‹ Histoire du Collège des Trois-Rivières; première periode de 1860-à 1874Chapitre 54 sur 84 · CHAPITRE TRENTE-ET-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-ET-UNIÈME

Appréciation générale de l'année scolaire 1869-YO

Si la présente anuée scolaire n'avait pas à son crédit les ordinations de MM. Em. Guilbert, P. E. Dupont et Uld. Tessier, la fondation de la Congrégation de la S. Vierge et le privilège d'avoir été la contemporaine du " Concile du Vatican ; elle n'aurait été qu'une année de malheurs. La maladie et le départ d'un bon professeur dans la personne de M. Irénée Girard, l'incendie de notre métairie, la mort de Mgr Cooke, le départ final de M. Panneton, l'insuccès des examens du baccalauréat, tout cela constituait autant d'épreuves de tous genres, toutes plus sensibles les unes que les autres, qui ont jeté sur cette année un A'oile de tristesse, de soucis et de regrets.

Malgré cela, l'établissement conservait sa bonne réputation et s'efforçait même de l'étendre davantage, en faisant de tous ses visiteurs autant d'amis fidèles et dévoués. C'est là le témoignage qu'on rendait de lui, le jour de l'examen, à l'occasion du concours qui s'y trouvait réuni.

Ce fut aussi en cette même année que le Collège des Trois-Rivières s'est fait connaître chez les libraires de Paris et que M. le directeur a commencé à en importer les livres classiques et autres, nécessaires aux classes. Cette amélioration importante apportée dans le domaine de la librairie permettra bientôt à la maison de se pourvoir insensiblement d'un bon uombrL^ d'ouvrages précieux et très-utiles.

Dans lo cours et à la lin de raniiéi» scolaire 1868-69, quarante élèves a\'aient qnitté les bancs du Collège ; les uns pour se faire zouaves, tels que Nap. Desaulniers, Eugène Gervais, Elle L MTiire, (ce dernier, à son n-tour, entra dans la Compagnie de Jésus) ; les autres pour continuer ailleurs leurs études et arriver à une profession, ainsi Désiré Jobin, Antoine Lamy, Louis Desaulniers qui, plus tard, devinrent prêtres séculiers, Adolphe Martin cjui devint oblat de M. I., Eusèbe Beaudrv et J-Bte Bouchard qui finirent par arriver à la pratique dt' la médecine et Rupert LaBarre qui entra dans une étude de notaire. Quelques-uns étaient sortis pour se livrer à l'agriculture et on les vit s'y fairj rapidement une position aisée, ainsi Thomas Dufresne, Joseph Lemire et Moïse Lemire, etc ; d'autres enfin pour chercher leur avenir dans l'industrie, ie commerce ou la finance, Joseph Gragnon, A délard Grauthier, Ferd. Rocheleau, Louis Mayrand, Louis Marcoux, etc., etc. Mais le plus grand nombre partait encore sans but déterminé et pour courir à l'aventure plus ou moins longtemps. Le nombre des élèves anciens se trouvait alors porté à 27o.

Quant à l'année courante, le nombre des élèves avait dépassé le chiffre des meilleures années précédentes ; on s'était Tendu au nombre de 139 sur lesquels on comptait 48 nouveaux.

Il y avait eu 5 finissants, 5 commençants, 6 rhétoriciens, 9 humanistes, 8 versificateurs, 15 méthodistes, 14 syntaxiens, 34 élémentaires, 43 étudiants au Cours commercial.

Les élèves pensionnaires étaient au noniDre de 21, les externes de 34, les quarts-pensionnaires de 84. La ville et la paroisse des Trois-Rivières y comptaient 65 enfants, les autres paroisses du diocèse en fournissaient 69, les autres élèves venaient des diocèses étrangers.

La situation huancière de la maison était caractérisée par les chiffres suivants : recette totale .$7306.95 piastres, dépense totale $7294.14, montant de la dette active $1.098.80, montant de la dette passive $2943.50, donnant pour résultat final une balance passive de $1831.89 piastres.

Les raisons de ce déficit si considérable sont données dans le rapport à l'Honorable Ministre de l'Instruction Publique (juillet 1870.)

" Durant l'année académique qui vient de finir, les dé- " penses ont dépassé de beaucoup les recettes, lesquelles ce- " pendant ont été plus considérables que celles des années. '■ passées.

" Les causes de ce déficit sont multiples. Les principales " sont.

lo " La construction d'une aile, pour l'usage des classes " et des dortoirs qui a coiité à la corporation plus de $1100.00.

2o " Une perte de $1000,00 causée par l'incendie d'une ■' maison.

3o " Des sacrifices considérables pour garder des profes- " seurs expérimentés. "

■' Toutes ces causes et autres relatives au développement " nécessaire de l'institution motivent l'insistance avec laquel- " le nous demandons très respectueusement et très humble- " meut l'augmentation de l'allocation annuelle. "

(Signé,) G. S. Badeaux, Président

Sév. Dumoulin, Secrétaire.

Ls Richard, Ptre Directeur.

Grâce à l'influence de notre député, M. C B. Genest. l'allacotion, pour l'année qui venait de finir, avait été portée à douze cents piastres.

Page 1