panneton renonçant à son titre de supérieur, remettant à son collègue tous les papiers de la maison, brisant les derniers liens qui le retenaient encore, faisait ses adieux aux élèves et aux professeurs et quittait le Collège pour n'y plus revenir.
Après deux années de repos complet, il constatait qu'il n'avait pu reprendre assez de force pour y remplir jamais aucune occupation tant soit peu fatiguante. Cependant il espérait encore pouvoir être utile à l'Eglise, dans un ministère plus actif et moins pénible. Ce dont il avait besoin avant tout, c'était d'avoir un chez soi où il put, sans crainte de gêner personne, prendre les petits soins que requérait son état de santé.
La retraite de M. Panneton fut, sans contredit, répreu.ve la plus grande que le Collège ait jamais subi même dans ses plus mauvais jours. Comme il avait toujours été l'âme de l'institution, il semblait que son départ allait porter un coup fatal au Collège, et que celui-ci ayant perdu sa tête, il ne lui restait plus à exhaler que quelques souffles de vie. Ce fut
surtout à M. Richard que cette séparatiou fut plus pénible et causa plus de regrets, soit parce qu'il pouvait, mieux que tout a,utre, apprécier la grandeur de la perte que faisait le Collège, soit parce que cette s'^paration rejetait sur ses faibles épaules une responsabilité qu'il se sentait tout à fait impuissant à porter, soit j>arce que ce départ allait le priver des conseils, des encouragements, des intimes communications d'un confrère qui fut à la fois son supérieur, son confrère et son ami. Il y eut donc alors, dans cette âme en apparence» fort stoïque, d'inexprimables déchirements auxquels il ne peut penser, encore aujourd'hui, qu'avec une poignante amertume.
Nous ne redirons pas les éloges que nous avons déjà faits du mérite de M. Panneton, (page 67 et les suivantes.) Alors, quand la corporation lui rendait un si bel hommage, il n'avait encore donné que quatre ans de sa vie au service de l'institution. Depuis, il avait doublé et plus le temps de sa sage et prudente administration ; et le Collège, sous sa direction, n'a pas cessé de marcher de progrès en progrès. Il faudrait donc plus que de vaines formules de compliment pour apprécier justement le part de mérite qui revient à M. Panneton dans l'œuvre du Collège
Au milieu des tristesses laissées dans le Collège par le départ de M. Panneton, des événements qui d'ordinaire, auraient mérité quelque attention, passèrent inaperçus. Il n'y eut pas jusqu'à la fête de M. le directeur qui ne pût se débarasser de cette ombre qui planait toujours sur le Collège et sur ses habitants. On avait hâte d'arriver aux vacances pour se donner des distractions et combattre l'ennui.
Cependant la fête de St-Jean-Baptiste fut chômée avec une grande pompe et la communauté eut la bonne fortune d'entendre ce jour-là à la cathédrale un véritable morceau d'éloquence, dans le sermon donné par M. l'abbé Colin prêtre de St-Sulpice.
XIII — Examens et distribution des prix.
Les examens du baccalauréat eurent lieu le 25-2Y-28 juin, et la correction des devoirs se fit immédiatement à Québec. 29-30 juin et 1er juillet ; en sorte que le résultat eu fut connu
dès le 2 juillet au soir. Mais nous n'avions nulle hâte de savoir l'issue d(î la lutte. Connaissant nos candidats et les désavantages particuliers qu'ils avaient encore rencontrés, par suite des derniers événements passés au Collège, nous savions d'avance que nous étions battus.
Il y eut pour l'examen des lettres, 85 candidats 'dont 84 appartenant à six Collèges savoir : Québec, Ste-Anne, Rimouski, Trois-Rivières, Nicolet et Ste-Thérèse. Il n'y eut que six bacheliers dont cinq de Québec et un de Ste-Thérèse ; deux autres élèves dont l'un de Ste-Thérèse et l'autre de Ste- Aune avaient atteint le nombre de points voulus pour bénéhcier du droit de reprise sur une Inatière. Mais si le beau côté de la médaille n'avait déjà rien de très brillant, quel devait être le revers ? Hélas ! chaque institution avait son côté faible et avait à pleurer des morts et des blessés. On en comptait quatorze de ceux-là et treize de ceux-ci. Alors on comprend que le résultat final donnait une moyenne générale bien inférieure à celle dès années précédentes. Voici toutefois l'ordre de la bataille :
Au premier rang, Québec avec 31 candidats, moyenne 74.8.
Au second rang, Ste-Thérèse avec 12 candidats, moyenne 65.7.
Au troisième rang, Nicolet avec 17 candidats.moyenne 63.7.
