JU PARLEMENT DE MONTREAL
Incendié le 25 avril, 1849.
inseng fut à quarante 1 obtenir le en faire la cèrent l’exjue ce comrinseng ; et cs la livre.
trchands de
à Québec
profitables pour le Canada.
Cependant on pouvait avec
le temps réparer le tort causé par
limprévoyance. Aux yeux de tous les hommes sérieux la position du Canada était excellente et
pleine de promesses pour l'avenir
lorsque éclatèrent les guerres qui ne devaient se terminer que par la
ruine de la domination française.
EFFET des hostilités se fit immédiatement sentir dans
la colonie. Le prix des
denrées, jusque-là très bas, augmenta aussitôt après la déclaration de guerre de 1744.
‘L'on n'en sera point surpris,” écrivait après la conquête un homme qui avait vécu dans Île pays, ‘en considérant qu'en temps de paix les négociants étaient peu dans l'usage de faire assurer leurs marchandises qu'ils faisaient venir d'Europe ou du moins, qu'ils ne payaient dans les cas où ils voulaient user de cette précaution, qu'une prime de trois ou quatre pour cent, et que le fret ne leur coûtait que de cinquante à quatre-vingts francs par tonneau. En 1744, dès que la guerre fut déclarée, les assurances montèrent à vingt-cinq pour cent, et ont été portées ensuite à soixante ; le fret à deux cent livres le tonneau, et ensuite jusqu’à mille,
‘‘ Les denrées du crû de la colonie ont eu de même une augmentation de prix progressive et relative à celui des marchandises que les cultivateurs étaient obligés d'acheter. Les colons ayant été dans la nécessité d'abandonner la culture de leurs terres pour aller s'opposer aux efforts des ennemis, les terres sont
Le Ginseng.
La Guerre.
Disette et Impôts,
restées presque sans culture, et les productions en ont été par une suite nécessaire presque anéanties ; une corde de bois, qui avant cette guerre ne coûtait communément que cinquante sols, ou trois ou quatre francs, a toujours valu depuis huit à dix francs au moins.”
D'un autre côté la guerre avait fait à la fois diminuer la quantité de pelle-
teries que la colonie tirait de l'Ouest et baisser le prix qu'on en pouvait obtenir en Europe ; de sorte que les habitants se trouvaient obligés de faire face À des dépenses qui augmentaient chaque jour avec des ressources qui diminuaient tout aussi rapidement.
C'est au moment où les choses en étaient à ce point que Louis XV déclarait que : ‘‘ Les secours de toute espèce que nous avons envoyés, depuis le commencement de cette guerre à notre colonie du Canada pour la mettre à couvert des entreprises dont elle était menacée de la part des ennemis, ont eu le succès que nous devions en attendre, ils ont excité de plus en plus les sentiments de zèle et de courage dont les habitants de cette colonie avaient donné des preuves dans tous les temps ; et les ennemis ont été forcés non-seulement d'abandonner les projets de conquête qu'ils avaient formés contre elle, mais encore de se défendre eux-mêmes des incursions continuelles que nos troupes et nos milices font dans leur pays; mais toutes les dispositions qui ont été nécessaires pour cela, n'ont pu se faire qu'avec des dépenses si considérables que nous nous trouvons obligé d'en faire supporter une partie au commerce et aux habitants de la colonie.”
Le 23 janvier 1747, Sa Majesté décrétait donc une augmentation d'environ cinquante pour cent des droits d'entrée perçus sur le vin, l'eau-de-vie et le guildive. En février 1748, Sa Majesté ayant constaté que ‘‘le produit de cette augmentation de droits ne serait pas suffisant pour remplir l'objet de toutes ces dépenses,” estimant de plus qu'il était ‘juste d'ailleurs que la contribution en soit généralement répartie sur tous les habitants et sur tout le commerce,” décrétait un droit de trois pour cent sur toutes les marchandises qui entreraient au Canada, à l'exception des cordages et du sel ; et un droit de trois pour cent sur toutes les marchandises du crû de là colonie qui en sortiraient, à l'exception des blés, farines, biscuits, pois, fèves et autres denrées.
