bureaux de perception furent établis
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Vernon, aux Andelys.à Pont-de-Larche, Pont-de-Rouen.des péages sur la Seine ; à Rouen, les droits de vicomte, de rêve et de haut passage, le congé de l'amirauté pour l'embarquement, les droits de pilotage à l'embouchure delà Seine, les frais déchargement et de déchargement Le fret se trouvait ainsi considérablement augmenté.
La protection douanière. — Des ordonnances rendues par Henri II, Charles IX et par Henri III en 1552, 1567, 1572, 1577 confirmèrent l'interdiction d'importer en France des draps dor, d'argent et de soie, des toiles et d'exporter sans permission spéciale du roi delà laine et du chanvre.
« Les laines, chanvres et lins qui sont en ce royaume sont très nécessaires pour la manufacture et usage de nos subjects ; nous ne voulons ni n'entendons qu'il en sorte aucuns, en quelque façon que ce soit, sur peine de confiscation d'icelles. » « Item pour les blés, sauf en cas de permis du roi. >» Les ordonnances attribuaient alors à l'exportation la < cherté excessive de toutes choses. » Mais il est évident que par là Tagriculture était sacrifiée à l'industrie. Dans l'ordonnance de janvier 1572 la royauté fait connaître explicitement les motifs de sa politique douanière; elle déclare vouloir « pourvoir à ce que ses sujets puissent profiler et s'enrichir de la commodité, fertilité et abondance qu'il a plu à Dieu de doter et bénir le royaume sans qu'il y ait besoin de requérir ou rechercher à l'étranger que bien peu de choses nécessaires à l'usage de l'homme, mais au contraire pouvant secourir commodément le môme étranger de plusieurs sortes de vivres et marchandises qui croissent et abondent dans le dict royaume. » C'est déjà la théorie mercantile : exporter et ne pas importer*.
Toutefois les prohibitions étaient encore rares. Le prohibitionnisme, dont quelques auteurs attribuent l'invention à François I»"^ ou à René de Birague qui l'aurait importé d'Italie, n'était pas encore un système dogmatique. Les rois laissaient volontiers les marchands vendreet acheter comme il leur plaisait, sous condition de payer les droits. Sully à la fin du siècle considérait même la liberté comme un droit naturel et la réclamait en faveur de l'agriculture. Henri IV, prohibant la sortie des céréales pendant une année de disette, s'excusait en avouant a que l'expérience nous enseigne que la liberté du trafic que les peuples et subjects des royaumes font avec leurs voisins et estrangersest un des principaux moyens de les rendre aisés, riches, opulens ».
1. L'ordonnance de janvier 1572 défend l'exportation des laines, chanvres, lins, filasses sans autorisation royale enregistrée en Parlement ; elle interdit l'importation des draps, toiles, passements d'or et d'argent, velours, satins, taffetas, damas, tapisseries, harnais, armes dorées ou argentées. L'ordonnance prescrit en même temps de dresser annuellement la statistique des produits agricoles, etc., de façon à ce que le roi pût, suivant les cas, autoriser ou interdire l'exportation. Elle prescrit aussi de fixer le prix des marchandises et le taux des salaires.
Jean Bodin a été à cette époque un des rares défenseurs clairvoyants de la liberté commerciale. « Quant à la traite des marchandises qui sortent de ce royaume, écrivait-il en 1578, il y a plusieurs grands personnages qui s'efforcent et se sont efforcés par dits et par écrits de la retrancher tout à fait, s'il leur était possible, croyant que nous pouvons vivre heureusement et à bon marché sans rien donner à l'étranger et sans en rien recevoir ; ils s'abusent à mon avis ; car nous avons affaire à des étrangers et nous ne saurions nous en passer... Ce qui entre au lieu de ce qui sort cause le bon marché de ce qui défaillait *. »
Quelques ports. — Les principaux ports de France sur l'Atlantique étaient, comme parle passé, des ports en rivière ; les navires du moyen âge, étant de faible tonnage en général, remontaient et descendaient facilement avec le flot et le jusant. Mais les gros navires commencèrent au XVI* siècle à avoir besoin d'eau plus profonde.
Calais fut rendu à la France en 1558. Les laines anglaises destinées à la Flandre se détournèrent alors de son port pour aller à Ostende.
Boulogne était en correspondance avec l'Angleterre et Anvers.
Dieppe, célèbre par ses hardis marins du xiv^ siècle, avait subi une éclipse pendant la guerre de Cent Ans. Il brilla de nouveau à la fin du xv^ sièle ; ses relations étaient principalement avec le Portugal et l'Espagne, l'Angleterre, la côte d'Afrique. Les Dieppois estiment que la terre inconnue qu'en 1488 un jeune navigateur, Cousin, reconnut après une navigation de deux mois, devait être l'embouchure du fleuve des Amazones et que ce même navigateur revint en touchant la pointe extrême de l'Afrique ; si ce récit, très suspect, pouvait être prouvé. Cousin aurait devancé Christophe Colomb et aurait suivi de très près Barthélémy Diaz. En 1508 Ango fondait un établissement à Terre-Neuve dont il paraît que, quatre ans auparavant, deux navires, l'un breton, l'autre dieppois, avaient fait la découverte. Le règne de François I"" marque l'apogée de la prospérité de Dieppe. Les guerres de religion commencèrent le déclin.
Le port de Rouen était toujours le grand port de la Seine. La ville était riche par la fabrication des draps et par ses quatre foires ; un ambassadeur vénitien écrivait en 1595 qu'on y voyait parfois 200 navives. Il commerçait avec les Pays-Bas et la Belgique, les Iles Britanniques, l'Espagne et le Portugal, l'Italie et même la Finlande. Dans la ville étaient établis des riches négociants, français et étrangers.