Au quatrième rang, Ste-Anne, avec 10 candidats moyenne 58.5.
Au cinquième rang, Trois-Rivières, avec 5 candidats, moyenne 57.5.
Au sixième rang, Rimouski avec 9 candidats, moyenne 48.5 ; la moyenne générale se trouvant seulement de 60.9.
Ce résultat n'avait cependant rien de très humiliant pour nous et pouvait après tout être qualifié de " Satisfaisant " : nous nous attendions à quelque chose de pire que cela.
Dans les autres classes, les examens du second semestre furent caractérisés comme suit : Philosophie senior, très-bien, Philosophie junior, bien, Belles-Lettres bien, Versification
satisfaisant. Méthode satisfaisant, Syntaxe bien, Eléments satisfaisant, Cours commercial satisfaisant. On voit que toutes les classes en général avaient subi une baisse clans le résultat de ces examens. C'était dû, sans doute, à plusieurs causes, Tune d'elles avait spécialement agi sur le moral des professeurs, c'était le départ de Mr Panneton, une autre se trouvait dans les distractions qu'éprouvaient un certain nombre d'élèves et peiit-être aussi les directeurs, dans les préparatifs du programme de la séance de distribution des prix.
Celle-ci eut lieu mardi matin 5 juillet. Elle fut présidée par Mr l'Administrateur autour duquel se pressaient plusieurs prêtres des diocèses étrangers et une trentaine de ce diocèse. Tous étaient venus témoigner de l'intérêt qu'ils portaient à notre maison.
La séance fut ouverte, comme toujours, par une adresse de bienvenue à l'auditoire, dans laqiielle un élève s'est fait l'interprète des sentiments de tous ses confrères. Immédiatement après le discours d'ouverture vint la représentation de la tragédie qui a pour titre " Fertuindo ou //ne Journée dans les Ast/iriea. " Cette pièce toute palpitante d'intérêt fut fort bien jouée. Nous ne voulons pas faire l'appréciation du mérite d'un chacun ; mais nous devons dire qu'en général les acteurs ont bien saisi l'esprit de leur rôle et l'ont bien rendu.
Après la pièce, vint un morceau de chaut intitulé : " Sérénade au Kre/nlin.'" Les élèves se sont rendus maîtres des difficultés de ce morceau et ils l'ont chanté d'une manière qui leur fait honneur. Voici maintenant le moment solennel de la distribution des récomJ)enses. Chacun va recevoir ce que lui ont mérité sou travail, sa persévérance et sa bonne conduite!... Les prix d'instruction religieuse furent remportés par MM. Edmond Cirenier, Richard Cooke, George Brunel, Désiré Houde, Henri Gouin, Joseph Lamothe et Georges Caron. Les prix d'excellence échurent respectivement ; en Philosophie senior à Edm. Grenier et à P. McLeod, en Philosophie junior à Rich. Cooke et à L. St-Arnaud, en Rhétorique à Chs Milot et à Joseph Picher, en Belles-Lettres à Arth. OU-
vier et à Eug. Boauchomiii, eu Troisième à James Valentine et à Désiré Houde, en Méthode à Joseph Jacques et à Joseph Marchand, en Syntaxe à Hect. Tourigny et à John McDougall, en Eléments à Henri Gonin et à G-eorges Moreau, au Cours commercial, première division à Nap. St-Arnaud, à Joseph Lamothe et à Ph. Descoteaux, seconde et troisième division à FI. Dupont, à Nap. Champoux et à Louis Bergeron.
Il faudrait ajouter à ces chefs de classe au moins quarante autres bons élèves qui furent appelés pour prix et une vingtaine d'autres pour accessits. Ce qui porte à quatrevingt-deux le nombre des élèves qui reçurent un bon témoignage de leur travail et de leurs succès.
Une magnifique cantate, composée par M. L. A. Nolin et exprimant parfaitement les sentiments divers qui agitent le cœur des élèves en ce jour de l'ouverture des vacances avait été mise en musique par M. Richard et fut alors exécutée avec grand succès par le chœur des élèves. Les soli furent rendus avec beaucoup d'âme et d'expression, en particulier les adieux du finissant.
Avant de lever la séance, M. le directeur remercia l'auditoire du témoignage d'intérêt qu'il venait de donner à la maison et fixa la date de la rentrée des élèves. Ainsi se termina, dans une brillante séance, une année qui avait eu ^a large part de mauvais jours, (a)
(a) Le "Journal des Tiois-Rivières " du 7 juillet donne un compte-rendu détaillé de cette séance et il y joint de chaleureuses félicitations à l'institution et à .ses directeurs.