MONSEIGNEUR
La corporation du Collège des TroisrRivières considérant :
lo. Que l'intention des fondateurs d^ cet établissement, et celle de tous leurs . successeurs jusqu'à ce jour, a été de fonder un collège qui fut entièrement sous le contrôle et la .lirection de l'Autorité Ecclésiastique, comme le sont les autres établissements du même genre dans le pays;
2o. Que votre vénérable et regretté prédécesseur convaincu de la grande utilité d'un tel établissement dans sa ville épiscopale, donna sa haute approbation à ce projet et tout rapj)ui que les circonstances difficiles oii il se trouvait lui permirent ; ^
3o. Que, glace à cette protection et au concours généreux des citoyens de cette ville et de plusieurs amis de la haute éducation dans le diocèse, elle a pu aujourd'hui asseoir cette institution sur une base qui semble assurer son avenir, en faisant l'acquisition d'un Viuste terrain au centre même de la ville, sur lequel elle fait construire en ce moment un édifice tout à fait en rapport par ses proportions avec les développements et les besoins de cette institution ;
4o. Que la valeur actuelle de cet édifice qui est déjà plus d'à moitié fait, s'élève à la somme de vingt-quatre mille piastres ($24,000) et celle du terrain réservé pour le» parterres et les cours à seize mille piastres (§16,000) au jugement des hommes d'aifaires, ce qui fait quarante mille piastres ($40,000) ;
5(). Qu'en outre elle possèfle quatre-vingt-quinze lots à bâtir évalués présentement à quatre cents piastres le lot, représentant une valeur de trente-huit mille piastres ($38,000.) qu'il sera facile de réaliser en grande partie, surtout du moment que l'édifice sera achevé et habité ;
ôo. Que l'érection de ce collège en Séminaire ne manquerait pas de donner une nouvelle impulsion à cette institution, en lui donnant la nature et le caractère d'un établissement ecclésiasticiue et diocésain que ses fondateurs ont toujours eu en vue;
7o. Que Votre Grandeur, en attendant que les circonstances lui permettent de faire construire son palais épiscopal pourrait trouver à l'exemple des anciens évêques de Québec, dans cet établissement devenu son Séminaire diocésain, un logement spacieux et convenable pour elle-même et le personnel de l'administration diocésaine et des appartements suffisants i)Our y recevoir sim clergé et les illustres personnages nui viennent de temps à autre lui rendre visite. Ce qui lui permeltrait en même
temps de faire plus fiiciloiiiciit les économies que poiiintient réclamer les besoins de lii Corporation épiscopale ;
En conséquence, vu toutes ces considérations et piusi<Mirs autres qu'il serait trop long d'énumérer, elle croit le moment venu de le mettre entièrement sons le contrôle et la direction de l'autorité diocésaine, et juir conséquent de prier Votre Grandeur de vouloir bien l'.iccepter et lui donner telle organisation qu'elle jugera convenable, pour en faire un Séminaire diocésain conformément aux règles de l'Eglise, tout en continuant d'y donner l'enseignement collégial.
Et pour en tiiciliter la possession et la jouissance k la corporation canonique qu'il plaira à Votre Grandeur d'instituer à cet effet, la corporation actuelle s'offre de faire les démarches nécessaires auprès de la Législature pour faire amender sa charte d'incorporation de manière à remplacer le personnel actuel de la corporation du Collège des Trois-Rivières, par le personnel de la dite corporation canonique.
Enfin la dite corporation du Collège des Trois-Rivières croit devoir faire remarquer à Votre Grandeur que depuis la fondation de ce collège, le Séminaire de Nicolet n'a pas pour cela cessé de prospérer, et que l'année dernière et cette année il a vu le nombre de ses élèves s'élever jusqu'à trois cents, tandis qu'ici il atteignait celui de deux cents ; ces faits dissipent les craintes que l'on avait entretenues sur le dommage que ces établissements pouvaient se faire l'un à l'autre, à raison de leur proximité, et il semble prouvé aujourd'hui que deux Séminaires peuvent se soutenir avantageusement dans le diocèse.
Votre Requérante espère donc que Votre Grandeur accueillera favorablement sa demande. Et en attendant elle ne cessera de prier.
Les Trois-Rivières, le 15 novembre 1873.
(Signé) G. S. RADEAUX, Président J. ELIE PANNETON, Ptre.,