‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 48 sur 175 · Voir entre autres l'ordonnance de · texte numérisé non relu

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LES PÉRIODES '''

paisent en courage. » Les impôts, imprudemment supprimés un moment, ne tardèrent pas à être rétablis après la répression de Témeute des Maillotins.

Sous les règ-nes de Philippe de Valois et de Jean le Bon, ce besoin d'argent avait nécessité de fréquentes convocations d'Etats généraux et provinciaux. Comme Tautorité morale delà royauté se trouvait fort ébranlée par les revers de ses armées, les Etats généraux, ou du moins le Tiers-Etat qui payait, ne se contentèrent plus d'être un simple enregistreur d'édits bursaux ; se défiant du gaspillage d'une cour dépensière, ils prétendirent surveiller, administrer même les fonds publics, partant gouverner. Leur prétention, qui, si elle avait réussi, aurait changé l'avenir politique de la France, était prématurée ; on sait comment Etienne Marcel échoua-.

Pendant la guerre de Cent Ans, l'insurrection de Paris, sous l'impulsion d'Etienne Marcel, n'a pas été la seule manifestation hostile à la royauté. Le mécontentement et la misère ont soulevé à plusieurs reprises la bourgeoisie et surtout le petit peuple ; la Jacquerie a fait sortir de leurs chaumières une centaine de mille paysans, vilains et serfs, protestant par des atrocités contre les rapines des gens de guerre et les exactions de la maltote ; l'émeute des Maillotins a été le fait de l'indignation des Parisiens contre le rétablissement des impôts ; l'insurrection des Cabochiens a été à la fois une tentative de réformalion administrative et un brutal épisode des dissensions et des guerres intestines qu'entretenaient alors, au grand préjudice du pays, les deux partis politiques des Armagnacs et des Bourguignons. Dans de telles conditions le commerce ne pouvait pas être florissant, sinon dans certaines provinces, comme la Bourgogne, que les fléaux de la guerre n'atteignaient pas.

Le relèvement après la guerre de Cent Ans. — Le relèvement commença après le traité d'Arras (1435) et la rentrée de Charles VII à Paris (1437). En 1439, les Etats généraux, réunis à Orléans, consentirent à payer annuellement une taille de 1.200.000 livres (poids d'argent égal à celui de 7.200.000 francs) pour créer une armée permanente et régulière et délivrer le territoire des brigandages incessants de la soldatesque qu'on désignait sous le nom d'écorcheurs. Le roi, « considérant la povrelé, oppression et destruction de son peuple », fit alors défense à toute personne de lever ou de conduire des troupes, sans avoir reçu à cet effet une commission royale, se réservant de nommer seul les capitaines qui répondraient sur leur tête de la bonne conduite de leurs hommes. Les chefs résistèrent ; ils furent vaincus et obligés de se soumettre les uns après les autres ; cette petite guerre, dite la Praguerie, assit plus solidement le pouvoir royal et quelques années

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