Y compris le Haut Sénégal et le Niger
La moyenne de la période 1897-1906 a élé de 21 millions et le chiiïïe de 1908 atteint 30 millions.
A la Côte d'Ivoire, même progrès: 5 millions 1/2 en 1892. 16 en moyenne de 1897-1906, 26 en 1908.
Au Dahomey, 13 millions 1/2 en 1892, 21 moyenne de 1897-1906, 23 en 1908.
En 1908 ce commerce, d'après les statistiques coloniales, se décomposait ainsi (millions de francs) :
Importations
Exportaiions pour
Sénégal . . .
Haut Sénégal e
Niger . . .
Guinée française Côte d'Ivoire .
Dahomey. . .
Totaux .
de Franco
des colonies
de l'étranger
U France
les colonies
l'étranger
Les pays étrangers qui entretiennent le plus de relations avec les colonies sont l'Angleterre, l'Allemagne, les Pays-Ras, les Etats-Unis. Les réexportations ne sont pas comprises dans ces chiffres.
Les principaux produits importés des divers pays en 1908 ont été des tissus (31 millions), des ouvages en métaux (15), des farineux alimentaires (8 1/2), des denrées coloniales (6 1/2), des boissons (5 1/2), des pierres et combustibles minéraux (8), des métaux (6). Les principaux produits exportés ont été des fruits et graines (4.1 millions), des huiles et sucs végétaux (2.8 1/2), des bois (3), des animaux vivants (2).
L'Afrique française est dans une bonne situation. La paix règne maintenant sur la plus grande partie de son territoire et le commerce se développe.
Les chiffres que relève la direction générale des douanes pour le commerce de ce groupe colonial avec la France diffèrent sensiblement des chiffres enregistrés par les statistiques coloniales. Ainsi en 1908, d'après la douane française (sans le Congo), l'importation en France est de 67,1 au commerce général et de 63,2 au commerce spécial (tandis que l'exportation pour la France, d'après la statistique coloniale, est de 47,3 millions), et l'exportation de France pour les colonies est de 72,6 millions au commerce général et de 53,8 au commerce spécial (tandis que la statistique coloniale donne 58 millions pour l'importation en France).
En 1909 le commerce général, d'après la douane de la métropole (Sénégal et établissements de la Côte occidentale sans le Congo) est de
169 millions et le commerce spécial de 149 millions, dont 93/2 à l'importation et 55 1/2 à l'exportation. A l'importation en France, le caoutchouc et l'huile de palme ; à l'exportation, les outils et ouvrages en métaux et les tissus sont les principaux articles.
Le Congo français. — Savorgnan de Brazza est le créateur du Congo français. Après un premier voyage fait en 1872 dans l'intérieur du pays pendant qu'il était comme enseigne de vaisseau à la station du Gabon, il en fit un second en 1875-1878 comme chargé de mission avec le Dr Ballay et Marche, et reconnut la rivière Alima ; l'hostilité des indigènes qui avaient eu à souffrir récemment du passage de Stanley l'empêcha de poursuivre l'exploration. Stanley en effet, parti de Nyangoué sur le haut Congo en 1874 avait descendu le fleuve et était arrivé le 12 mars 1877 aux chutes du bas Congo, se frayant sa route par la violence.
A son retour en Europe, Stanley s'entendit avec l'Association internationale africaine pour fonder sous la présidence d'honneur du roi Léopold un comité d'études du haut Congo et partit en 1879 pour organiser une nouvelle expédition.
Brazza de son côté, comprenant l'importance de la découverte de la magnifique voie navigable du Congo en amont des chutes de Matadi et de l'intérêt qu'il y avait pour la France d'y prendre position, partit, chargé d'une nouvelle mission (1880). 11 pensait que par l'Ogooué et l'Alima, affluent du Congo, on pouvait créer une voie de navigation presque ininterrompue entre la mer et le bassin navigable du grand fleuve au-dessus des chutes. Il fonda deux postes, Franceville, sur le plateau entre les sources de l'Ogooué et de l'Alima, et Brazzaville (nom qui a été donné ensuite à ce poste), il traita avec un des principaux chefs du pays situé sur les bords du Pool, Makoko, fit arborer le pavillon français et prit possession du territoire entre la rivière Isré et Impila sur la rive méridionale du fleuve (3 octobre 1880). Quand Stanley arriva, il fut surpris de trouver le poste occupé par le sergent Malamine et trois soldats.
