Le prix moyen 'de l'année 1887 a été de 18 fr
5. En 1895 il était tombé au-dessous de 15 francs l'hectolitre.
porlé le droit à 7 francs le quintal. Il est regrettable de faire des lois qui durent à propos d'accidents qui passent.
Il est à remarquer que c'est surtout quand la récolle est mauvaise que ce droit agit sur le prix du blé ; car alors le haut prix, conséquence de la rareté, sollicite l'importation et le droit perçu à l'importation contribue à son tour à exagérer le renchérissement à l'intérieur. D'autre part, le prix surélevé plus ou moins en tout temps sollicite un accroissement de la production nationale, lequel est un bien pour les consommateurs ; mais, contrairement à l'intention du législateur, il fait incliner les prix vers la baisse •.
L'union des protectionnistes agricoles et industriels. — De J880 à 1882 le commerce extérieur de la France était monté à un niveau qu'il n'avait jamais atteint auparavant. Il baissa pendant les trois années qui suivirent la crise de 1882 et il diminua de près d'un cinquième (2 milliards au commerce général) ". Négociants et industriels souffraient, comme les agriculteurs. Les uns et les autres, cherchant un remède, tournaient leurs regards du côté du protectionnisme. La guerre franco-allemande avait depuis 1870. développé le sentiment d'antagonisme, comme cela avait eu lieu après les guerres du premier Empire ; chaque Etat s'ingéniait à se faire manufacturier et à se suffire à lui même, tout en aspirant à étendre son marché à 1 étranger. La concurrence devenait plus âpre. A l'exemple des Etats-Unis dont on attribuait la prospérité à l'influence du protectionnisme et qui venait de renforcer ce protectionnisme par le tarif Mac Kinley (1890), l'Empire allemand, changeant brusquement de système, s'était, sous l'impulsion du prince de Bismarck, donné, en 1879, un tarif protecteur dont il s'étudiait, il est vrai, en 1891 à élargir les mailles au moyen de traités de commerce ( 1 890- 1 894 > 3. L'Italie, après une grande enquête, adoptait le système prolecteur et dénonçait ses traités de commerce (1883, 1887, 1888) ; l'Autriche (1882-1887), la Russie (accroissement des droits en 1881 et 1882) +, la Belgique même (1887) inclinaient
1. M Morel, dans le rapport sur le tarif de 1910, a essayé de montrer que le droit de 7 francs n'avait pas élevé le prix du quintal, puisqu'il était coté 27 fr. 65 en 1891 et 23 fr. 90 en 1907. et qu'avant tout droit il avait valu 28 fr. 20, moyenne de 1861-1885, tandis que la moyenne du pris de 1894 1906 était de 21 fr. 76; ce qui témoigne de la variation des prix correspondant au rapport de l'offre et de la demande, mais n'empêche pas le prix d'être en France surélevé par le droit de douane, quand il y a rareté sur le marché français.
(millions de francs) 1880 1885