‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 58 sur 175 · octobre 1338, 8 juin 1339, etc · texte numérisé non relu

octobre 1338, 8 juin 1339, etc

cessèrent alors de venir trafiquer dans le royaume ; que les Français eux-mêmes, ruinés par ces fréquents changements, se retirèrent ailleurs et que les autres sujets du roi, nobles et bourgeois, ne se trouvèrent pas moins appauvris que les marchands : ce qui faisait que le roi n'était pas du tout aimé ». Pas tous les marchands sans doute ; car, comme le dit encore Villani, beaucoup vendaient 60 sous ce qu'ils avaient coutume de vendre auparavant 20 sous, tandis que les revenus et cens des gens nobles, étant payés au taux fixé par convention, diminuaient avec la faible monnaie. Partout on se plaignait de la cherté des vivres.

Philippe de Valois, ayant signé une trêve avec l'Angleterre en 1343, profita de ce répit pour revenir, sur le conseil des Etats généraux, à la forte monnaie (22 août 1343j. Pour cela il fallait réduire de plus des quatre cinquièmes la valeur des pièces en cours. Il décida d'abord de le faire par échelons; puis, sur les réclamations qui s'élevèrent, il brusqua la réforme. En 1345 la livre tournois devint l'équivalent de 18 fr. 73 en or et de 13 fr. 59 en argent. Il fallut plusieurs ordonnances pour fixer la manière dont .se ferait la transition relativement au paiement des dettes contractées avant l'ordonnance. Cette fixation, comme toujours, lésa certains intérêts et les métaux n'affluèrent pas dans les hôtels des monnaies pour la fabrication des pièces nouvelles.

Sur ces entrefaites, la guerre ayant recommencé en 1345, le besoin d'argent ramena d'autres altérations. D'avril 1346 à la mort du roi il y eut dix variations, tantôt en baisse et tantôt en hausse ; on frappa successivement six pièces d'or et six pièces d'argent différentes ; on abaissa le titre, on multiplia la monnaie noire; on changea le rapport des deux métaux qui s'éleva un moment à 13, 27 pour 1 et s'abaissa à un autre moment à 5, 87.

Le public se refusa à suivre les ordonnances dans tous les caprices de leurs variations ; il se forma, à côté du cours légal, un cours volontaire des espèces d'or et d'argent *. Le roi menaça les délinquants et affirma hautement (Ord. du 16 janvier 1437) à cette occasion son droit : « Nous ne pouvons croire que aucun puisse ne doit faire doute qu'à nous et à notre majesté royale n'appartienne seulement et pour le tout, en notre royaume, le métier, le fait, la provision et toute l'ordonnance de monnaie et de faire monnayer telles monnaies et donner tel cours comme il nous plait et nous semble bon pour le bien et le profit de notre royaume et en usant de notre droit. » Et ce droit, il ne craint pas d'avouer qu'il en use pour gagner l'argent nécessaire à la solde de ses troupes. Cependant il n'ose avouer qu'il abaisse clandestinement le titre ; il recommande à ses monétaires de garder le secret sur ce point.

1. « On s'efforce chaque jour, dit une ordonnance de 1346, de faire circuler les deniers d'or à l'écu à plus haut prix cju'il n'a été drdonné... i

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