Le vin et le sel étaient taxés à un taux différent
3. Quelques provinces, comme la Touraine et le Ponthieu, et quelques pays élranpers, comme le Portugal etlft Casijile, avaient été exemptés de l'imposition foraine,
LES TRANSPORTS, LES PEAGES ET LA DOUANE
marchés et les foires non franches, perçu à l'entrée des villes pour les marchandises destinées à des particuliers, dans la boutique des détaillants, au point de départ pour les marchandises destinées à l'exportation. Les marchands en détail pouvaient s'abonner. 11 y eut par élection un bureau où l'expéditeur pour pays étrangers devait faire préalablement une déclaration exacte sous peine de confiscation. L'expéditeur à l'étrang'er, en fournissant caution (ord. du \?> déc. 1455), pouvait être autorisé à ne payer le droit qu'après la vente de la marchandise.
Les messagers de rUniversilé. — Le transport des marchandises se faisait par bateau, par char à quatre roues, par charrette, par bêle de somme, à dos d'homme. Malgré l'obstacle des péages, les roules d'eau étaient en général fréquentées, parce qu'elles étaient les plus économiques. Lorsque les marchands se rendaient aux foires, ils partaient, comme par le passé, quand ils le pouvaient, en troupe et munis de sauf-conduits. On transportait, comme on pouvait aussi et suivant les occasions, les lettres et les petits paquets.
Il semble qu'il n'y ait eu d'abord de service de correspondance régulièrement établi qu'à Paris. L'Université de Paris avait des suppôts, agents spéciaux chargés de servir d'intermédiaires entre les étudiants et leurs familles résidant hors de Paris. Les grands messagers faisaient l'office de correspondants des jeunes gens ; les petits messagers ou messagers volants faisaient l'office de facteurs, transportant, moyennant le paiement d'une taxe fixée par le recteur, les lettres, les bagages, les voyageurs même. On trouve des traces de cette institution dès le temps de Philippe-Auguste. 11 existe une ordonnance de Philippe le Bel (27 février 1297) qui les concerne. Louis X le Hutin (3 juin 1315) promit la protection royale aux messagers de la « nation de Flandre ». 11 existait d'ailleurs des institutions du même genre dans des universités étrangères.
Les messagers, « justiciables de l'Université », ne se bornèrent pas à servir d'intermédiaires aux étudiants. Ils acceptèrent des messages pour d'autres personnes et étendirent ce genre de relations dont ils possédèrent le monopole jusqu'au jour où le monopo4e fut entamé par la création de la poste royale. C'étaient des hommes de confiance qui se chargeaient de transporter non seulement des lettres et effets de toute nature, mais de l'argent. Les grands messagers en avançaient môme aux écoliers. De notables bourgeois briguaient ce titre de « messager de l'Université ». Il y avait au xv« siècle une confrérie des grands messagers. L'Université, voulant tirer profit de l'institution, vendit des offices de messager : ce que d'ailleurs l'Université condamna plus tard.
Au xvH* siècle elle afferma les messageries pour le transport des
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voyageurs et affecta le produit à l'entretien des professeurs de la faculté des arts.
De son côté la royauté institua aussi des messagers. En 1445, par exemple, on trouve 18 messagers royaux qui prêtaient serment à la Chambre des Comptes. L'Université ne cessa de réclamer contre cette concurrence.
La poste roijale. — Louis XI, par lettres patentes du 19 juin 1464, créa la poste royale, avec un « conseiller grand maistre des coureurs de France » et des « maistres tenant les chevaux courants pour le service du roy ». «Auxquels maistres est deffendu de bailler aucuns chevaux à qui que ce soit et sous quelque qualité qu'il puisse estre, sans le mandement du roy et du dict grand maistre à peine de vie, d'autant que le dict seigneur ne veut et n'entend que la commodité du dict établissement en soit pour aultre que son service. » Le prix était de 10 sous par cheval et par 4 lieues.
Charles VIII, « pour remédier aux abus qui se font par les chevaucheurs de notre escurie, lesquels par leur négligence retardent moult bien nos affaires », institua un « contrôleur desdits chevaucheurs par tout le royaume » et, d'autre part, limita le privilège universitaire.
Vu la multiplicité, dit-il (éd. du 3 mars 1489), des messagers de l'Université », il en fixa le nombre à « un par chaque diocèse dont il y aura des escholiers k Paris »,