‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 113 sur 266 · Moniteur du 20 mai · texte numérisé non relu

Moniteur du 20 mai

2. La dénonciation du traité de commerce fut repoussée par 221 voix contre 32.

3. Les ouvriers de Roubaix écrivirent, «à l'instigation probablement de leurs patrons, une lettre à l'impératrice : « Madame, permettez à la population ouvrière roubaisienne de venir exposer à Votre Majesté l'angoisse, les privations et la misère dans lesquelles nous a précipités la chute du commerce.. . Nous venons supplier Votre Majesté de vouloir bien intercéder auprès de S. M. l'empereur en faveur de l'abolition du traité de commerce, une des causes les plus puissantes de nos revers commerciaux... Depuis longtemps déjà, les ouvriers de la France vous chérissent et s'estiment heureux de trouver en vous le cœur tendre et compatissant d'une mère. »

4. L'opinion à Reims avait changé avec les circonstances ; dans l'enquête de 1834, la chambre de commerce de Reims s'exprimait 'dans les termes suivants : « L'introduction en France des tissus de laine serait une mesure désastreuse pour nos manufactures et calamiteuse pour notre population ouvrière. Notre système de douanes est une barrière insurmontable à l'introduction des tissus étrangers, et nous le disons avec la conviction la plus intime, cette introduction produirait dans nos manufactures des commotions violentes. »

En 1 866, 83 industriels et négociants de Reims envoyèrent au gouvernement une adresse portant : « Considérant que le tarif actuel des douanes... est une entrave au développement de l'industrie et du commerce;... Considérant que les industries lainière et vinicole qui comptent au nombre des principales industries de la France sont, pour la ville de Reims en particulier, un élément de prospérité dont un régime commercial plus libéral ne peut qu."accroître l'importance... » — Voir l'article de Rondelet dans le Journal des Economistes, année 1869.

trie el l'autre sur la marine marchande F, La guerre interrompit le travail des commissions.

Le témoignage de la statistique des douanes. — A la suite du débat des opinions il convient de placer quelques faits pour juger des résultats. C'est la statistique, tout incomplète et imparfaite qu'elle soit sur certains points, qui seule les fournit en masse assez considérable pour motiver un jugement. Nous donnons, dans le chapitre Vil de ce livre, les chiffres du commerce extérieur. Ils constatent que jamais dans les périodes antérieures le commerce n'avait fait d'aussi grands progrès, soit qu'on considère l'accroissement proportionnel pour 100 ou les nombres absolus. S'il y a quelque différence entre les deux sous-périodes de cette période, celle qui a précédé et celle qui a suivi les traités de commerce, on doit ne pas oublier que les deux ont eu en matière économique un caractère libéral que n'avaient eu ni le premier Empire, ni la Restauration, ni le gouvernement de Juillet et que l'essor de la seconde s'est heurté à des difficultés politiques que n'avait pas rencontrées la première *.

Page 1