Sa Majesté toutefois ‘‘ voulant donner au commerce et aux habitants de la dite colonie une nouvelle preuve de sa protection ” suspendit l'imposition de ces droits jusqu'à la publication de la paix d'Aix-la-Chapelle, conclue quelques mois plus tard.
Ce n’était là qu'une amère ironie, car le Canada ne profita point de la paix dont l’Europe a joui jusqu'en 17353. Les hostilités y continuèrent presque sans interruption ; et la colonie était tellement dégarnie de marchandises, que celles qui y furent apportées de 1748 à 1733 furent bientôt consommées sans qu'il en résultât aucune diminution des prix. Le roi était le principal consommateur, vu les présents qu'il faisait au sauvages en récompense de leurs services, et les envoies considérables qu'il faisait en Acadie et dans l'Ouest. Il se trouva donc à supporter une grande partie des impôts qu'il avait créés.
Ces impôts rapportaient en moyenne, trois cent mille livres par an, soit Jusqu'en 1753, on accorda le terme d’un an pour le paiement
environ $175,000.
de ces droits; mais en cette dernière année on exigea qu'ils fussent payés
comptant, | ce d'une ann diminuer d'a Tandis lui-même en change au m ne seraient p Cette opérat les paiement cent. Lesn dises, relatif:
Ce ne fu des ‘‘ Consi merçants, ta ments fâchet cessérent de trois-quarts chandises qu traites dans leurs deman et réduisiren “Ce n'é à cette mont monnayé po mème annee avaient beso rendre, de la des espèces dans toute la générale.
Une c en argent, © dont la valeu huit à dix fre ‘Les Ai plusieurs na française, et une déclarati prévenir les 1 années 1756 encore de pl soixante pou les trois-quai sorte que le bitants. L'’e vingt-cinq lit livre, a valu
néces- comptant. Ce fut une nouvelle cause de malaise. Le roi n'y gagna que l'avan- 175057. coûtait ce d'une année, tandis que les marchands se trouvèrent dans la nécessité de rs valu diminuer d'autant leur importation pour l'année suivante.
Tandis qu 1 pressurait ainsi les marchands canadiens, le roi n'étant pas Ar > pelle- lui-même en état de faire face à ses obligations, décrétait que les lettres de de Papier. obtenir change au moyen desquelles on rachetait la monnaie de carte et les ordonnances, : à des ne seraient payées à j'avenir qu'en trois termes, à raison d'un tiers par année, iuaient Cette opération, qui n'occasionnait qu'environ six pour cent de différence sur
les paiements ordinaires, fit augmenter les marchandises de quinze à vingt pour iclarait cent. Les marchands dès lors fixèrent trois différents prix aux mêmes marchane com- dises, relatifs aux trois échéances de paiement. ‘ouvert Ce ne fut pas le seul effet malheureux de cet arrangement, continue l'auteur succès des ‘‘ Considérations sur le commerce qui s'est fait au Canada.” Tous les comnts de merçants, tant du Canada que d'Europe, inquiets de ces retards et des évênereuves ments fâcheux qui pouvaient en résulter pour leurs fortunes, les uns, en France, donner cessérent de faire des envoies pour leur compte; d'autres les diminuèrent de de se trois-quarts et donnèrent ordre à leurs correspondants de ne vendre leurs marmilices chandises qu'après qu'ils auraient été informés de la manière dont on tirerait ces ‘s pour traites dans la suite ; d'autres ne voulurent risquer d'envoyer aux Canadiens sur s trou- leurs demandes que pour le montant des lettres payables à la première époque, s de la et réduisirent ainsi leurs envoies au tiers des demandes.
‘ Ce n'était cependant pas encore malheureusement le seul discrédit réservé nviron à cette monnaie de papier ; en 1733 le roi avant envoyé en Canada de l'argent e guil- monnayé pour le paiement des troupes de terre de Sa Majest#, v fit passer la e cette même année des officiers et soldats, qui achetant sur ies marchés ce dont ils tes ces avaient besoin, ne voulaient point recevoir des habitants qui avaient à leur ion en rendre, de la monnaie de papier; dès lors les habitants sentirent la différence 1erce, ” des espèces à celles qui n'étaient en papier; ces troupes, bientôt répandues eraient dans toute la colonie, ne firent que trop connaître leur méfiance ; elle devint ar cent générale. 4 ‘eption ‘{ Une couple de poulets, qui ne se vendait que quinze où vingt sols au plus
en argent, coûtait trente-cinq sols en papier ; une paire de souliers d'homme, s de la dont la valeur était, en argent de quatre livres dix sols ou cent sols, se vendait de ces huit à dix francs en papier.
