Ils eurent à payer 20.000 francs d'or, etc
à condition de ne pas prendre. plus de 4 deniers par livre et par semaine : ce qui faisait un taux de 86 0/0 par an. Il est vrai qu'après la bataille de Poitiers et pendant la captivité de Jean le Bon, le royaume était dans la plus grande pénurie d'argent. Plus tard, à la fin de son règne (1378), Charles V fut heureux d'obtenir des Juifs un prêt de 200 francs (environ 1.800 fr. de monnaie actuelle) par semaine. Mais une ordonnance de septembre 1394 les bannit de nouveau et beaucoup quittèrent à cette époque la France. La colonie juive cessa d'avoir dans le commerce l'importance qu'elle avait eue dans le haut moyen âge.
Les Lombards, à qui avait passé pendant un temps la prépondérance dans le commerce de banque, n'étaient guère mieux traités. Après la prise de Calais, leurs biens furent confisqués et le roi décida que « tous les débiteurs des usuriers seront quittes envers eux des usures qu'ils leur doivent en payant le fort principal, lequel ne sera point payé aux Lombards, mais remis en dépôt pour être envoyé au Trésor ».
Dans de telles conditions d'insécurité et de persécution, il n'est pas étonnant que l'intérêt de l'argent, qui d'ailleurs était peu abondant, devint excessif.