Au commencement du xvi" siècle le port de Harfleur était envasé ; celui de Leure était ruiné, et sur la pointe de la rive septentrionale de la Seine à peu près déserte, il n'existait qu'un hameau de pêcheurs.
1. Bodin n'était pas pour cela opposé aux droits de douane. ^ Si une partie des charges ordinaires est mise sur la traicte foraine, écrit-il, nous en aurions meilleur compte dans le royaume. »
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Louis XT et Louis XII avaient formé le projet d'y creuser un port et le hameau avait pris le nom de Havre de Grâce. François P% au retour de sa campagne victorieuse en Italie, jugeant qu'il était nécessaire de pouvoir opposer aux attaques possibles de l'Angleterre et de l'Espagne une défense maritime sur cette côte, reprit le projet ; le grand amiral Bonnivet partit pour étudier les lieux . Le hasard voulut que, dans le même temps, une formidable marée, bouleversant les lignes de galets et les fonds de mer, ouvrit un passage. Celte circonstance décida Bonnivet qui confirma le nom de Havre de GrAce au chenal qui venait de s'ouvrir ainsi. Le 8 octobre 1517,1e roi, sur la proposition de son grand amiral, donna l'ordre au seigneur de Ghillou '.commandant d'Honfleur, de se rendre au Havre afin « d'y percer el construire un port propre et convenable pour recueillir, loger el maréer les grands navires tant de notre royaume que autres de nos alliés ». Par la même ordonnance, le roi accordait de nombreux privilèges à la ville nouvelle et exemptait ses habitants de contributions pendant dix ans ; par une autre ordonnance de 1520, il les exempta à perpétuité des tailles et gabelles.
Les travaux se firent avec une grande rapidité, si bien que, lorsque François P*" vint en août 1520, il trouva que, « en regard et en considération du temps, l'œuvre et édifice du Havre avait été si diligemment et vigoureusement besogné par le sieur de Ghillou, que les grands navires, tant du royaume que des étrangers, y pouvaient déjà poser et maréer sans aucun péril ni danger ». Les fortifications se construisaient ; en 1523 était achevée la tour de François I*' qui défendait l'entrée du port, et la jetée du nord était prolongée par delà cette tour*. Des chantiers de construction furent installés ; le roi put môme y faire construire la « Grande Française », navire de 1.200 tonneaux, qui malheureusement s'échoua à sa sortie du port el dont les débris servirent à la construction de maisons de bois. En 1545 l'amiral d'Annebaut put y réunir une flotte de cent cinquante voiles destinée à une expédition contre l'Angleterre.
Les galets envahissant le port malgré les écluses de chasse qu'on avait construites, il fallut organiser des corvées d'habitants pour piocher les galets du port après les grandes marées.
Le port de Hontleur, très ancien, avait une certaine importance au xiv^ et au xv« siècle. Plusieurs de ses marins, Binot de Paulmier,Jean Denis, sont connus pour avoir pris part aux découvertes du xvi« siècle; c'est de Honfleur que partit Samuel de Champlain pour aller fonder
1. Le Sire du Ghillou, Guyon le Roy, capitaine de Honfleur, avait signalé aux conseillers de Louis XII et de François I"" l'importance de la création d'un port à cet emplacement. Ce fut lui que Bonnivet chargea de l'exécution.
2. Cependant en 1525 une marée formidable compromit quelque temps l'œuvre.
Québec. La pêche de la morue était la principale industrie des habitants.
Dans la période suivante, Colbert, éclairé par Duquesne sur l'insuffisance du havre d'échouage, fit construire un bassin à écluses, des quais, une écluse de chasse ; il y établit en 1672 un entrepôt de sel.
Saint-Malo, pendant et après l'époque franque, avait été un lieu de pèlerinage très fréquenté ; le moine irlandais Mac Law, qui avait beaucoup contribué à la conversion des pécheurs du lieu, y avait son tombeau. Une ville se forma qui joua un rôle dans les guerres intestines et dans les guerres contre les Anglais ; sa prospérité s'accrut à la suite de la réunion de la Bretagne à la France. Au xvi^ siècle elle était déjà grande ; c'est de Saint-Malo que partit en 1536 Jacques Cartier pour la découverte du Canada. Les Malouins faisaient alors un commerce important avec l'Espagne sous le couvert de négociants espagnols auxquels ils s'associaient.
Le Brouage, dont le port s'ensabla en 1585, et La Rochelle exportaient du sel. La Rochelle et Bordeaux avaient renoué leurs relations avec l'Angleterre depuis la trêve de Picquigny et Bordeaux faisait une importante exportation de vins, surtout par navires anglais.
Marseille, depuis l'annexion de la Provence au domaine royal, était le grand port français et l'emporium de la Méditerranée. Narbonne, ruinée par les ensablements de l'Aude, et Algues-Mortes ne comptaient pour ainsi dire plus. Louis XII aurait pu ouvrir un important débouché à Marseille en acceptant l'alliance que lui oft'rait le sultan Bajazet ; il ne sut pas profiter de l'occasion. Ce ne fut que plus tard que l'alliance de François I"avec Soliman fut conclue et profita au commerce de Marseille. Toutefois les restrictions mises à la franchise de son port (1539), l'imposition de la gabelle sur les épiceries, les troubles de la Ligue, enfin la pesle de 1580 contrarièrent l'essor de la prospérité renaissante. Henri IV rétablit (1596) la franchise du port.