S mois ‘Les Anglais, en cette même année 1733, prirent deux vaisseaux de vuerre, plusieurs navires marchands, s'emparèrent du fort Beauséjour dans l'Acadie la paix française, et commirent beaucoup d'hostilités qu'on regarda en Canada comme le Sans une déclaration de guerre. Chacun alors réserva ce qu'il avait à vendre, pour : celles prévenir les risques qu'il y avait à faire venir des marchandises de France. Les qu'il en années 1756 et 1737 et les suivantes jusqu'à la perte de la colonie, devinrent 1ateur, encore de plus en plus fâcheuses ; les assurances montèrent à cinquante et , et les soixante pour cent ; le fret, de quatre cent cinquante à mille livres le tonneau ; a donc les trois-quarts des navires qui étaient partis de différents ports furent pris ; de sorte que le peu de marchandises qui s’y rendaient y revenaient à des prix exorn, Soit bitants. L’eau-de-vie s'est vendue jusqu’à deux cent livres la velte, ce qui fait iement vingt-cinq livres la pinte. Le lard salé, qui valait originairement quinze sols la payés livre, a valu dans la suite jusqu'à six francs. Un chapeau de laine, des plus
38 SOUVENIR DE LA CHAMBRE D 1780 communs, qui vaut quarante sols en France, s'est vendu quarante et cinquante que cha piréditde francs, et les autres marchandises en proportion." Les ma
) aie
de Papier,
Montréal à l'époque de la Conquête,
Inutile de rappeler ici les scandales de l'administration de Bigot, qui vinrent encore empirer cette situation désespérée, Il est clair que le Canada était déjà sur le bord de la famine, lorsque ses habitants furent appelés à abandonner leurs terres pour faire face à l'invasion, Dans cette condition, les victoires devenaient inutiles,
U moment de, passer sous la domination anglaise Montréal était déjà une ville relative-
ment très importante. Sa population, d'après le recensement de 1765, était de 5,733 À cette époque Boston et Philadelphie étaient des villes de vingt mille habitants ; New York ne comptait tout au plus que quinze mille âmes. Les campagnes autour de Montréal étaient aussi dès lors très peuplées. Le naturaliste Kalm, qui visita le pays peu de temps avant la conquête, dit :
‘* Une population dense habite les bords de l'île de Montréal, lesquels sont en pur terreau, très-unis, et ne s'élèvent guère à plus de trois ou quatre verges de hauteur. Les bois ont été abattus le long du fleuve sur une profondeur d'un mille anglais.
Les maisons sont bâties en bois ou en pierre, et blanchies à l'extérieur.
Les dépendances, telles que granges, étables, etc., sont toutes en bois.
Le terrain dans le voisinage du fleuve, est converti en champs de blé ou en prairies. À six milles
français de Montréal nous passons
: à œt MONUMENT AUX IMMIGRANTS MORT en vue de plusieurs îles de différentes
grandeurs, la plupart habitées ; celles
qui ne sont pas habitées sont converties en champs de blé, puis souvent en à pers prairies. Les fermes en Canada, sont séparées les unes des autres, de manière est pli
RGO EL RL E TA RERES Let
cinquante que chaque propriétaire a son bien entièrement distinct de celui de son voisin, 1760: Les maisons des fermiers sont généralement bâties en pierre ou en bois de char- Asnect de la
+ : Viile, pente et contiennent trois ou quatre
chambres. Les fenêtres sont rarement garnies de vitres; le plus souvent des carreaux de papier remplacent le verre. Un poêle en fonte chaufle toute la maison. Les toits sont couverts en bardeaux. On calfeutre les fentes et les lézardes avec la terre glaise. Les dépendances sont couvertes en chaume.
