‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 140 sur 266 · millions en 1873 et 2.199 en · texte numérisé non relu

millions en 1873 et 2.199 en

4. Un moment (en 1879) le portefeuille fut réduit à 373 millions et la circulation à 2.101 millions.

sur les exercices antérieurs '. » C'est qu'en effet, malgré le trouble que causaient dans la circulation les mauvaises récoltes de 1878-1879, il y avait une nouvelle reprise des affaires.

La Bourse était en fermentation. Nombre de sociétés nouvelles, bonnes ou mauvaises, ayant pour objet la banque, le commerce, l'assurance se fondaient; leurs actions trouvaient preneurs et faisaient prime. Au nombre des banques, la plus importante était l'Union générale dirigée par 11. Bonloux qui pratiquait en grand la commandite et qui eut le tort de mêler la politique et la religion à la spéculation. Le total des émissions industrielles s'élevait à 4 milliards dans l'année 1879-1880. L'exécution du plan de travaux publics de M. de Freycinet et la loi du 11 juin 1880 sur les chemins d'intérêt local mettaient en mouvement une quantité insolite de capitaux; l'accroissement du revenu net kilométrique des chemins de fer était encourageant*; aussi construisit-on plus de 1.000 kilomètres par an. La production de la fonte augmentait 3. Les industries textiles étaient animées. Des spéculateurs réalisaient de gros bénéfices ; par exemple, à ses actions de 500 francs, sur lesquelles il n'était versé que 125 francs, l'Union générale donnait un dividende de 16 francs en 1879 et de 40 en 1880. Elle poussa même imprudemment la hausse de ses actions jusqu'à 3.400 fr. (en janvier 1882).

L'inquiétude commença en 1882 et la déroute suivit de près. Quelques faillites avaient déjà été déclarées quand se produisit en janvier 1882 le krach de l'Union générale, l'arrestation de son président (M. Bontoux) et de sa direction et la déclaration de faillite de la société *. Le gouvernement, qui ne lui était pas favorable, acheva de l'écraser. La banque de Lyon, dont les actions s'effondraient, suspendit ses paiements quelques jours après. Lyon fut même plus éprouvé que Paris. Le Crédit Lyonnais perdit une quarantaine de millions. C'est à partir de cette époque que son fondateur et administrateur, Henri Germain, modifia la marche de l'établissement et en tourna les opérations surtout vers l'escompte. En 1881 il avait été créé à Paris 430 sociétés au capital de 1.929 millions ; en 1884, api es la crise, il n'en fut créé que 143 au capital de 92 millions. La Banque de France elle-même, qui avait dû élever le taux de son escompte à 5 p. 100, fut touchée ; ses actions, qui avaient été cotées 5.750 francs en mai 1881, tombèrent à 4.900 en mars 1882. Son portefeuille se dégarnit s. Les

1. La Banque, qui en 1879 donne à ses actions un dividende de 11 p. 100, éleYace dividende à 25 en 1881, à-29 en 1882.

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