‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 99 sur 175 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

postes de France de 1646. Pour les principales villes cependant les départs étaient à jour fixe. En 1664 il y avait déjà quelque amélioration ; mais la marche était lente. On mettait deux jours de Paris à Orléans, dix jours de Paris à Lyon en été et onze jours en hiver par le coche. Les voitures ne marchaient pas la nuit. Peu de temps après la mort de Colbert fut inaugurée la « diligence » de Lyon qui a été célèbre dans ce temps parce qu'elle faisait ime quinzaine de lieues par jour. Dans le discours préliminaire d'une comédie « V Important », jouée en 1694, l'auteur Palaprat plaisante ce nouveau véhicule. « Me voilà parti, me voilà empaqueté et emballé entre deux énormes magasins * dans ce char à rouliers qui mène à Lyon et qu'on appelle fort improprement la diligence, formidable machine dont les fermiers n'ont pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur corbillard terrible ni les malheureux condamnés à la roue qu'il renferme n'ont un moment de repos pendant tout le voyage. »

Malgré la sollicitude de Colbert, l'amélioration n'était pas encore très sensible après son ministère. Regnard, en 1681, mit huit jours pour se rendre de Paris à Bruxelles ; il est vrai que ce n'était pas par la diligence. Vers la fin du grand règne, pour aller de Paris à Laon, on couchait deux jours en route, à Nanteuil et à Soissons ; pour aller à Lille, il fallait quatre jours ; pour Calais, cinq ; pour Dijon, sept jours en été et huit en hiver; pour Strasbourg, onze jours et quatre heures. Il fallait en somme dans ce temps-là plus de jours pour se rendre en diligence d'un lieu, à un autre qu'il ne faut d'heures aujourd'hui par train express'.

Les grands seigneurs, quand ils voyageaient en voiture, n'allaient

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