‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 69 sur 175 · Le poète Charles Fontaine composait le quatrain suivant · texte numérisé non relu

Le poète Charles Fontaine composait le quatrain suivant

Où est la ville ayant tel bruit, En changes, foires, marchandises ?

Nulle mieux que Lyon ne bruit, Soit les Anvers ou les Venise.

2. En 1572 Charles IX érigea en offices toutes les commissions de courtiers. Lyon réclama et fut en 1573 exempté de ces créations.

LES INSTITUTIONS COMMERCIALES ^^i

des Florentias présidait et les Florentins opinaient les premiers ; les Français, les Allemands, les Milanais, les Génois, les Lucquois avaient la parole après eux. Les négociants venaient à rassemblée munis du carnet de leurs créances et de leurs dettes. Le tiré marquait son acceptation — quand il acceptait — par un signe ou par une signature sur le carnet de son créancier.

Les carnets une fois réglés, la compensation se faisait entre deux villes successivement au moyen de la comparaison des carnets, compensation soit par un solde immédiat en argent de la différence, soit plus souvent par des lettres de change payables ultérieurement. Ces transactions, qui se faisaient avec des monnaies différenles,nécessitaient un cours du change qui était fixé, sans être toutefois obligatoire, par l'assemblée des changeurs.

Les foires de Lyon étaient au xvi* siècle dans la période de leur plus grande prospérité ; on estimait déjà à plus de 2 millions d ecus d*or le mouvement des affaires qui s'y faisaient. Les marchandises consistaient surtout en épices, soieries d'Italie, mercerie et bonneterie de Paris, draps et pastel du Languedoc, toiles de Normandie, safran du Vivarais, livres de Lyon et de Paris.

La ville était d'ailleurs toujours très animée. On y voyait beaucoup de maisons de change, de nombreuses manufactures d'étofie de soie, d'or et d'argent, des imprimeries célèbres.

Nombre d'autres villes voyaient aussi à cette époque croître leur population et leur prospérité.

Paris, par exemple, avait bien changé depuis le milieu du xv* siècle où ses maisons vides d'habitants tombaient en ruine. Au milieu du xvi'' siècle le roi, inquiet de l'agglomération croissante, défendait de construire de nouvelles maisons dans les faubourgs. La population atteignit peut-être alors le chiffre de 400.000 habitants. Une grande activité régnait dans les quartiers marchands. En 1586 on ne comptait pas moins de 151 professions organisées en corps de métier. Les corridors du Palais de justice étaient un bazar permanent. Les foires du Lendit et de Saint-Laurent existaient encore, mais elles étaient éclipsées par celle de Saint-Germain qui se tenait en février et en novembre et que, depuis 1482, les moines avaient installée dans des bâtiments construits exprès (1487 et 1511) sur l'emplacement des jardins de l'hôtel de Navarre*.

Les marchands étrangers devaient retenir leur place un an d'avance; c'étaient surtout des Anglais, des Flamands, des Hollandais, des Alle.

1. Les moines avaient fait construire dans les jardins de l'hôtel de Navarre des bâtiments contenant 350 loges ou boutiques (1482). Guillaume Bréconnet, ancien ministre de Charles VIII, devenu abbé de Saint- Germain, agrandit les bâtiments (1511). Ils formaient un rectangle ceint de murs ; les loges étaient groupées en carrés séparés par des allées.

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