Le paysage de chaque côté du fleuve est charmant et l'état avancé de la
culture des terres ajoute grandement x à la beauté de la scène. On dirait j un village continu, commençant à 1 Montréal et finissant à Québec.”
L'aspect de Montréal mème était d'une beauté qui frappait tous les voyageurs. ‘La ville, écrit le père Charlevoix,” a un aspect fort riant.
Elle est bien située, bien percée et ; bien bâtie. L'agrément de ses en- Ÿ virons et de ses rues inspire une certaine gaieté dont tout le monde se ressent.”
La ville formait alors un carré 1:64 Fortificaoblong s'étendant sur le bord du \ fleuve, depuis la place Dalhousie jusqu'à la rue MeGiil, et s’arrêtant au nord, à la rue Saint-Jacques actuelle. Un mur épais et élevé entourait ce carré. Ces fortifications avaient coûté quatre cent quarantecinq mille cent quarante-une livres, et cette somme, en vertu d'un édit
de 1716, devait être prélevée par des montants annuels de six mille livres sur les habitants de Montréal. !
ON en SENS I n'avait pas été facile d'engager les
habitants à payer cette contribution.
1e le disait le père Charlevoix :
IMMIGRANTS MORTS DU TYPHUS EN 1847. SoE FR ARE ‘“ [ls sont braves et ils ne sont pas
riches. On les a trouvés difficiles
souvent en à persuader de la nécessité de cette dépense et fort convaincus que leur valeur ou +. ce . . A .
, de manière est plus que suffisante pour défendre la ville contre quiconque ôserait l'attaquer.” .
= LEFT" IBM TON VF
Haute et
Basse-Ville.
Mvurs des Habitants,
Il failut des ordres
1743, les fortifications étaient terminces et Montréal n'avait encore payé que
repètés du roi pour faire faire les travaux. En cent quinze mille cing cent vingt-quatre livres. Le roi fit alors remise aux habitants de la moitié des trois cent vingt-neuf mille six cent dix-sept livres qu'il avait avancées, et déclara que l'autre moitié serait consacrée à l'entretien des travaux.
La hauteville, comprenant le quartier situé le long de la rue Notre Dame et au nord de
Il était alors d'usage de diviser la ville entre haute et basse.
cette rue, possédait ie séminaire et la paroisse des récollets, les jésuites, le couvent de la Congrégation, la demeure du gouverneur et celles de la plupart des officiers. La basse-ville était le quartier des marchands ; on y trouvait aussi l'Hôtel-Dieu et les magasins du roi. A l'extrémité nord-ouest de la ville, en dehors des murs et au-delà du ruisseau Saint-Pierre, il existait un petit faubourg qui promettait des lors de devenir le magnifique quartier Saint-Antoine,
La plus grande partie des maisons étaient de bois ; on en trouvait cependant un grand nombre de pierre, construites dans le genre de celles qui durent encore aujourd'hui. Kalm trouva les rues principales droites, larges et coupées « angle droit par les petites rues. Conformément aux règlements que nous
avons déjà cités, quelques rues avaient été pavées ; mais c'était l'exception.
EU après l'occupation par les Anglais, la physionomie de Montréal fut considérablement modifiée par suite de deux incendies désastreux. Le premier de ces incendies éclata le 18 mai 1765 sur la rue Saint-Paul et
détruisit plus de cent maisons. Les pertes s'élevèrent À £117,000, montant ville comme l'était alors Montréal, Le deuxième
incendie éclata le 11 avril 1768, sur la côte Saint-Lambert et durant la nuit une
énorme pour une petite
centaine de maisons furent encore consumées. Des sommes importantes furent envoyées d'Angleterre pour secourir les incendiés.
Les maisons de première classe avaient une porte donnant sur la rue, avec un banc de chaque côté, où les voisins et les amis pouvaient s'asseoir en passant pour causer un brin.
