‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 100 sur 175 · PARCOURS · texte numérisé non relu

PARCOURS

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Nota. — Le parcours par jour n'est qu'approximatif, les routes de terre n'ayant pas exactement la même longueur que les voies ferrdes.

Les moyens dé transfOkt et d'echange

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pas plus vite. Ils devaient souvent emporter tout un mobilier. « Je vais à deux calèches, écrit Mme de Sévigné, j'ai sept chevaux de carrosse, un cheval de bât qui porte mon lit et trois ou quatre hommes à cheval ; je serai dans ma calèche tirée par mes deux beaux chevaux ; l'autre aura quatre chevaux avec un postillon. » Avec cet attirail elle restait huit jours en route pour gagner Nantes et un mois pour aller voir sa fille en Provence.

Jusqu'au xvii*" siècle les coches étaient des voilures ouvertes, avec rideaux de cuir. Dans le cours du siècle ils furent garnis de panneaux en bois et désignés généralement sous le nom de carrosses. Ils étaient tirés par quatre chevaux et contenaient huit places et, à l'arrière, deux magasins d'osier pour les bagages.

Le roulage des marchandises se faisait par charrettes à deux ou à quatre roues. « Elles sont toujours trop chargées, disait Mercier plus tard au xviii*^ siècle, et au delà de ce qu'il est possible à des chevaux de traîner. Si le pavé est glissant et qu'il faille monter un pont ou une rue un peu élevée, c'est un train d'enfer. » Sous Louis XIV, le roulage prenait quatre jours de Paris à Orléans, soit à peu près sept à huit lieues par jour.Les rouliers demandaient 3 livres 5 sous à 3 livres 4 sous par 100 livres pesant ^.

Sous le règne de Louis XIV, en 1662, le marquis de Cronan ets es deux associés obtinrent le privilège d'établir dans Paris « tel nombre de carrosses qu'ils jugeront à propos et aux lieux qu'ils trouveront les plus commodes, qui partiront à des heures réglées pour aller continuellement d'un quartier à autre où chacun de ceux qui se trouveront aux dites heures ne paiera que sa place pour un prix modique ». Le prix était de 5 sous : on les nommait les « carrosses à 5 sous ». La vogue fut très grande les premiers jours *.Le prix fut porté à 6 sous en 1664. Mais l'entreprise ne paraît pas avoir duré longtemps \

Pendant la première partie du règne de Louis XIV, l'Université et le roi avaient encore chacun leurs messageries ; plusieurs seigneurs ou particuliers en possédaient aussi. Ces messagers partaient de Paris ,

1. 3 livres 10 sous contenaient jfrès de 10 fr. d'argent. Aujourd'hui, d'après le prix moyen de 5 centimes la tonne kilomérique, le coût de 100 livres de Paris à Orléans est d'environ 2 fr. 50.

2. Mme Perrier, sœur de Pascal, accusait à ce propos «... La chose a réussi si heu' reusement que dès la première matinée, il y eut quantité de carrosses pleins et il y alla même plusieurs femmes, .. Le premier et le second jour le monde était rangé sur le Pont Neuf (les carrossiers allaient de la porte Saint-Antoine au Luxembourg) et dans toutes les rues pour les voir passer et c'était une chose plaisante de voir tous les artisans cesser leur ouvrage pour les regarder, en sorte qu'on ne lit rien samedi dans toute la route, non plus que si c'eut été une fête. »

3. Ce n'est qu'en 1828 qu'une entreprise d'omnibus a été créée, bien longtemps après cette première expérience. Le prix des omnibus qui était Hxé d'abord à 5 sous, fut porté à 6 en 1830.

voiLuranl personnes, bag^ages et marchandises dans presque toutes les grandes villes du royaume. Les contestations étaient fréquentes entre les maîtres des courriers et les messagers de T Université. Un arrêt du Conseil fut rendu le 7 avril 1661 pour y mettre fin, arrêt qui maintint les maîtres dans la jouissance de leurs droits et particulièrement du droit défaire partir « tel nombre de courriers qu'ils jugeront nécessaire pour porter les dépêches de Sa Majesté et celles du public en toute diligence par chevaux de poste ou relais Jour et nuit de la ville de Paris en tous les bureaux de poste établis ou à établir ». 11 était en même temps interdit aux messagers de l'Université d'aller en poste et de marcher la nuit.

En 1672 Louvois, alors surintendant général des postes, conféra pour cinq années le bail des postes moyennant 1.200.000 livres à Lazare Patin qui fut substitué aux droits des maîtres courriers établis en 1630. L'Université, moyennant une rente annuelle de 300.000 livres sur la ferme des postes, renonça à son privilège. Il fut défendu à tout cocher, muletier, piéton de transporter des lettres et paquets sous peine d'amende (édit du 7 décembre 1673). Le prix du port fut fixé à 2 sous pour les lettres simples et à 4 sous pour les lettres pesant plus d'un once quand la dislance ne dépassait pas 25 lieues ; 5 sous et 10 sous au-dessus de 80 lieues.

A la fin de l'année 1676 le roi remboursa définitivement la finance des propriétaires de ces messageries et réunit toutes les concessions entre les mains du fermier général des postes de France, en donnant un règlement en 21 articles (25 juin 1678) aux nouvelles messageries royales '. Le fermier était autorisé à établir un ou deux messages ordinaires dans les villes de bailliage, sénéchaussée ou élection qui n'en possédaient pas encore; défense était faite aux rouliers, coquetiers, muletiers et autres voituriers de porter aucune lettre autre que leur lettre de voiture. Les messagers pouvaient employer toute espèce de voiture, pourvu qu'elles ne fussent pas suspendues et qu'elles ne fussent couvertes que de bAche ; toutefois ils pouvaientprendre jusqu'à trois voyageurs et ils avaient seuls le transport des prisonniers et des dossiers des procès. D'ailleurs toutes personnes, marchands ou autres, pouvaient se servir pour le transport de deniers et marchandises de toutes autres voitures que celles des messageries ; mais les maîtres des coches et carrosses ne pouvaient prendre, outre leurs voyageurs, qu'un bagage de trente livres par personne. Ce règlement est resté en vigueur durant le règne de Louis XIV, bien que les fermiers des messageries aient entravé autant qu'ils le pouvaient la libre concurrence des entreprises autres que celle des messageries royales.

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