Le gouvernement français ratifia l'occupation. Le président de la commission à la Chambre des députés, M. Rouvier, laissait entrevoir « un immense mouvement commercial dont on a peine à entrevoir l'avenir ». Brazza, nommé commissaire du gouvernement de la République française dans l'Ouest africain, retourna au Congo où déjà le Dr Ballay avait visité le confluent de l'Alima et du Congo et étendit avec le concours de ses compagnons des reconnaissances dans toute la région. Le territoire de Makoko fut échangé avec Stanley contre le bassin du Kouilou.
En 1883 le comité d'études du haut Congo, qui avait fondé déjà
plusieurs stations, se transforma en Association internationale du Congo qui fut reconnu par la plupart des puissances et qui prit l'engagement vis-à-vis du gouvernement français que, si elle cédait un jour ses établissements, elle donnerait droit de préférence à la France. Sur l'invitation du prince de Bismarck une conférence se réunit (15 novembre 1884) qui aboutit à la signature de l'acte de Berlin (26 février 1885). Cet acte déclarait que « le commerce de toutes les nations jouirait d'une complète liberté dans tout le bassin du Congo et dans la zone maritime de l'Océan atlantique entre 2° 30' de latitude sud et l'embouchure de la Logé, ainsi que sur la côte de l'Océan Indien entre 5° de latitude nord et l'embouchure du Zambèze ; tout traitement différentiel était interdit à l'égard des navires comme des marchandises ; la traite des esclaves était interdite dans le bassin du Congo ; les puissances exerçant la souveraineté ou l'influence sur les territoires mentionnés s'engageaient à veiller à la conservation des populations indigènes et à l'amélioration de leur condition. Un des chapitres de l'acte était consacré à la navigation du Congo ; un autre à la navigation du Niger.
Une convention du 5 février 1885 stipula que l'Association internationale du Congo accorderait à la France tous les avantages qu'elle pourrait accorder à d'autres nations et fixait la frontière des deux possessions : la rivière Chiloango, la crête de partage des eaux du Niadi Quillou et du Congo jusqu'au méridien de Manyango, le Congo jusqu'à Stanley-Pool, la ligne médiane de Stanley Pool. Au mois d'août de la même année le roi Léopold notifiait la constitution de l'Etat du Congo dont il devenait le souverain.
Les frontières de la nouvelle colonie française furent déterminées par plusieurs traités avec les puissances limitrophes ; avec l'empire allemand, pour la colonie du Cameroun, par la convention du 24 décembre 1885 et par celle du 15 mars 1895 ' ; avec le Portugal par la convention du 12 mai 1886 ; avec l'Etat indépendant du Congo par la convention du 29 avril 1887, la déclaration du 20 mars 1894 et la convention du 14 août 1894 relative à la délimitation de l'Oubanghi , plus tard (27 juin 1900) avec l'Espagne pour le territoire du Rio-Mouni.
C'est à cette époque que les colonies du Gabon et du Congo français furent réunies en une seule colonie administrée par un commissaire général ayant sous ses ordres un lieutenant gouverneur (décret du 11 décembre 1888).
Une conférence africaine réunie à Bruxelles en 1889-1890 aboutit à la signature d'un acte international qui régla les questions de voies et moyens de communication, chemins de fer, télégraphes, bateaux,
1 . Ce dernier traité assura aux deux Etats la libre navigation du Chari et du Logoué.
limita l'introduction des armes à feu, prit des mesures pour la répression de la traite sur mer et pour le droit de visite. La France n'y adhéra (12 février 1892) qu'en faisant d'expresses réserves au sujet du jugement des navires saisis.
Un arrangement du 8 avril 1892 conclu entre la France, l'Etat du Congo et le Portugal fixa le droit d'entrée générale dans le bassin du Congo à 6 p. 100, sauf quelques exceptions, et le droit de sortie à 10 et à 5 p. 100 suivant les marchandises.
Cependant de hardis explorateurs étendaient le territoire français : Crampel dans un premier voyage en 1888, et Fourneau en 1889 dans la région du haut Ogooué,Ponel en 1890 au delà des rapides du Bangui. En 1890 le comité de l'Afrique française, créé par le prince d'Arenberg, patronait la seconde mission de Crampel qui avait pour objet la traversée de l'Afrique, de l'Oubangui en Algérie par le lac Tchad ; Crampel et ses compagnons furent, à l'exception d'un seul, massacrés en route (1891). Mais d'autres lui succédèrent, Dybowski, Maistre, qui atteignit le Ghari et revint par la Benoué (1893), Cholet et Fourneau qui reconnurent la Haute-Sangha. En sens inverse, Mizon, après avoir remonté la Benoué, gagna la Sangha et l'Oubangui.
