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En 1847,216 millions; en 1869, 691 millions

5. La convention monétaire du 23 décembre 1865 a établi une monnaie uniforme (mais critiquable à certains égards) entre la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie et commença à constituer ce que E. de Parieu nommait le Munzverein latin.

6. De 1837 à 1849 les recettes furent de 20.603.000 fr., et les dépenses de 57.841.000 fr.

au Brésil et à la Plata, puis en 1861 celle de Saïgon. Pour les Antilles et New-York le gouvernement trouva, en 1857, un soumissionnaire dans la Compagnie générale maritime que les Pereire avaient créée en 1855, et qui se chargea du service moyennant une subvention de 58 fr. 20 par lieue marine, puis en 1868 du service de Panama et de Valparaiso.

Le tonnage total de la marine marchande ( non compris les bateaux de la pêche côtière ) augmenta de 350.000 tonneaux ' , tout au profit des bâtiments de fort tonnage et surtout au profit de la marine à vapeur, qui passa de 22.000 à 143.000 tonnes. Cependant, dans la navigation de concurrence, la part du pavillon français, tout en augmentant, devenait proportionnellement un peu moindre que celle du pavillon étranger 2.

De 1852 à 1870 il s'est accompli un magnifique progrès dans les moyens de communication. Les hommes, leurs pensées et leurs produits ont circulé avec plus de rapidité et à moins de frais. Cette mobilité, qui a sensiblement modifié l'économie de la vie privée et l'équilibre des nations, est un des traits distinctifs de la seconde moitié du xix8 siècle et une des causes du rapide développement que le commerce a pris pendant cette période.

Les roules. — Le réseau des grandes routes nationales était à peu près complet à la fin du règne de Louis-Philppe ; le second Empire a eu peu à y ajouter. La France en effet possédait à la fin de 1848 35.500 kilomètres de routes royales; en décembre 1869, 38.300 kilomètres. Les routes départementales à la même date avaient une longueur de 47.000 kilomètres et l'on évaluait à 320.000 kilomètres le développement des chemins de grande et de petite vicinalité à l'état d'entretien3. Plusieurs lois, particulièrement celle du 11 juillet 1868, qui créa une caisse des chemins vicinaux ayant pour objet de fournir des subventions et des avances, avait facilité la construction des chemins vicinaux ; de 1837 à 1868 il fut dépensé environ 1 milliard et demi pour leur établissement ou leur amélioration.

Un décret du 23 juin 1806 avait fixé le poids maximum des voitures d'après certaines largeurs des jantes, parce qu'on estimait que les routes pouvaient supporter un poids d'autant plus lourd que les jantes étaient plus larges. L'expérience n'a pas confirmé cette opinion. Aussi la loi du 30 mai 1851 avait-elle affranchi les voitures suspendues ou non suspendues de toute « condition de réglementation de poids ou de largeur de jantes » tout en laissant à des règlements d'administration

1. 14.607 navires jaugeant 721.427 tonneaux en 1852, 15.778 navires jaugeant 1.074.556 tonneaux en 1869.

3. On estimait à 771.000 kil. le total des chemins vicinaux de toute espèce.

publique le pouvoir de fixer certaines conditions de construction et d'exploitation (décrets du 10 août 1852 et du 24 février 1858).

La circulation à Paris. — Après plusieurs demandes auxquelles la ville de Paris ne donna pas de suite, M. Baudry fut autorisé en 1828 à faire circuler sur les boulevards des voilures destinées aux transports en commun auxquels il donna le nom d'omnibus '. Dès les premières années du règne de Louis-Philippe il y eut une quinzaine de compagnies desservant divers quartiers.

En 1853 les omnibus commencèrent à avoir une impériale ; le prix de la place était fixé à 0 fr. 15. En 1854-1855 les quinze compagnies fusionnèrent et la Compagnie générale des omnibus fut fondée avec un capital de 12 millions. Le nombre total des voyageurs transportés par omnibus et tramways dans Paris et dans la banlieue qui avait été de 34 millions en 1854, s'éleva à 122 millions 12 en 1869.

D'autre part, de 1855 à 1869, le nombre des voyageurs transportés par les voitures de place s'élevait, d'après une estimation officielle, de 9.905.000 en 1858 à 13.128.000 en 1869 s, celui des voyageurs sur le chemin de ceinture de 2.788.000 à 11.443 000, celui des voyageurs sur les bateaux à vapeur de la Seine de 3 millions 1/2 en 1867 (année du début) à 5.078.000 en 1869.

Les transports qui amènent à Paris voyageurs et marchandises ne sont pas moins intéressants que la circulation à l'intérieur de Paris ; l'arrivage et l'expédition des marchandises est même plus important pour la connaissance du commerce parisien. Or. en l'an 1850, Paris et les autres ports du département de la Seine qui en sont en réalité les annexes ont reçu 1.739.000 tonnes de marchandises. En 1868 ils en ont reçu 3.685 000. La quantité avait doublé ; le nombre des bateaux n'avait pas tout à fait doublé, parce que le tonnage moyen avait un peu augmenté, grâce à l'amélioration de la navigabilité de la Seine et de ses affluents. L'expédition, c'est-à-dire la sortie des marchandises, était beaucoup moins importante que l'arrivage ; Paris n'expédiait guère par eau que des matériaux de déblai.

Les grands travaux qui ont amélioré le port de Paris et ses abords avaient été décidés sous le règne de Louis-Philippe ; ils ont été terminés sous l'Empire. L'île Louviers a été réunie à la rive septentrionale ; le lit du fleuve a été endigué ; le petit bras de la Seine a été canalisé au moyen de l'écluse de la Monnaie ; de nouveaux ports ont été aménagés à l'arsenal, en amont et en aval des Invalides à l'île des Cygnes et plus lard à Javel. Des magasins généraux ont été construits

1 . Ces omnibus étaient, comme les diligences, divisés en coupé, intérieur, rotonde. A In fin de la Restauration, des voitures n'eurent plus qu'une espèce de places dont le prix fut de 0 fr 30.

2. En 1836 on n'évaluait ce nombre qu'à une centaine de mille.

sur les bords du bassin de la Villette et devinrent (1865) l'entrepôt réel de la douane. A la suite du trailé de commerce de 1860 avec l'Angleterre, de nouveaux barrages, entre Montereau et Paris, arrêtèrent le courant et assurèrent une profondeur d'eau d'un mètre. Les droits de navigation furent réduits de moitié en 1860 et réduits une seconde fois en 1867. Les canaux de Briare, d'Orléans et du Loing furent rachetés par l'Etat. Le service de touage par chaîne noyée fonctionnait depuis 1845 du pont de la Tournelle au Porta l'Anglais ; il fut prolongé en amont jusqu'à Montereau en 1860 et en aval jusqu'à Pontoise d'abord (1854), puis jusqu'à Rouen (1860). Grâce à ces améliorations la batellerie put lutter en abaissant le fret à 0 fr. 02 la tonne contre les chemins de fer qui avaient abaissé leur tarifa 0 fr. 04. Elle n'avait plus l'avantage sur les chemins de fer pour les denrées alimentaires, mais elle le conservait pour les matériaux de construction à une époque où la construction était très active dans Paris agrandi et transformé.

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