Voir plus haut le chapitre de la Monnaie
la vérification de toutes les valeurs qui avaient eu cours pendant le Système, en vue d'annuler les unes, de réduire les autres et de faire connaître, par une épuration sévère, le chiffre exact des dettes à liquider. Les frères Paris, adversaires de Law, dirigèrent l'opération. Un arrêt du 4 février décida « que la Compagnie serait tenue de rendre compte de la Banque qui lui avait été unie le 23 février 1720 ». Le bail de la ferme des tabacs, le seul qu'elle eût conservé, lui fut retiré (29 avril) ; des commis royaux remplacèrent les agents de la Compagnie.
La vérification fut longue. Elle porta sur 2 milliards 1/4 de billets de banque et de contrats de toute nature, et sur 125.024 actions estimées 250 millions, le tout appartenant à 511.000 propriétaires. Une quantité de titres déposés par des « Mississipiens » furent annulés et le nombre des actions de la Compagnie fut réduit à 50.000'. D'autre part, les 2 milliards 1/4 furent réduits à 1.700 millions. Le visa avait supprimé près de 850 millions de valeurs.
De nouvelles rentes furent créées, rentes perpétuelles et rentes viagères. En somme l'Etat, qui avait à payer 86 millions de rente à la mort de Louis XIV, n'eut plus, à la suite du visa du duc de Noailles et de celui des frères Paris, qu'une charge de 56 millions et le capital de toutes ses dettes, venons-nous de dire, se trouva ramené, non sans violences faites à des intérêts privés, à 1 700 millions (équivalant environ au poids d'argent de 2 milliards de francs). C'est ainsi que par une suite d'actes qu'on peut qualifier de banqueroute et que ne justifiait qu'incomplètement la manière dont beaucoup de titres avaient été acquis, la dette de Louis XIV se trouva réduite de moitié. Le rêve de. prospérité dont Law avait enivré la France s'évanouit ; mais la circulation se trouva débarrassée de la masse des papiers qui l'encombrait, et le commerce reprit une allure normale.
Reconstitution de la Compagnie des Indes. — La Compagnie des Indes, qui pendant l'opération du visa avait été mise en interdit, recouvra sa liberté en 1722-1723.
Le roi, qui lui devait une rente de 3 millions, s'acquitta en lui rendant d'abord la ferme des tabacs dont le produit lui était très utile * et la perception des droits du domaine d'Occident, et en lui donnant ensuite (31 avril 1723) le monopole de la vente du café (31 août 1723) et le droit d'établir des loteries*. Il institua un conseil des Indes présidé par le