Dans les premières conventions avec l'Etat indépendant du Congo, la frontière du Haut-Oubangui n'était pas suffisamment précise ; on discutait pour savoir si la branche originale était le M'Bomou ou l'Ouellé. Les Belges faisaient explorer la contrée et concluaient à leur avantage. Liotard, administrateur de celle partie du Congo français depuis 1891, avait été chargé par le gouverneur Brazza et par le ministre des affaires étrangères d'en faire « une région française ayant une porte ouverte sur le Nil ».
L'Angleterre n'entendait pas laisser la France s'introduire dans le bassin de ce fleuve et s'interposer entre ses possessions dans l'Afrique centrale et méridionale et le Soudan égyptien qu'elle se préparait à reconquérir. Pour barrer de ce côté le chemin de la France, elle signa un arrangement par lequel elle donnait à bail au souverain du Congo la rive gauche du Nil, du lac Albert jusqu'à Fachoda, et une partie du bassin du Bahr el-Ghazal ; l'Etal du Congo donnait à son tour à bail à l'Angleterre une bande de terrain, du lac Albert au lac Tanganyka. L'un et l'autre disposaient ainsi de territoires dont ils n'étaient pas les maîtres. L'Allemagne, dont la colonie allait se trouver par là isolée du Congo, protesta. La France aussi : elle érigea alors le Haut-Oubangui en gouvernement spécial et donna au colonel Monleil l'ordre de se mettre en roule pour une expédition dans cette région dont il élait chargé depuis plus d'un an. Devant cette menace, l'Etat du Congo céda et signa la convention du 14 août 1894 qui fixait comme frontière le thalweg du M'Bomou jusqu'à sa source et une ligne droite II 33
rejoignant la crèle de partage des eaux entre les bassins du Congo et du Nil.
L'expédition de Monteil fut détournée pour faire campagne contre Samory ; mais le projet de pousser la prise de possession jusqu'au Nil ne fut pas abandonné, Quelques postes furent même établis (à Tamboura), par delà la ligne de partage des eaux, par Liotard, quoique le Cabinet anglais n'admit pas qu'on put aller sur ses brisées dans le bassin du Nil où il s'attribuait gratuitement « des droits depuis longtemps connus ». En 1896 une double expédition française fut concertée, qui devait traverser l'Afrique entière et converger sur le Nil, l'une sous la direction de Bonchamps parlant de Djibouti, laulre sous le commandement du capitaine Marchand partant du Gabon pour se rendre d'abord dans le Haut-Oubangui et de là dans le bassin du Nil. On espérait couper ainsi la communication entre les tronçons de la domination anglaise.
L'entreprise était par elle-même très aventureuse et, d'autre part, l'opération se fit trop lentement, car pendant ce temps le général anglais Kitchener occupait Dongola (septembre 189ô), puis, avec une armée renforcée, triomphait à Omdournam de l'armée du Mahdi (2 septembre 1898) et devenait ainsi le maître des roules du Sud.
Marchand n'entra dans le bassin du Nil qu'en novembre 1897 ; arrêté pendant 1 hiver par les basses eaux, il ne parvint,après avoir surmonté, grâce surtout au concours du capitaine Baratier, de grandes difficultés, à Fachoda, sur le haut Nil, que le 10 juillet 1898. Il y construisit un fortin et avec ses 120 Sénégalais il repoussa viclorieusement une attaque des derviches.
Mais la mission Bonchamps avait échoué et le 19 septembre apparut Kitchener avec un corps d'armée, déclarant que « la présence dans la vallée du Nil d'une troupe française était regardée comme une violation directe des droits de l'Egypte et de la Grande-Bretagne ». La résistance était impossible ; cependant Marchand ne voulut abandonner son poste que sur l'ordre de son gouvernement, transmis par le télégraphe.
Le gouvernement français représentait que la mission Marchand, faisant suite à celle de Liotard, datait de plusieurs années et qu'en réalité la région du Bahr el-Ghazal n'appartenait à personne, l'Egypte n'y ayant exercé sa domination que pendant trois ou quatre années. Le gouvernement anglais déclarait au contraire « que tous les territoires soumis au Khalife avaient passé, après les derniers événements, aux gouvernements britannique et égyptien et que le gouvernement de la reine était d'avis que ce droit n'admellait pas de discussion ». Le débat fut de part et d'autre très vif et âpre ; des bruits de guerre circulèrent. Le gouvernement français plia devant la nécessité ; le 4 novembre il publia une noie faisant savoir qu'il avait « résolu de ne pas maintenir
à Fachoda la mission Marchand >». En conséquence. Marchand revint par le sud de l'Abyssinie et la Mer Rouge et, le 21 mars 1899, était signée à Londres une déclaration portant que <• le gouvernement de la République française s'engageait à n'acquérir ni territoire ni influence politique à l'est de la ligne de parlage des eaux coulant d'un côlé vers le Nil et de l'autre vers le Congo. L'affaire de Fachoda blessa douloureusement le sentiment national.
