Equivalant au poids de 15 fr
3. On Trappail des monnaies impériales en Gaule dans quatre ateliers: Trêves, Ârlei Lvon, Narbonne.
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LA GAULE ROMAINE
Gratien et Valentinien tentèrent de rétablir l'équilibre en augmentant la valeur nominale du sou d'or : ce fut insuffisant, Symmaque, qui a signalé ce changement dans ses lettres, dit que, quoique Gratien eût décidé que les changeurs ne donneraient plus pour un solidus d'orque la quantité de métal qu'il était juste de donner à cette époque, la puissance de l'or avait continué à augmenter prodigieusement de son lemps et que les denrées se payaient moins cher parce que l'or avait une plus grande valeur. C'est que du temps de Symmaque la circulation monétaire n'était plus troublée seulement par un vice intérieur de fabrication. Les invasions et les pillages des barbares, comme nous venons de le rappeler, avaient commencé. L'Empire s'effondrait. Les métaux précieux se cachaient ; des trésors ont été enfouis à cette époque dont plusieurs ont été découverts dans les temps modernes. La disparition de ces métaux gênait les transactions et aggravait la situation générale.
A cette époque, la monnaie d'or commença à être altérée dans son aloi aussi bien que dans son poids. Le Solidus gallicua est une pièce qui ne pesait plus que 3 gr. 89 : on en tailla 84 à la livre.
Les empereurs qui essayèrent d'arrêter les progrès du mal ne firent probablement que le rendre pire en défendant à toute personne, sous peine de mort, de fondre les monnaies et d'en transporter à l'étranger, et aux marchands d'emporter en voyage plus de 1000 « folles » (c'està-dire un poids d'argent inférieur à une centaine de francs) ; c'était encore une entrave au commerce.
L'intérêt de Vargent. — La rareté du capital, particulièrement celle de l'argent qui en est le véhicule, produit en général une hausse du taux de l'intérêt ; cet intérêt paraît avoir été très élevé à la fin de l'Empire. La loi ne reconnaissait, il est vrai, que la centesima usiira qui correspond très vraisemblablement au taux de 12 p. 100 et qui était en usage à Rome depuis la République ; mais cette loi ne s'appliquait qu'aux prêts d'argent et elle devait être, comme toutes les lois de ce genre, souvent violée quand la limite qu'elle posait n'était pas conforme à l'état des capitaux. Cependant d'après le code .lustinien (IV, XXXll, 26) l'intérêt commercial, sauf pour les prêts maritimes, ne dépassait pas 7 à 8 p, 100.
Pour le prêt en nature, la limite était tout autre ; car, lorsqu'un cultivateur avait prêté du grain à son voisin, la loi l'autorisait à réclamer, à titre d'intérêt, un tiers en sus de la semence prêtée. Les plaintes des chrétiens nous font entendre que les prêteurs d'argent n'étaient guère moins exigeants : Saint Ambroise dit que les pauvres ne se libéraient d'une dette qu'en contractant de plus lourds emprunts et qu'il a vu plus d'une fois sur le marché des enfants que leur père vendait comme esclaves pour s'acquitter envers ses créanciers. C'était encore
LIVUE PIlKMIKIl.
CHAIMTKE II
là un élat de choses assurément peu favorable à l'aclivilé commerciale.
Le commerce d'argent était, indépendamment des prêteurs particuliers, exercé pas les argenlarii (banquiers) et les nummularii (changeurs) qui avaient le caractère d'officiers publics et chez qui se faisaient par paiement en espèces ou par virement les règlements de beaucoup de commerçants.
En terminant ce livre rappelons que la Gaule avait été pendant presque quatre siècles et demi sous l'administration impériale qui avait transformé sa langue, ses mœurs, sa culture, son industrie, et qu'elle avait étendu son commerce. Si le dernier siècle fut une période de décadence, on ne doit donc pas oublier qu'elle avait joui pendant trois siècles du bénéfice de la paix et de la civilisation romaine.