En 1908 il y eut 15.870 faillites contre 10.740 en
Cependant en France, comme nous venons de le voir dans les nombres indices des lycées, les prix ont baissé du commencement de l'année 1908 à la fin de l'année 1909. En octobre 1909, le nombre-indice donné par la Réforme économique était 103,4 ; sous l'influence des mauvaises récoltes de 1910 en France, il était remonté en octobre 1910 à 110 et 111.
Ce n'était pas d'ailleurs un phénomène spécial à la France. Les nombres-indices de M. Sauerbeck (Angleterre) remontaient de 74,7 en septembre 1909 à 77,6 en octobre 1910 ; ils étaient à 78,9 en mars 191 1 .
Le mouvement de hausse continuera probablement encore tant que la poussée générale des transactions commerciales n'aura pas acculé la spéculation à une crise.
La Banque de France en 1910. — Un dernier coup d'œil sur les opérations de la Banque de France. Son escompte était monté à 15.769 millions en 1907, année de spéculation et de tension commerciale qui aboutit à la crise américaine d'octobre. Aussi les années suivantes ontelles donné un résultat notablement moindre : 12.336 millions en 1909. Mais le mouvement ascendant n'a pas tardé à reprendre et le compte de l'année 1910 accuse un escompte de 14.580 millions.
Le taux de son escompte a été en moyenne de 3 p. 100, taux inférieur à celui de toutes les autres grandes banques d'Europe '.
L'escompte n'est d'ailleurs plus l'unique ni même la principale opération de la Banque de France. Elle fait des affaires plus rémunératrices avec les avances sur titres qu'avec les effets en portefeuille qui lui sont envoyés par les grandes banques, souvent huit jours seulement avant l'échéance, pour se débarrasser des frais de recouvrement. Ce recouvrement est coûteux pour la Banque de France, surtout parce qu'à Paris elle escompte une très grande quantité de très petits effets* : le crédit de la Banque se démocratise. Elle est le pourvoyeur de la monnaie fiduciaire ; la circulation moyenne, qui augmente chaque année, a été en 1910 de 5.198 millions 'dont 3.700 millions en coupures de 100 et de 50 francs. A celle émission correspond, indépendamment des valeurs de portefeuille, une encaisse métallique de 4.087 millions dont 3/263 millions en or (au 31 décembre 1910) ; la Banque s'applique à diminuer peu à peu l'encaisse en argent (824 millions en décembre 1910). Les avances sur titres sont un genre d'opération qui est en grand progrès : 3.657 millions en 1910.
1. La Banque de France a maintenu presque constamment son escompte à 3 p. 100, pendant que le taux variait et était en général plus élevé dans les grandes banques des autres pays.
2. Sur 8.091.000 effets escomptés à Paris en 1910, il y en avait 4.444.000 de o francs à 100 francs.
3. En 1900, la moyenne n'était encore que de 4.146 millions ; en 1880, elle était de 2.409 millions.
434 LIVRE Vï. — CHAPITRE VI
Par ses comptes courants et comptes de dépôts de fonds, la Banque de France est la grande caissière du commerce. L'ensemble de son mouvement de caisse, comprenant l'entrée et la sortie des billets (54.926 millions) et des espèces (4.804 millions) et les virements (246 milliards) s'élève au chiffre formidable de 305 milliards 1/2.
La Banque est peut-être trop engagée avec le Trésor. Elle lui a avancé 180 millions (40 pour prêts à l'agriculture) dont elle ne louche pas d'intérêt depuis 1897, et elle lui paie plus de 9 millions par an.
La loi de 1897, qui a renouvelé le privilège d'émission delà Banque de France jusqu'en 1920, porte qu'une loi pourrait faire cesser le privilège en 1912. En conséquence le gouvernement a consulté les chambres de commerce à ce sujet. Les 148 réponses qu'il a reçues témoignent des services que rend la Banque et de l'intérêt national qu'il y a à la conserver telle qu'elle est '.
Les grandes banques de France et la Chambre de compensation. — Les chiffres des escomptes de la Banque de France ne donnent pas et n'ont jamais donné une idée complète des échanges commerciaux qui se font au moyen des effets.
Les avances sur titres sont un mode de crédit qui a pris relativement plus de développement que l'escompte : de 345 millions en 1872,elles se sont élevées à 3.657 millions en 1910. Quant aux billets de banque en circulation, ils sont garantis par une encaisse métallique à peu près correspondante, bien qu'inférieure aujourd'hui d'un demi-milliard ;en effet en 1883, après la crise, l'encaisse était de 2.027 millions et la circulation de 2.926 millions ; au 31 décembre 1910, l'encaisse était de 4.113 millions et la circulation de 5.152 millions \
Avant 1848 la Banque représentait surtout le mouvement commercial de Paris. Depuis le second Empire, elle élend ses ramifications sur tout le territoire, mais elle rencontre la concurrence de puissantes banques qui lui disputent la clientèle de l'escompte. Plusieurs de ces banques existaient sous le second Empire. D'autres se sont fondées sous la République, comme la Banque de Paris et des Pays-Bas (1872), la Banque de Bordeaux, la Banque privée industrielle, commerciale, coloniale de Lyon-Marseille, la Banque transatlantique (1881), la Banque de l'Indo-Chine (1875), la Banque de l'Algérie 3 (1851), la Banque de Tunisie, le Crédit Algérien(1881), le Crédit du Nord, la Société française de reports et dépôts (1881), la Banque française pour le commerce et l'industrie (1901), la Banque de l'Afrique occidentale (1901), la Banque de l'Union parisienne (1904).
t. On soit que le privilège de la Banque de France a été" maintenu. (V. loi du 29 décembre 19H.)
2. Ce milliard est couvert par les créances de la Banque a courte échéance, le portefeuille des effets escomptés et les titres déposés en garantie des avances.