Le Canadien d'alors, encore plus que celui d'aujourd'hui peut-être, aimait à rire et à bien manger.
dans Montreal,
Durant les longues veillées d'hiver c'était un bal continuel Chacun devait donner son bal et sa réception ; et bien qu'il n’y eût pas de grandes fortunes dans la ville, on étalait un luxe extraordinaire pour les moindres occasions. Car dans toutes ces fêtes, ce que l'on visait surtout, c'était à ‘‘se faire honneur de son bien.” La vanité était le grand vice de nos pères, comme elle est le nôtre. ‘Le Canadien est haut, glorieux, et menteur,” disait de Bougainville. On mangeait bien, si on le pouvait, mais au besoin on préférait retrancher sur la table pour se bien vêtir, Il est vrai de dire que tous les voyageurs reconnaissent que nos mères portaient bien la toilette. Tout le monde voulait s'appeler monsieur et madame, titres peu usités dans le peuple à cette époque. Nos cultivateurs se seraient scandalisés d'être appe lés paysans. Il était
Un étranger entrait-il dans la maison d'un
Mais le Canadien rachetait ses défauts par beaucoup de qualités,
excessivement affable et obligeant.
habitant, c linvitait à s pères passa Le déje per de sept On mettait que. Cepe le 4rgh life café. Letl le diner et 1] duits des f gibier de nc un repas qu ne mange p la queue de Le cast ressemblait et il fallait | On don chette. Ch ques fois di buvaient ra!
On s'ac champ de b n'étaient pi coup de ma vies.” Ces Les anc pense.
Montré d'écoles élét de la popul:
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habitant, celui-ci se levait aussitôt, saluait le visiteur d'un coup de chapeau, l'invitait à s'asseoir, puis remettait son chapeau et se rasseyait lui-même. Nos pères passaient la plus grande partie de leur vie coiffés.
Le déjeuner se prenait généralement à sept heures, le dîner à midi et le souper de sept à huit heures. Les tables étaient servies avec tout le lu: nossible. On mettait sa fortune dans la vaisselle, comme aujourd'hui on la ‘et à la banque. Cependant l'argenterie, comme l'argent, était très rare au Canada. Dans le high life le déjeur :r se composait de pain et d'une tasse de chocolat ou de café. Le thé ne fut introduit au Canada que plus tard, par les Anglais. Pour le diner et le souper il ÿ avait toujours une grande variété de mets. Les produits des fermes et des vergers des environs, le poisson de nos rivières et le gibier de nos forêts permettaient à nos grand'mères de préparer à peu de frais un repas qui ferait honneur aux hôtels de nos grandes villes. Trois mets qu'on ne mange plus guère et qui faisaient les délices des Canadiens d'autrefois, étaient la queue de castor, le mufle d'orignal et la patte d'ours.
Le castor maigre était en grande vogue. De Bougainville trouvait qu'il ressemblait assez à du mouton gras de Beauvais ; il avait : n goût un peu fade et il fallait le relever avec une sauce piquante,
On donnait à chaque invité à table une serviette, une cuillère et une fourchette. Chacun devait apporter son couteau dans sa poche. On büvait quelques fois du bordeaux, mais plus souvent de la bière d'épinette. Les femmes buvaient rarement autre chose que de l'eau.
On s'accorde a reconnaître que les anciens Canadiens étaient braves sur le champ de bataille et honnètes dans les affaires ; mais suivant Charlevoix, ‘ils n'étaient pas maitres d'une certaine impétuosité qui les rend plus propres à un coup de main où à une expédition brusque qu'aux opérations régulières et suivies.” C'est encore le défaut de beaucoup de nos compatriotes aujourd'hui,
Les anciens Canadiens étaient instruits bien plus généralement qu'on ne le pense.
Montréal possédait, sous la domination française, un certain nombre d'écoles élémentaires gratuites qui pouvaient amplement répondre aux besoins de la population de Ta ville. Dès 1722 le roi faisait payer trois milles livres annuellement à l'Hôpital-Général pour l'entretien de huit maîtres d'écoles, Sa Majesté voulant que les dits maîtres d'écoles tor.dés par elle, tiennent leurs écoles gratuitement, sans rien exiger des parents des jeunes gens qu'ils instruiront.”" La gratuité scolaire n'est pas une nouveauté, comme on le voit.
