JOSEPH-STANISLAS BOUSQUET
M. JosEPH-SrANISLASs BOUSQUET, caissier de la Banque du Peuple, est né à Longueuil, en 1856. Il eut l'avantage de recevoir dans sa jeunesse une excellente éducation classique et commerciale ; et il a depuis eu l'avantage non moins grand d'ajouter à ses connaissances par l'observation dans des voyages assez fréquents aux principales villes du continent, surtout à New-York, Philadelphie, Chicago, Boston, Saint-Paul, Minneapolis, Buffalo, Saint- Jean, N.B., et Halifax.
La carrière de M. Bousquet est peu accidentée. En 1873 il entrait à la Banque du Peuple comme commis et depuis cette époque il a toujours été attaché à cette institution. Son exceilente éducation, son application aux affaires et ses talents ne tardèrent pas à lui conquérir l'estime et la confiance des directeurs de la banque. En 1883 il devenait assistant-caissier, et trois ans plus tard caissier, de la plus ancienne institution financière canadienne-française de Montréal.
Le dévouement que M. Bousquet a déployé au service de la Banque du Peuple rappelle les sentiments que cette institution inspiraient à nos pères lorsqu'elle fut créée pour protéger nos compatriotes contre les injustices dont ils avaient à souffrir de la part des capitalistes anglais. Nous avons rapporté dans la partie historique la fondation de cette banque, qui fut "un évènement national. En 1836 les ennemis de la Lan- que essayérent de créer une panique dans le ceinmerce en organisant des demandes
extraordinaires sur l’établis- sement. Les Canadiens du bon vieux temps avaient du cœur, Il résolurent de conjurer l'orage et ils y réussi- rent. On vit, pendant la cri-
se, déposer des sacs de vieilfrançais dans le trisor de la les Valois, les Ricard, les pas de confier toute leur for- La crise fut surmontée facileque montèrent à prime.
En 1846 la Banque du
les pièces d'or et d'argent banque. C'étaient les Viger, Souligny, qui ne craignaient tune à la Banque du Peuple.
ment et les billets de la ban-
Peuple prit possession des anciens bureaux de la Ban- que de Montréal, coin des rues Saint-Jacques et Saint-François-Xavier, là où est aujourd’hui le bureau de poste. En 1872 elle se transporta à l'endroit où se trouvent ses bureaux actuels ; mais on était encore loin du magnifique édifice que la banque vient de terminer. Cet édifice, dont on a pu voir une vignette sur une autre page, couvre une superficie de soixante-treize par cent pieds, et la façade est un exemple mangnifique du style Renaissance.
Par son administration depuis sept ans, M. Bousquet a constamment étendu les opérations de la banque, et a ajouté, si possible, à la confiance qu'elle inspirait au commerce. Le capital payé de la banque est aujourd'hui de $1,200,000, et le fonds de reserve a été porté à la somme énorme de $:30,000. La banque possède maintenant deux succursales à Montréal même, deux à Québec, et des établissements à Trois-Rivières, Saint-Jean, Saint- Rémie, Saint-Jerôme et Saint-Hyacinthe. Toutes ces succursales sont dans un état prospère et constituent une source de force et de profit pour la banque. Le bureau de direction de la Banque du Peuple est aujourd'hui composé comme suit : -- Président, Jacques Grenier ; vice-président, George Brush: directeurs, H. Branchaud, Wm. Francis, Charles Lacaille, Alph. Leclaire et Prevost.
M. Bousquet jouit aujourd'hui d'une réputation qui le place au premier rang parmi nos financiers canadiens, et dans toutes les classes de la société il est aussi populaire que respecté. Il est un des directeurs de l'Association des Banquiers du Canada, président de
la ‘*Campbellton Water Supply Co.,” gouverneur de l'hôpital Notre-Dame, membre du ‘* Board of Trade” et de la Chambre de Commerce du district de Montréal, membre à vie de l'Association des Carabiniers de Québec et membre des Clubs Saint-James et de la Cité.
Travailleur infatigable et tout dévoué aux intérêts de l'institution. dont il est un des chefs, il n’a pas recherché d’autres honneurs que ceux que l’on trouve au cours d'une vie paisible et éminemment honorable,
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