GUERRES DE RELIGION ET DECADENCE
témoignage. Le commerce, comme rindastrie, dépérissail. Les mendiants et les vagabonds pullulaient et aggravaient l'insécurité. Dans la statistique, très fantaisiste il est vrai, qu'il a dressée de la France en 1581, Froumenteau (ou l'auteur anonyme de l'ouvrage) énumère neuf villes et plus de deux cents villages brûlés, plus de cent mille maisons détruites, plus de sept cent soixante mille gens « occis, meurtris, massacrés, assassinés durant les troubles ». Les guerres de religion ont été une période de profonde décadence.
Traité avec le sultan. — Pourtant, pendant cette période, Catherine deMédicis et ses tils se préoccupèrent parfois du commerce dans leurs négociations diplomatiques. Sur la demande de l'envoyé de Charles TX, Sélim II renouvela les capitulations (1569), confirma le privilège de la pêche du corail dont les Marseillais étaient en possession depuis l'an 1520 et autorisa la fondation qui venait d'être faite en Algérie du Bastion de France (1561) au profit de deux négociants marseillais. Dans les pays du Levant la préséance des consuls français sur les autres nations fut confirmée ; mais le commerce français ne maintint pas ses positions ; il se laissa évincer, pendant les guerres civiles, parles Anglais et les Hollandais.
Traité avec Elisabeth d'Angleterre. — Les relations commerciales de la France et de l'Angleterre étaient régies par la convention qui avait suivi la signature de la trêve de Picquigny (1476). Elisabeth, reine d'Angleterre, voulut plus. Le 29 avril 1572, elle obtint la signature, à Blois, d'un traité d'alliance et de confédération. Les deux souverains s'engageaient réciproquement à se fournir, en cas de besoin, un secours de 6.000 hommes et de huit vaisseaux. A cette stipulation se joignaient des articles relatifs au commerce : autorisation pour les sujets de la Reine d'avoir quelque part en France, comme ils l'avaient à Anvers, à Bergues et à Bruges, un « magasin de draps et laines d'Angleterre ou autres marchandises », une maison oîi puissent être leurs gouverneurs, conseillers ou autres officiers... afin [que mieux et plus honnêtement ils puissent vivre et converser ensemble , « promesse de n'inquiéter aucun sujet de la reine pour raison de religion », suppression du droit d'aubaine pour les sujets des deux souverains, modéralion des charges récentes imposées en France et en Angleterre sur les marchandises elles marchands. <* Est convenu, dit un article, accordé et conclu, qu'il sera loisible aux dits marchands anglais étaler, vendre et truquer leurs marchandises et acheter d'un chacun, de quelque nation et lieu qu'il soit et changer pour quelconques sortes de marchandises, à tous les jours, fors que aux dimanches et autres fêtes auxquelles il est défendu aux originaires et domiciliés du royaume de faire trafic de marchandises. » Les impôts que les marchandises anglaisesauraient à payer devaient être « écrits authentiquement en un
parchemin scellé du roi et baillés à la dite reine ou à son ambassadeur près ledit roi, afin que ledit écrit soit mis es mains du gouverneur des marchands, en témoignage d'amitié perpétuelle ; et qu'il ne sera loisible audit roi ou à ses successeurs augmenter les dites charges ou en ajouter de nouvelles sous quelque prétexte que ce soit, directement ou indirectement, sur les marchands ou marchandises d'Angleterre ». En cas de guerre déclarée, les sujets d'Angleterre devaient avoir un délai de deux mois pour se retirer et enlever leurs marchandises.
Ces dispositions étaient libérales à l'égard des Anglais. Mais presque rien n'avait été stipulé en faveur des Français : c'était pour ainsi dire une convention unilatérale. Et pourtant les négociants français avaient à se plaindre du traitement qui leur était imposé en Angleterre, par exemple, comme ils le disaient, d'être obligés de donner caution, d'employer l'argent de leurs ventes en achat de marchandises anglaises, lesquelles ne pouvaient être transportées que sur des navires anglais.