‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 106 sur 266 · Voir Journal des Economistes, 2e série, t. XI, p · texte numérisé non relu

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nouvelle loi était mise à l'élude et que la levée des prohibitions n'aurait lieu qu'à partir du 1er juillet 1861. « L'industrie française, prévenue des intentions bien arrêtées du gouvernement, disait le Moniteur, aura tout le temps de se préparer à un nouveau régime commercial1. »

Lettre de l'empereur du 5 janvier 1860. — Durant trois ans, le silence se fit sur cette grave question 2. D'ailleurs, vers la fin de 1857, la crise désarçonna la spéculation et fit momentanément refluer en baisse les prix sans cesse montant depuis 1852 ; à peine la reprise des travaux se manifestait-elle qu'elle fut encore ralentie, en 1859, par la guerre d'Italie.

Le commerce commençait à retrouver son équilibre lorsque le 5 janvier 1860 le Moniteur publia la lettre que l'empereur avait, quelques jours auparavant, écrite à son ministre des finances 8. C'était un vaste programme économique dont le but était d'imprimer un vigoureux essor aux diverses branches de la richesse nationale et que son auteur résumait en ces termes :

« Suppression des droits sur la laine et les cotons ; « Réduction successive sur les sucres et les cafés ; « Amélioration énergiquement poursuivie des voies de communication ;

« Réduction des droits sur les canaux, et par suite abaissement général des frais de transport ;

« Prêts à l'agriculture et à l'industrie ; « Suppression des prohibitions ;

« Traités de commerce avec les puissances étrangères. « Par ces mesures, ajoutait l'empereur, l'agriculture trouvera l'écoulement de ses produits ; l'industrie, affranchie d'entraves extérieures, aidée par le gouvernement, stimulée par la concurrence, luttera avantageusement avec les produits étrangers, et notre commerce, au lieu de languir, prendra un nouvel essor. »

La pensée impériale, sur ce point, se révélait tout entière. Il était logique, avons-nous déjà dit, qu'issu du suffrage universel et dégagé des liens qui avaient arrêté ses prédécesseurs, Napoléon III ne consentît pas à maintenir dans son intégrité le système prohibitif que les gouvernements précédents eux-mêmes n'avaient créé ou conservé aussi rigoureux que par la nécessité de compter avec de puissantes influences ; mais il eût pu se faire qu'il embrassât un moins vaste programme. C'était un programme libéral : depuis le décret de Berlin il ne s'était produit dans l'histoire de notre législation douanière aucun fait qui changeât aussi subitement l'état économique.

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