‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 26 sur 175 · Diodore de Sicile, t. II, liv. V, p · texte numérisé non relu

Diodore de Sicile, t. II, liv. V, p

2. D'une légende, reproduite par Diodore de Sicile, on a tiré la supposition qu'à Alésîo, sur le chemin qui relie la Saône à la Seine, il y avait eu un connptoir phénicien.

LA GAULE PREROMAINE

temps connues des Phéniciens, et s'avança jusqu'à une île de Thulé où, dit le récit, la journée, au solstice d'été, durait vingt-quatre heures. Etaienl-ce les Orcades ou l'Islande ? Dans un second voyage, Pylhéas poussa sa reconnaissance jusqu'à la mer Baltique. L'autre, Ethymène, suivit la côte d'Afrique d'où l'on tirait la poudre d'or et reconnut l'embouchure d'un grand fleuve qui est peut-être le Sénégal.

Le canal que Marins avait fait creuser par son armée fut profitable au commerce de Marseille et procura un revenu à la ville, Marius lui en ayant cédé le péage. A la fin du second siècle, la population de Marseille avait beaucoup augmenté et s'était étendue dans des faubourgs.

Les places de commerce au commencement du i""" siècle avant i ère chrétienne. — La Gaule méditerranée commença à se civiliser au contact des marchands. Un siècle avant l'ère chrétienne, des gisements métalliques étaient exploités dans les Alpes, les Cévennes, les Pyrénées, argent, cuivre, plomb; on lavait les sables aurifères. Narbo- Martius, ville celtique, était par l'Aude et la Garonne en rapport avec Burdigala (Bordeaux), récemment fondée. Les Venètes (Vannes) dans le pays desquels était le port de Vindana (Lock Maria ker), hardis marins montant de grosses barques pourvues de voiles de cuir et d'ancres de fer, allaient chercher les métaux, étain, plomb, fer, or, argent dans lile de Bretagne et venaient les débarquer à l'embouchure de la Loire à Corbilo.

Des chemins avaient été frayés sur lesquels pouvaient circuler de lourds chariots à deux ou à quatre roues. Des péages étaient établis sur ces chemins ainsi que sur les cours d'eau et étaient perçus souvent par les chefs au nom du peuple. Dans certains centres se tenaient des espèces de foires liées à des cérémonies religieuses, à Nemausus (Nîmes), àV^indebona (Vienne), à Cabillonum (Ghalon),à Alésia (Alise), à Avaricum (Bourges), à Genabum (Orléans), à Tolosa (Toulouse). La plupart de ces localités étaient des étapes sur une grande voie commerciale dont Marseille était le point de départ ou d'arrivée. De la Saône les trafiquants passaient par des portages dans le bassin des fleuves voisins.

Marseille avait d'abord tiré un notable profit de son alliance avec Rome. Mais dans la suite elle eut à subir la concurrence des marchands italiens, qui finirent par acquérir la prépondérance lorsque la Province romaine se fut étendue sur toute la côte de la Méditerranée et à l'intérieur jusqu'au pays des AUobroges.

La province romaine. — La Gaule chevelue était encore barbare que la région méditerranéenne, colonisée par les Phéniciens, puis par les Marseillais, était déjà civilisée et faisait un commerce important. Rome y avait pénétré en 125 avant Jésus-Christ comme aUiée des Marseillais et y avait fondé ses deux premières colonies, celle d'Aquîe

LIVIIE PKlilMIEH. — CHAPITIIE IMtEMIEIl

Sexlia» (Aix) en 123 el celle de Narbo Martius (Narbonne) en 118 et peu à peu elle avait occupé tout le plat pays, de la mer aux Cévennes , puis jusqu'au pays des Allobroges dans le bassin du Rhône el, par delà Narbonne jus(]u'à Tolosa sur la Garonne. Narbonne, qui était à la fois une étape sur la route d'Espagne et un port de communication avec la Garonne, et Arles, port sur le Rhône, situé en amont du delta du fleuve, devinrent deux marchés que Diodore de Sicile dit être très importants de son temps. Ils partageaient le commerce de la contrée avec l'antique et puissante cité de Marseille. Soixantequinze ans après l'entrée des Romains en Gaule, Cicéron disait à propos de la Province : « La (îaule est remplie de marchands et peuplée de citoyens romains. Aucun Gaulois ne fait la moindre alîaire sans la participation d'un citoyen romain ; pas un denier n'est en mouvement qui ne figure sur les tablelles d'un citoyen romain. »

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