‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 32 sur 153 · US · texte numérisé non relu

US

Premier Journal.

Prosperité de l'Agriculture.

journal.

ES Canadiens évitérent donc de s'engager dans des entreprises qui pou-

vaient les forcer à des contestations devant les tribunaux. Pressentant

que l'Angleterre leur rendrait justice tôt ou tard, ils attendirent avec patience, et supportèrent sans trop murmurer l'acte du timbre et les autres impôts, qui poussèrent les anciennes colonies anglaises à la révolte. Durant ia guerre de l'indépendance des Etats-Unis, ils laissèrent faire autant que possible sans se compromettre.

Le résultat le plus remarquable, de l'invasion de Montréal par les Américains fut l'établissement d'une imprimerie dans la ville. Joseph Fleurs Mesplet, Français qui avait demeuré quelque temps à Philadelphie, fut le premier imprimeur. Il commença par publier un petit livre intitulé ** Réglement de la Confrérie de F'Adoration Perpétuelle du Saint-Sacrement,"” et le 3 juin 1778, il lançait dans le public le premier numéro de la ‘Gazette du Commerce et litérai-

re.” On trouvera sur une autre page le fac-simile de la première page de ce Le prospectus, très inoffensif, jette beaucoup de lumiere sur l'état des

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esprits à cette époque. En 1770, Mesplet voulut s'essayer dans le ‘g

libellique,”" mais les autorités anglaises redevenues maîtresses de la situation, le firent aussitôt mettre en prison pour lui apprendre à mieux respecter les choses de la politique. Za Gazelle de Montréal où The Montreal Gazette ne reparut qu'en 1783.

Durant les dernières années de la guerre de l'indépendance Montréal devint un centre important pour l'approvisionnement des troupes anglaises qui opéraient dans le New York ; et si les Canadiens-Français ne partagèrent pas dans les énormes bénéfices qui se firent sur les contrats d'approvisionnement, nos cultivateurs trouvérent au moins un excellent marché pour leurs denrées. L'or afflua dans le pays.

Après la guerre plusieurs milliers de loyalistes américains se dirigèrent sur Montréal. Une forte partie de ces immigrants allèrent s'établir dans l'Ouest, et Montréal devint le point d'échange et de distribution pour leurs produits ; une autre partie restérent dans la ville même. En 1790 on évalue la population de Montréal à 18,000 ; Québec était dépassé et ne comptait que 14,000 âmes,

La déclaration d'indépendance des Etats-Unis eut aussi pour eflet d'amener

Cette ville

géographiques pour ce commerce, et Îles traitants

presque tout le commerce des fourrures du continent à Montréal. offrait tous les avantages anglais et américains, qui avaient appris à connaître la valeur de nos compatriotes lorsqu'ils leur faisaient concurrence sous la domination française, étaient trop heureux de pouvoir venir s'établir là où ils pourraient facilement s'assurer le service des voyageurs canadiens. Grâce à nos compatriotes les Anglais purent nouer d’utiles relations avec les colonies canadiennes de Détroit, du lac Supérieur et du Wisconsin, lesquelles restèrent sous la domination anglaise jusqu'à 1703. Les fourrures étaient amassées à Détroit et à Michilimackinac, comme au temps de la domination française, pour ètre expédites à Montréal et de là en Europe.

Le Michigan était resté comme un faubourg de Montréal ; les riches négociants de Détroit envoyaient leurs fils aux écoles de cette ville; souvent ces

jeunes garçons prenaient femme ici. D'un autre côté une forte partie des habi-

tants de Montréal et des environs ne passait pas d'année sans faire le voyage du

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Nord-Ouest, soit pour le compte de la Compagnie de la Baie d'Hudson, soit 1795-1820, pour celui de la Compagnie du Nord-Ouest. Parlant de ces voyageurs, La Rochefoucauld, qui visita le pays en 1705, écrit :

