‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 116 sur 175 · LIVRE Vl- — GHAl'lTRE VlU · texte numérisé non relu

LIVRE Vl- — GHAl'lTRE VlU

durent procéder à une nouvelle réforme ; depuis 1691 les consuls furent nommés par le roi et reçurent des appointements fixes.

La doctrine commerciale. — A peine en possession du pouvoir, Golbert donna des ordres pour qu'on tint « à la mer, tous les étés, dans l'Océan et la Méditerranée, 12 galères et 20 vaisseaux dont les chefs devront escorter les vaisseaux français qui voudraient aller soit au Levant, soit au Nord ou vers le Midi » : protection qu'il était bien difficile de rendre elîective. Mais il comprenait la politique du commerce avec les nations étrangères comme toute l'école mercantile. « Tout le commerce consiste à décharger les entrées de marchandises qui servent aux manufactures du dedans du royaume et à charger celles qui sont manufacturées. » C'est la doctrine qui a inspiré les tarifs, surtout celui de 1667.

Le parfait négociant de Savary ' est le meilleur guide qu'on puisse suivre pour étudier la nature et la répartition du commerce français vers l'époque de la mort de Colbert. Les vingt-trois années de son ministère sont la période du grand développement de ce commerce pendant le règne de Louis XIV.

Smyrne était le marché principal et surtout le grand entrepôt des draps, londrines fines de Hollande, londrins d'Angleterre, londres de France, des bonnets fins de Marseille, du papier de France, de la cochenille, du vert de gris et de l'indigo. Les Turcs étaient très difficiles sur la qualité. Rouen avait jadis perdu ce marché à cause de ses mauvaises fournitures. La supériorité des Hollandais et des Anglais, dit Savary, u vient de la fidélité qu'ils ont toujours gardée tant dans la bonté des draps que dans leur teinture ». Constanlinople recevait, soit directement, soit par Smyrne, beaucoup de draps. 11 y avait des marchands français, surtout des commissionnaires établis à Smyrne, un consul qui était le plus important du Levant. Marseille y envoyait tous les ans dix vaisseaux et quarante barques ou polacres dont le plus fort chargement était en piastres, le reste en draps, bonnets, papier, cochenille, etc. *.

Alexandrie avait beaucoup perdu depuis que le commerce de l'Inde et de l'Orient prenait la route du Cap. Pour lui rendre sa prospérité Savary conseillait la construction d'un canal de Suez à Damietlc, « quoique l'eau de la mer Rouge fût plus haute ». Il rôvait môme la conquête de TEgyple. « Si notre grand monarque Louis le Grand était le maître de l'Egypte, comme il serait à souhaiter, il surmonterait assurément par sa sagesse et sa prudence toutes les difficultés. »

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