Charlevoix reconnait aussi aux Canadiens ‘un génie rare pour les mécaniques ; ils n'ont presque pas besoin de maîtres pour y exceller, et on en voit tous les jours qui réussissent dans tous les métiers sans en avoir fait l’apprentis-
sage,
Mais le goût des aventures, la vague espérance de trouver dans quelque pays nouveau un Eldorado quelconque, qui avaient poussé les premiers Canadiens à abandonner la France pour le Canada, poussaient encore leur: descendants à négliger leurs métiers et leurs terres pour aller chercher la fortune au loin. Les habitants de Québec se livraient à la navigation des mers : ceux de Montréal mettaient toute leur ambition à pénétrer dans quelque coin inconnu de l'Ouest.
La Table.
Instruction.
L LAN Éiuèr 2 At ON EUR Srarie
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FAR (noms ae ba de
Rance à AvLANTIS | IEUIL SrATION- 16
LA
Poe
La goût des Aventures
Ruine des Canadiens
Citons encore Charlevoix :
“On accuse encore nos créoles d'une grande avidité pour amasser et ils font véritablement pour cela des choses qu'on ne peut croire si on ne les a point vues. Les courses qu'ils entreprennent, les fatigues qu'ils essuient, les dangers à quoi ils s'exposent, Îles efforts qu'ils font passent tout ce qu'on peut imaginer. HS est cependant peu d'hommes moins intéressés, qui dissipent avec plus de facilité ce qui leur à coûté tant de peine à acquérir et qui témoignent moins de regret de l'avoir perdu. Aussi n'y a-t-il aucun lieu de douter qu'ils n'entreprennent ordinairement par goûts ces courses si pénibles Ils sont accoutumés de
Ils aiment à respirer le grand air.
et si dangereuses.
bonne heure à mener une vie errante ; elle a pour eux des charmes qui leur font oublier les périls et les fatigues passés, et ils mettent leur gloire a les affronter de nouveau. La force du tempérament n'y répond pas toujours, et, si les Canadiens vivent longtemps, ils sont vieux et usés de bonne heure.”
La folie de ces lointaines entreprises était pourtant assez continuellement démontrée. A l'époque de la conquête, le commerce des fourrures était insignifiant. Des gens qui s'étaient trouvés à un moment donné à la tête d'une erande fortune se trouvaient complètement ruinés et traînaient une languissante
vieillesse dans la misère.
L n'est que juste de dire que ia conduite du gouvernement français à l'endroit des monnaies et des privilèges était la cause de la ruine de beaucoup de ces malheureux. A la veille de la cession du pays, le roi de France porta le
dernier coup aux marchands canadiens en répudiant la monnaie de carte et les
ordonnances en circulation au Canada. Les Canadiens se trouvaient à perdre plus de quarante millions de francs. ‘Tous les habitants," écrivait le chevalier de Lévis, ‘sont dans le désespoir. [Is ont tout sacrifié pour la conservation du
[ls se trouvent actuellement sans ressources.”
Canada. Le gouvernement
français fit la sourde oreille à ces légitimes remontrances. En 1703 un de ses émissaires avait l'audace de proposer d'envoyer au Canada des agents accrédités qui, sous prétexte de racheter la monnaie de carte, soulèveraient les Canadiens contre l'Angleterre. Ce projet perfide pour exploiter la misère des Canadiens n'eut heureusement pas de suites. Apres le traité de Paris, ceux qui étaient attachés à la France plutôt qu'aux Canada par des liens de fortune ou de famille repassèrent l'océan, et les véritables habitants, mettant de côté toute préoccupation politique, se retirèrent sur leurs terres, le seul bien qui leur restät.
La conquête ouvrait une ère de liberté pour le commerce, mais les marchands canadiens, ruinés comme nous l'avons vu, et privés de toutes communicittions avec leurs anciens correspondants, n'étaient guère en état de profiter de cette liberté. IIS se trouvèrent d'autres occupations, où bien ils se livrérent exclusivement au commerce local. Le commerce d'exportation passa aussitôt aux mains des Anglais. L'immigration de ces derniers ne fut pas d'abord considérable. Le Canada et ses habitants avaient une si terrible réputation à l'étranger que pendant longtemps l'immigration d'Angleterre fut insignifiante ;
les marchands qui vinrent s'établir ici à la suite des armées anglaises étaient
presque to qui avaien nation frar venus,
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Canada à ?
