‹ Histoire du commerce de la France (volume 2)Chapitre 88 sur 175 · LES COMPAGNIES DE COMMERCE ET L\ COLONISATION · texte numérisé non relu

LES COMPAGNIES DE COMMERCE ET L\ COLONISATION

Sommaire. — Premières compagnies privilégiées et premiers essais de colonisation au Canada (278).— Champlain et la fondation de Québec (280). — Compagnie du Morbihan et Compagnie de la Nacelle de Saint-Pierre fleurdelisée (281). — Compagnie de la Nouvelle France (282). — Etablissements aux Antilles (284). — Etablissements dans l'Amérique du Sud (287). — Etablissements en Afrique (288).— Résumé (289).

Premières compagnies de commeree et essais de colonisation au Canada. — Au commencement du xyi*^ siècle la France n'avait pas encore de colonie et n'avait pas essayé d'en fonder depuis le rappel de l'expédition de Jacques Cartier et l'échec des tentatives faites au Brésil et en Floride.

Par le traité de Vervins (1598) Henri IV avait stipulé qu'à l'est du méridien de l'Ile de Fer les Français pourraient agir à leurs risques et périls sans que la paix en fut troublée entre les deux Etats. Le champ était ouvert de ce côté. Mais il restait à compter avec les Portugais.

En conséquence une société bretonne tenta, sans succès, d'entreprendre le commerce de l'Orient (1601). Le roi reprit l'idée ; par arrêt du Conseil (!•' juin 1604), il autorisa la création d'une Compagnie des Indes orientales dont le principal associé, le flamand Gérard Le Roy, avait navigué dans ces parages. L'opposition des Hollandais, que le roi ménageait beaucoup, empêcha la compagnie de terminer son armement et aucun des associés ne paraît avoir tenté le commerce de l'Inde du vivant de Henri IV.

L'efl"ort fut plus sérieux du côté de l'Occident. Henri IV confia en 1598 à un breton, le marquis de La Roche, qu'il nomma « lieutenant général du roi es pays de Canada et autres, » la mission d'y établir des colons et d'y porter la religion catholique. C'était en quelque sorte le renouvellement du privilège accordé jadis au sire de Roberval. Le roi devait fournir des vaisseaux, des armes, des vivres. Le marquis partit avec une soixantaine d'hommes, presque tous vagabonds ou condamnés, dont il déposa une partie provisoirement dans l'île de Sable. Ecarté ensuite par la tempête, il rentra avec le reste de .son équipage en France où il fut inquiété par ses créanciers et emprison-

Page 1