‹ Histoire du commerce canadien-français de Montréal 1535-1893 [microforme]Chapitre 70 sur 153 · DUIS-EDOUARD MORIN · texte numérisé non relu

DUIS-EDOUARD MORIN

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M. Morin a du reste collaboré à maintes reprises à la Minerve, au Pays, au Herald, à la Gasette et autres journaux ; et plus d'une de ses idées ont depuis été adoptées par les hommes d'affaires et par nos gouvernants. Il fut encore de ceux qui conduisirent l'agitation en faveur de la construction d'un pont entre Montréal et Longueuil. En 1872 il agita la question de faire examiner le poisson, et ses raisons furent reconnues si plausibles, qu'il fut luimême nommé inspecteur, position qu'il garda jusqu'en 1885. Lors de la construction du Pacifique, en 1874, il fut aussi nommé pour surveiller l’expédition des rails vers l'Ouest. Cette année là, M. Morin transporta son domicile à Longueuil, et il ne tarda pas à s'intéresser d’une manière active au progrès de cette municipalité. L'un des premiers fruits de ses efforts fut le règlement de la célèbre question du chemin de Chambly et la construction du nouveau quai à Longueuil. En 1887 les citoyens de Longueuil l'élurent maire par acclamation, honneur qui lui a été deux fois conféré depuis. En 1893, M. Morin déclina la candidature. Durant son administration, il avait rétabli l’ordre dans les finances de la municipalité et veillé à ses intérêts avec tant de soin, que les citoyens ont vivement regretté sa retraite. Ce fut M. Morin qui lança devant le Board of Trade l'idée de faire de la baie de Longueuil un port pour le commerce du buis — idée qui fit du bruit dans le temps et qui devra se réaliser un jour ou l’autre. En 1884 M. Morin réorganisa la Société St-Jean-Baptiste de Longueuil'; et pendant plusieurs années il en resta le président. En 1885, M. Morin donna sa démission comme inspecteur du poisson, et sous le nom de Compagnie de Pêche de Gaspé, il ouvrit de grands établissements pour la pêche à la Grande Rivière, cointé de Gaspé, lesquels sont sous la direction de son fils Au-

guste. [Il représente, en outre, à Montréal depuis 23 ans M. J. P. Wiser, distillateur.

Nous avons dit que M. Morin favorisa d’abord l’entrée des marchands canadiens-français dans le Board of Trade; et pour cette raison il s'opposa à la formation de la Chambre de Commerce. Mais ayant peu après constaté que l’amalgamation n'était ni facile ni désirable dans les circonstances, il ne tarda pas à se rallier à ses compatriotes, tout en restant membre du Board of Trade. Depuis, M. Morin a été élu membre du Conseil de la Chambre de Commerce à quatre reprises, et il vient de terminer son deuxième terme comme président. Les nombreux rapports qu'il a faits devant ce corps important sur les questions d'actualité pour le commerce n'ont jamais manqué d'avoir du retentissement dans la presse et dans le monde politique. Aussi lorsqu'il s'est agi de nommer un commissaire spécial pour représenter le commerce canadien à l'exposition de Chicago, le gouvernement fédéral a immédiatement jeté les yeux sur lui, et il a rempli cette mission avec honneur et distinction. La Chambre de Commerce ayant obtenu en 1893 d'être représentée sur la Commission du Hâvre de Montréal, elle a élu M. Morin pour être son premier représentant.

On le voit, M. Morin est un travailleur, un de ces hommes d'initiative et de progrès, qui ne peuvent pas vivre un jour sans tenter quelque chose pour l’avancement général. A soixante ans passés il est encore dans toute sa force physique et intellectuelle, et il ne songe pas encore, que nous sachions, À prendre sa retraite. Mais il pourra, quand il le voudra, se reposer sans que personne n'ait le droit de lui contester la satisfaction d’avoir bien servi son pays. Il aura aussi alors le plaisir de se voir revivre dans ses enfants.

En effet, M. Morin est père de deux fils et de cinq filles L'aîné, M. L. E, Morin. fils, après avoir fait pendant quelque temps le commerce des huiles, a été dernièremen nommé surintendant du département sanitaire de la ville de Montréal. Après l'avoir vu à l'œuvre, toute la presse a été unanime à le féliciter sur la manière aussi prompte qu’efficace avec laquelle il a organisé ce département. Le deuxième fils, Charles-Henri- Auguste, a la direction des établissements de pêche de son père. L’aînée des filles, maintenant décédée, épousa M. Candide A. Dufresne; une autre, Marie-Mathilde, est entrée dans la congrégation des Saints Noms de Jésus et de Marie. Elle est actuellement en mission à Amherstburg, comté d'Essex, Ont. Une autre est entrée dans la communauté des

Sœurs Grises et les deux dernières demeurent avec leur père.

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