118 Te Commerce

‘ Beaucoup demeurent à Montréal, y ont même un métier auxquels TS rues

s'occupent l'hiver. Quelques-uns sont fermiers ; alors ils laissent leurs récoltes à faire à leurs femmes et à leurs voisins ; s'ils sont ouvriers, ils ferment leurs boutiques et partent. Nous en avons rencontrés qui étaient tanneurs, selliers, bouchers, menuisiers, et, nous disait-on, de bons ouvriers. Selon la nature de l'ouvrage auquel ils sont appelés, ils quittent leur pays pour l'été, ou pour une année, ou pour plusieurs ; quelques fois seulement pour la courte durée de la

M. Macken-

zie dans son voyage vers le Pacifique s'est fait accompagné par plusieurs

navigation momentanée à laquelle ils sont employés. 4 4: d'entre eux.” Un autre voyageur porte à deux mille le nombre des hommes ainsi employés dans les pays d'en haut.

En 1503, lorsque l'Angleterre céda définitivement le Michigan et le Wisconsin aux Etats-Unis, plusieurs compagnies américaines se formérent pour faire la traite des fourrures, mais la plus grande partie de nos compatriotes resterent fidèles aux compagnies anglaises ; et ils entrainérent les sauvages avec eux.

Loin de souflrire de la concurrence, la Compagnie du Nord-Ouest qui avait ses t

généraux

de £:40,000 en

Cette dernière année elle recueillit cent six

quartiers à Montréal vit ses exportations augmenter 1788, à plus de £100,000 en 1708.

mille peaux de castor, quatre mille six cent de loutres, dix-sept mille de martres, six mille de lynx, trois mille huit cent de loups-marins.

Les deux plus puissantes compagnies étaient celle du Nord-Ouest et celle de la Baie d'Hudson. Après s'être fait une lutte à mort pendant un quart de sivcle, elles finirent par s'amalgamer en 1821. L'importance relative du commerce des fourrures avait dès lors baissé de beaucoup.

Les bureaux de la Compagnie de la Baie d'Hudson se trouvaient à cette époque sur la rue Saint-Gabriel, à l'endroit où s'élevent aujourd'hui PHôtel du Canada et les vieux bâtiments situés en face. Quelques-unes des voûtes souterraines où la compagnie déposait ses fourrures peuvent encore être visitées par

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aboli les monopoles accordés sous l'ancien Xiéätion,

il interdissait la navigation des eaux cana-

E gouvernement anglais avait régime aux particuliers, mais Notre commerce |

diennes à tous les vaisseaux de nationalité étrangère.

d'exportation, après la guerre avec les Etats-Unis, devait donc se faire exclusivement avec l'Angleterre et par elle, car on ne possédait pas encore de navire au Canada, Les importations en 1786 furent de trois cent vingt-cinq mille cent seize livres monnaies d'Halifax, et les exportations de deux cent quarante-huit mille deux cent soixante-deux livres. Les fourrures figuraient en tête de nos exportations ; mais les grains formaient déjà une partie importante de notre

commerce extérieur. La récolte moyenne de Flé du Bas-Canada était évaluée à

quatre cent mille boisseaux, dont les trois-quarts seulement étaient requis pour la

consommation intérieure. Les autres articles d'exportation étaient le lin, la

potasse, le bois, le poisson séché, les huiles, et les plantes médicinales,

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Lois sur la Navigation.

Les Tarifs Douaniers,

Quant au commerce d'importation, il était restreint aux hesoins absolus et immédiats du pays, par suite du peu de capitaux dont disposaient nos marchands, Il en résultait que, lorsque la navigation était retardée, il y avait pendant quelque temps disette entière des denrées européennes. En 1703, par exemple, où les vaisseaux qui arrivaient communément le 13 mai, ne parurent que le 20 juillet, les magasins se vidérent complètement, Dés le rer juillet il n'y avait plus une seule bouteille de vin ni une aune de drap à vendre à Québec ni à Montréal.

En 1793, il fut conclu entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne un traité

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