dix-neuf fe tion (si o!
marchands et de Mon suivi l'arm leur fortun lorsqu'ils F c'est la col propres P Lo Ge En 17 d'Angleter élu membi On ai vinrent au est dû enti dans ses * ‘ Les en Anglet termes de saient ave marchand du march tions que tions Cor point de € Une Français fut l'injus terre dan:
mais les « plus haut étaient to cité des à STDE jurés der rafiquan haïssent attirent | échapper
amasser si On ne essuient, tout ce ssés, qui quérir et icun lieu pénibles tumés de leur font affronter
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l'endroit up de ces e porta le rte et les | à perdre chevalier vation du ‘ernement un de ses accrédités Canadiens Canadiens ui étaient ne ou de côté toute
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s les marmmuniciprofiter de e livrèrent a aussitôt abord conputation à ignifiante ;
ses étaient
presque tous de New York ou d'Albany, et ils appartenaient à des maisons 574
qui avaient fait le commerce de contrebande avec le Canada sous la domination française, Ce fait indique bien quel était le caractère des nouveaux
venus,
Le gouverneur-général Murray, écrivant en 1766, porte la population du Les premiers $ Marchands
la] A
Canada à 76,273 âmes.
dix-neuf familles protestantes, c'est-à-dire anglaises ; le reste de cette population (si on en excepte un petit nombre d'officiers à demi-paie) sont des marchands, artisans et aubergistes qui résident dans les basses-villes de Québec et de Montréal, dont la plupart sont des gens d'une mince éducation qui ont suivi l'armée, ou des soldats congédiés à la réduction des troupes ; tous ont leur fortune à faire, et je crains bien que peu soient scrupuleux sur les moyens, lorsqu'ils peuvent atteindre leur but. Le rapport que j'en fais est qu'en général c'est la collection d'hommes les plus immoraux que j'aie jamais connus, peu propres par conséquent à inspirer du goût aux nouveaux sujets pour nos INTER TA
En 1774, le général Carleton parlant devant la Chambre des Communes d'Angleterre, déclarait qu'il n'y avait pas au Canada un protestant propre à être élu membre d'une Chambre d'Assemblée.
On aurait done bien tort d'attribuer les succès des premiers Anglais qui vinrent au Canada à leur supériorité intellectuelle ou morale. Leur triomphe est dû entièrement aux circonstances. Comme l'explique M. L. E. Morin, père, dans ses ‘Mémoires pour servir à l'Histoire de Montréal :”
“ Les Anglais qui s'étaient établis dans le pays avaient leurs correspondants en Angleterre, qui leur expédiaient des marchandises de toutes sortes à longs termes de crédit, Les remises pour le paiement de ces marchandises se faisaient avec les produits du sol, que les marchands prenaient en échange de marchandises anglaises vendues. I y avait double profit dans les opérations du marchand anglais, profit sur l'importation, profit sur l'exportation, opéra tions que ne pouvaient faire Îles marchands canadiens qui n'avaient pas de relations commerciales en dehors du pays, qui n'avaient pas de crédit, et peu où point de capitaux.”
Une autre cause qui contribua puissamment Français du commerce et de toute entreprise entraînant des risques quelconques fut l'injustice et la partialité des premiers magistrats civils établis par P'Angleterre dans le pays. Le gouvernement civil succéda,au régime militaire en 1704, mais les charges furent données à des hommes intéressés qui les revendirent aux plus hauts enchérisseurs. Ceux-ci n'entendaient rien à la langue du pays et étaient toujours disposés à croire qu'un Canadien Français avait tort. La rapacité des avocats n'était pas moindre que la partialité des juges.
“ D'après mes instructions,” dit Île général Murray, ‘‘les magistrats et les jurés devaient être choisis sur un nombre de quatre cent cinquante mépriseæsbles trafiquants qui étaient venus commercer dans le pays. 4 + 0: Ces dermiers haïssent les nobles canadiens parce que leur naissance et leur conduite leur attirent le respect, et ils ont les habitants en exécration parce qu'ils les voient échapper à l'oppression qui les menaçait.”