‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 57 sur 175 · En pièces d'or, 11 fr · texte numérisé non relu

En pièces d'or, 11 fr

roi commanda à ses baillis et sénéchaux de « mettre toutes marchandises à une juste et loyale évaluation », de confisquer les marchandises de ceux qui contreviendraient à l'ordre et d'emprisonner leurs personnes.

Devant cette menace les marchands s'abstinrent de paraître sur les marchés. Il fallut que le roi déclarât dans une autre ordonnance que les prévôts et sergents ne devaient ni les molester ni leur infliger des amendes.

D'autre part, malgré les mesures prises pour approvisionner les hôtels de monnaie, telles par exemple que l'obligation pour les particuliers d'y porter le tiers de leur vaisselle, « les monnoyes chômèrent faute de billon ».

Nouvelles allérations de la monnaie. — En 1332, à la suite d'une assemblée de prélats, de barons et de députés des bonnes villes réunis à Orléans, une ordonnance avait été rendue (25 mars) sur le prêt à intérêt et la réforme des monnaies « qui étaient lors si faibles et à si grand prix que tous en étaient grevés ». Celte ordonnance donnait au florin royal cours pour 12 sous parisis, etc. '.

Les nécessités de la guerre avec l'Angleterre amenèrent de nouveaux désordres. Philippe le Bel avait bouleversé le système monétaire beaucoup moins en frappant des pièces d'un poids et d'un titre inférieurs qu'en attribuant aux pièces existantes une valeur légale différente. Les Valois usèrent des deux moyens, plus encore du premier que du second. De 1337 à 1342 * furent mis en circulation de nouveaux types de monnaie d'or, déniera l'écu, denier au lion, couronnes, doubles, anges, et de monnaie d'argent, gros à la couronne, nouveau gros tournois, nouvelle monnaie noire, dont le titre et le poids étaient inférieurs à ceux des anciens types. Il en résulta qu'après onze changements,de 1337 à 1342,1a livre tournois ne représenta plus que 3 fr.47 d'argent ou 4 fr. 72 d'or. La monnaie d'or était rare et ce n'était pas elle qui réglait les prix. Le rapport monétaire de l'or à argent varia alors entre 13,79 et à 9,98. Le roi spéculait sur ces fabrications qui lui rapportaient un seigneuriage: bien médiocre profit, avons-nous déjà dit,en comparaison du mal qu'elles causaient au pays. On peut en juger par ce seul exemple qu'un homme ayant emprunté en 1336 une somme égale au poids de 1.737 francs d'argent, pouvait se libérer en 1342 -avec le poids de 347 francs.

L'historien Villani dit que « presque tous les marchands étrangers

1. Les fréquentes variations de la valeur intrinsèque du denier faisaient que souvent on stipulait.comme par le passé,en marcs d'argent, en royaux, etc. : ce que le roi défendait par ordonnance, prescrivant de ne compter que par sous et deniers (voir, entre autres ordonnances de ce genre, celle du 23 octobre 1330).

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