‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 29 sur 175 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DESORGANISATION ET TRANSFORMATION DE f.A SOCIETE ROMAINE.

Sommaire. — Trnsformation (27), — Les invasions (27). — Les conquérants (28). — Le statut personnel (20). — La fusion (30). — La vie rurale (30). — Les villes (30). — Invasions normandes, hongroises et sarrasines (31).

Transformalion. — Pendant la période romaine la Gaule était une contrée qui s'étendait des Pyrénées au Rhin et des Alpes à l'Océan. L'unité cessa avec les invasions des Germains et ne fut reconstituée que par intervalles et pour un temps court par des conquérants tels que Clovis, Dagobert, Pépin, Gharlemagne ; l'état politique et social ne comportait plus un organisme aussi vaste, concentré dans la main d'un souverain. Le territoire s'émietta, soit conformément aux régions naturelles qui le composaient, soit suivant les races indigènes ou les peuplades conquérantes qui l'occupaient, jusqu'au jour où le morcellement féodal fut complet et où les générations se succédèrent, figées en petits compartiments dans le servage et vivant dans l'isolement sous l'autorité de leur seigneur. Cet état social ou plus exactement la série des transformations qui ont produit le régime féodal a duré, avec le régime féodal pur, sept siècles et plus, jusqu'au réveil qui s'est manifesté par les croisades, par l'affranchissement des serfs, par la création des communes et en même temps par le progrès de la puissance royale.

Les invasions. — Nous avons dit que pendant le iv* siècle des bandes ou des tribus de Germains avaient pénétré en Gaule, soit commtî ennemis, soit comme auxiliaires ou comme colons. En 406 eut lieu la grande invasion composée principalement de Suèves, d'Alains, de Vandales et de Rurgondes qui fuyaient devant les Huns ; elle passa le Rhin à Mayence qu'elle incendia, elle écrasa les Francs Ripuaires qui lui barraient le passage et se répandit de la Germanie et de la Belgique dans les Lyonnaises et l'Aquitaine, saccageant, brûlant les villes, chassant devant elle hommes et troupeaux; le torrent dévastateur, laissant partout des ruines sur son passage, s'écoula en partie jusqu'en Espagne ; mais la plus grande partie resta en Gaule, s'appropriant les villas et les terres.

Une douzaine d'années plus tard, dans le sud, les Visigoths, après une longue pérégrination, arrivèrent d'Italie et occupèrent le midi de la Gaule que l'empereur romain leur cédait (412). Plus civilisés que les peuplades du Nord, ils s'imposèrent en maîtres, mais ils ne furent pas destructeurs.

La barrière du Rhin était tombée; d'autres invasions germaines suivirent celle de 4% jusqu'au jour où apparurent les Huns (451), dont l'invasion dévastatrice n'épouvanta pas moins les Germains fixés en Gaule que les Gaulois.

Au commencement du v siècle, Clovis, chef des Francs Saliens. qui avait repoussé à Tolbiac une invasion d'Alamans (4%), établit sa domination sur la Gaule au nord de la Loire ; il se concilia la population gallo-romaine et surtout les évoques en se faisant chrétien et il réunit à son empire le royaume des Visigoths, c'est-à-dire la Gaule méridionale. Après sa mort, la division et les guerres intestin s recommencèrent ; nous n'avons pas à les raconter. Mais nous avons à rappeler la dévastation qu'elles ont causée. Grégoire de Tours, parlant d'une de ces guerres entre les fils de Clotaire, dit : « Ils ont emporté tant de butin que toute la contrée qu'ils ont quittée pouvait être considérée comme entièrement vide d'hommes et même de bétail ; ils se sont livrés à des incendies, des rapines, des meurtres tels qu'on les commet d'ordinaire en pays ennemi ; ils ont emmené des captifs... Il s'en est suivi une épidémie sur le bétail, si bien qu'il était extraordinaire de voir ensuite une jument ou une génisse dans le pays. » La lutte de l'Australie et la Neustrie occasionna des désastres du même genre.

Les rois Mérovingiens cherchèrent à conserver les cadres de l'administration romaine en substituant leurs comtes et leurs agents fiscaux aux fonctionnaires romains. Mais la machine se disloqua. Les évoques, défenseurs des cités dans les derniers temps de l'Empire, prirent une autorité plus grande au milieu du désarroi des invasions.

Les conquérants. — Fusiel de Coulanges s'est représenté les Germains dans la Gaule comme des armées au service des empereurs romains, armées indisciplinées et pillardes sans doute, mais nullement hostiles aux institutions sur lesquelles reposait la société romaine. 11 est certain que Francs. Burgondes, Visigoths n'étaient que des poignées d'hommes à côté de la masse du peuple et qu'ils n'apportaient pas un système préconçu de gouvernement. Mais ils étaient brutaux, cupides et maîtres par la force. S'ils ne changèrent pas tout le code de la propriété, ils devinrent propriétaires et ils ne purent le devenir qu'au détriment des anciennes familles gauloises. Sans doute après la période des invasions, la majorité des habitants des villes, bien réduils en nombre, et probablement aussi la majorité des possesseurs de la

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