Dans son extension vers le nord, la colonie du Congo eut à surmonter des difficultés d'un autre genre. Les explorations se multiplièrent. Les tentatives de pénétration de Mizon par la Benoué se heurtèrent à l'opposition de l'Angleterre et de l'Allemagne.Cependant, par le traité du 15 mars 1894, l'Allemagne reconnut le droit de la France à avoir accès sur le lac Tchad. Clozel s'avança en 1894 jusqu'à laMandéré et fonda le poste de Carnot. En 18951897 Gentil parvint à faire passer un petit bateau à vapeur sur le Chari et à descendre le cours d'eau jusqu'au lac Tchad réunissant ainsi le Congo au Soudan français. Le chef du Baghirmi signa un traité d'amitié qui mit la France en conlacl avec Rabah, ancien esclave qui s'était taillé un empire dans cette région et qui la désolait par ses invasions. Rabah saccagea le Baghirmi, allaqua et massacra la mission française Bretonnet (17 juillet 1899;. Gentil vengea ce massacre, en s'emparant, après une lutte meurtrière, de Kouno où s'était retranché Rabah (29 octobre 1899).
L'année suivante une concenlration opportune termina la lutte. Pendant que Gentil venait du sud avec une troupe renforcée, la mission Joalland-Meynier arrivait de son côté du Soudan septentrional après avoir tourné le lac Tchad et signé un traité de prolectorat avec un des chefs du Kanem (25 novembre 1899). Arrivait aussi la mission Foureau-Lamy qui avait traversé le Sahara et contourné aussi le lac Tchad. Les corps réunis livrèrent le 12 avril 1900 à Koussouriane une bataille décisive dans laquelle Rabah fut vaincu, mais qui coûta la vie au commandant Lamy. La contrée, dont la soumission exigea encore quelques expéditions, fut constituée en territoire militaire des pays et protectorats du lac Tchad (5 septembre 1900).
A mesure que la France, ayant relié le Soudan français et le Congo français, étendait son autorité dans l'Est africain et se trouvait par conséquent chargée de la pacification de ces régions, ses opérations de police militaire devenaient plus difficiles à cause du grand éloignement de la base d'opération. Le gouvernement français a hésité pendant plusieurs années à autoriser une marche en avant. Mais la nécessité commandait. Le Kanem avait été annexé au territoire militaire du Tchad ; mais il a fallu le défendre contre les razzias du Ouadaï.pays musulman dont le sultan avait été suzerain du Kanem et du Baghirmi. Contre le sultan Doudmourrah la France soutint un prétendant, Acyl. Le 2 juin 1909 un détachement français se rendit maître, après bombardement,
d'Abecheiy ville de 10.000 habitants, capitale de l'Etat ; une attaque des Senoussi, qui avaient de leur côté pénétré dans le pays (après un échec en 1902), fut repoussée à N'Délé ; le sultan Senoussi fut tué en novembre 1910, un engagement sanglant à Dridjelé coûta la vie au colonel Moll.
Jusqu'ici la question du Ouadaï est une question toute militaire de sécurité; il n'y a pas encore d'intérêt commercial à une telle distance. Des traités avec les puissances étrangères ont délimité les frontières de l'Afrique équatoriale française. Les Belges el l'Anglelerre avaient cru pouvoir se partager la région du Haut-Nil (traité du 12 mai 1894). La France réclama et obtint par le traité du 14 août 1894 que le Congo belge rentrât dans le bassin de son fleuve.
Le 24 décembre 1885 l'Allemagne renonça au pays situé au sud du Rio Campo en échange d'un territoire au nord ; le 5 février 1885 et le 29 avril 1887 une délimitation eut lieu avec l'Etat libre du Congo ; le 12 mai 1886 le Portugal abandonna le cours de la Lesna ; le 27 juin 1890 la côte du Rio Campo au Rio Mouni est attribuée à l'Espagne ; le 15 mars 1895 un traité avec l'Allemagne donne accès à cet Etat sur le Chari et à la France sur la Benoué.
