‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 127 sur 175 · COMMISSI · texte numérisé non relu

COMMISSI

Sortant de Paris

LES ONNAIRBâ

Arrivant à Farii

2 liv. 2 s.

2liv.l6 s.

7liv.lO »

1 liv. 4 s.

Bordeaux

Toulouse

Marseille

Lyon

Strasbourg

Reims

Lille

Houen

Nantes

Inconvénient du tarif du 22 juin 1777 qui fixe le prix à 1 s. 6 d. par 100 livres et par lieue :

Depuis 15 mois, 2.000 voitures de farine ont été de Paris à Lyon menacé de disette au prix de 4 liv. les 100 livres. Au tarif du roulage de France elles auraient payé 9 liv. 3 s.

d'aller acheter du vin à Roanne. Ce vin du Midi avait déjà payé les droits de la douane de Valence et de la douane de Lyon. 11 eut à payer un droit seigneurial à Arlaix, puis à Giverdon, l'entrée des Cinq grosses fermes à Oigoin, un octroi à Decize, à Nevers cinq péages, l'octroi à Poids-de-fer et à la Charité, trois péages et l'octroi à Cosne et à Nemours, à Moret deux péages seigneuriaux, à Melun trois octrois. Il en était de même sur la Saône et le Rhône sur lesquels le nombre des péages, suivant V Encyclopédie, était de trente-six ; les uns, dits octrois, avaient été cédés par le roi aux Etats de Bourgogne, les autres appartenaient à des seigneurs laïques ou ecclésiastiques.

Turgot nomma une commission chargée d'examiner la validité des péages. Necker en nomma une autre. Le mal subsista.

Les canaux. — Le canal de Briare (1638) et le canal d'Orléans (1692) existaient depuis le xvii® siècle et réunissaient la Loire à la Seine par le Loing. En 1724, le Loing, canalisé de Montargis à Saint- Mammès, compléta cette ligne de navigation, très importante pour l'approvisionnement de Paris. Le canal de Picardie, qui était en projet depuis Richelieu, fut construit de 1728 à 1738 par les soins du financier Grozat entre Chauny et Saint-Quentin. En 1783, les Etats de Bourgogne entreprirent à leurs frais le canal du Charolais (aujourd'hui canal du Centre) qui ne fut achevé qu'en 1866 et le canal de Bourgogne, reliant le bassin du Rhône-Saône à celui de la Seine, dont aucune section n'était encore achevée à l'époque de la Révolution. Le canal de Monsieur (de la Saône au Rhin) était à l'état d'entreprise, Entin, la Flandre possédait un réseau de canaux très étendu et on travaillait sous Louis XVI à canaliser la Charente.

Les foires. — Au moyen âge les grands transports de marchandises avaient heu surtout à l'époque des foires où se concentrait principalement le commerce en gros. Il n'en était plus de même au xviii'' siècle. Le commerce était devenu indépendant de ces assemblées.

Les grandes foires commerciales, encore prospères au xvi« siècle, avaient décliné au xvii^ siècle, sans cependant cesser d'être fréquentées ; elles déclinèrent aussi au xyiii*^ siècle, pendant que les foires agricoles et les marchés de denrées alimentaires se maintenaient et gagnaient même en importance. C'est que le besoin des solennelles réunions de marchands à des époques et en des lieux fixes devenait moins nécessaire à mesure que les villes étaient mieux approvisionnées par des boutiques permanentes, que les magasins en gros étaient aussi mieux approvisionnés pour entretenir la consommation, que les voies de communication devenaient meilleures pour les ravitailler, que la sécurité des voyages individuels devenait plus grande. « L'objet des ventes qui se font dans les foires, lit-on dans le Répertoire de Guyot et Merlin, diminue chaque année, en raison de ce que le commerce en général

LES ROUTES ET LES TRANSPORTS

acquiert plus d'étendue et plus d'activité par les faveurs qu'il a reçues depuis un certain nombre d'années. » Turgot, dans l'article « Foires et marchés » de V Encyclopédie, se montre très peu favorable à l'institution. « Qu'importe qu'il se fasse un grand commerce dans une certaine ville et dans un certain moment, si ce commerce momentané n'est grand que par les causes mêmes qui gênent le commerce et qui tendent à le diminuer dans tout autre temps et dans toute l'étendue de l'Etat. »

Le Répertoire cite Beaucaire comme exemple du déclin des foires de 1744 à 17.55 ; on y faisait alors, année moyenne, 14.300 000 livres de ventes ; de 1766 à 1776 on en fit seulement 10 millions 1/2. Cependant l'intendant de la provmce, Ballainvilliers, vers les dernières années de Louis XVI, estimait le montant des ventes à un chifTre beaucoup plus élevé, à une trentaine de millions, le ventes consistant en toileries, soieries, draperies, drogueries, épiceries, merceries, quincaillerie, bijoulerie, instruments agricoles. Les marchandises apportées de l'étranger payaient les droits de douane de l'imposition foraine ; mais elles étaient exemptes en France de certains péages intérieurs. La foule qui se pressait sur le champ de foire présentait, comme dans le passé, une variété pittoresque de types et de costumes des pays latins et orientaux.

Parmi les foires de la région du Nord une des plus importantes encore était celle de Guibray, près de Caen, où l'on faisait, outre le grand commerce de chevaux et de bestiaux, beaucoup de ventes de tissus et de bijoux.

Page 1