L'administration du Congo français, aujourd hui Afrique équatoriale française (depuis janvier 1910), a été changée à plusieurs reprises suivant le développement et les besoins de la colonie. Après le décret du 11 décembre 1888,qui avait réuni le Gabon et le Congo, ceux du 28 septembre 1897 et du 29 décembre 1903 ont placé les territoires du Congo français sous l'autorité d'un commissaire général; les décrets du 26 juin 1908 et du 15 janvier 1910 en ont fait un gouverneur général. Il est assisté du conseil de gouvernement, composé en grande partie des hauts fonctionnaires de la colonie, délibérant sur les questions qui lui sont soumises, mais délibérant d'office sur les questions budgétaires." Le gouverneur général a sous ses ordres les gouverneurs de chacune des trois colonies ; ces gouverneurs sont eux-mêmes assistés d'un conseil d'administration (décret du 15 janvier 1910). Le décret du 15 février 1906 a en effet divisé le pays en trois colonies : Gabon, chef-lieu Libreville,administré par un lieutenant gouverneur; Congo moyen, chef-lieu Brazzaville, administré par un administrateur en chef; Oubangui-Chari, chef- lieu Forl-de-Possel, administré par un lieutenant-gouverneur ; plus un territoire militaire, celui du Tchad.
L'occupation du territoire est loin d'être encore complète. D'une enquête publiée en 1910 il résulte que l'autorité de la métropole n'est bien établie que sur le quart de ce territoire et que plus de la moitié échappe encore à l'action des administrateurs français.
Chaque colonie a son budget et son administration autonomes et doit autant que possible se suffire à elle-même. Administrateur et lieutenants relèvent du gouverneur général du Congo, lequel dispose d'un
budget général destiné aux dépenses d'intérêt commun. Les budgets sont encore très modiques ; en 1908 ils atteignaient à peine 7 millions.
Des concessions territoriales ont été faites à partir de l'année 1898 à des sociétés commerciales et agricoles ' pour une durée de trente^ans. Ce système n'a pas donné les bons résultats qu'on en espérait ; les concessionnaires se sont plaints de n'être pas suffisamment soutenus par l'administration et par la force armée ; les indigènes se sont plaints d'être pressurés par les exploitants, lesquels d'ailleurs ont été accusés de chercher trop le profit immédiat par une exploitation à outrance plutôt que par une mise en valeur normale des richesses naturelles. La propriété foncière a été constituée dans le système de l'acte Torrens par décret du 28 mars 1899.
On ne connaît pas le chiffre de la population ; les évaluations varient entre 5 et 15 millions. Cependant les évaluations officielles pour 1906 donnent l'a millions dont 4 pour le Gabon, 3 pour le Moyen Congo, 2 pour l'OubanguUChari. 1 pour le Tchad.
La superficie est évaluée à 1 million 1/2 de kilomètres carrés.
L'Afrique équatoriale française avait un budget(recettes réalisées) de 4.853.000 fr. en 1900 et de 7.616.000 fr. en 1907 ; les recettes ont laissé en 1907 un excédent de 1.239.000 fr. — 5 millions 1/2 ont été pour le compte du budget général ; chacune des quatre colonies figure dans le total pour une somme de 325.000 à 667.000 fr. En 1903 a été contracté un emprunt de 65 millions ; en 1907 un emprunt de 100 millions. L'argent de ces emprunts a été affecté principalement au port de Dakar (6 millions 1/2), au chemin de fer de Thies-Kayes (7 millions), au chemin de fer de Guinée (8 1/2).
Le mouvement de la navigation dans les ports du Congo a été à l'entrée en 1907 de 121 navires dont 39 Trançais jaugeant 56.176 tonneaux*.
Le commerce total du Congo français qui, en 1892, était évalué à 5 millions 1/2(3,1 à l'importation, 2,5 à l'exportation), était en 1907 de 15,1 millions à l'importation et de 19.6 à l'exportation; total 34,7.
Il est encore peu considérable, mais il a cependant sensiblement augmenté depuis une quinzaine d'années.
En 1908 il n'a été que de 27 millions : 10 à l'importation dont 4.2 avec la France, 5.8 avec l'étranger; 16.8 à l'exportation dont 7.4 pour la France et 9.4 pour l'étranger.
La statistique de la douane française donne des chiffres bien moindres : pour 1909 (commerce spécial) 10 millions 1/2 à l'importation en France et 2 millions 1/2 à l'exportation.